Sacralité ou haine de la Nature

Entre le monde sémite et nous existe une différence de perception irréfragable vis-à-vis de la Nature. Le monde sémite exprime un rejet de la Nature, tout comme le fait la Gnose portée par diverses sectes religieuses orientales, pour qui la matière est le Mal. Or la Nature, à l’exception du vent et des ondes, est bien matière.

Pour le théologien Eugen Drewermann, le Nouveau Testament est né dans un cadre culturel très étroit ; son image du monde n’est pas foncièrement différente de celle de l’Ancien Testament ; du point de vue des sciences de la nature, les connaissances des Grecs l’avaient déjà dépassé des siècles avant même qu’il fût écrit, ce qui conduisit malheureusement à la prolongation de l’anthropocentrisme judaïque pour une période de 1500 ans en dépit de tout bon sens.

Dominique Venner commentant Drewermann rappelle que ce dernier a retracé la genèse du judaïsme, et, plus tard, de l’islam. Il explique avec grande pertinence que ne pouvant rien attendre d’une nature stérile et impitoyable, les nomades des solitudes sèches du Sinaï et d’Arabie ont fixé leurs espérances sur l’imploration d’une divinité redoutable et toute-puissante, sortie de l’imagination de leurs prophètes. Étranger au cosmos, leur dieu unique créateur de toute chose et protecteur tribal, concentre en sa personne tout le sacré et condamne comme impie la sacralité européenne des sources, des montagnes, des bois et de leurs habitants familiers, c’est-à-dire les bienfaits accordés par la Nature en dehors de son intervention.

Dans les contrées sémites, la Nature étant essentiellement faite d’aridité stérile, de désert hostile, sans générosité, imposant des conditions de vie difficiles, on peut donc comprendre en effet qu’elle n’ait pas suscité de démarche de sacralisation et de rapport affectif de la part des populations locales. Personne n’est enclin à adorer ce qui est désagréable. Lorsque Jacques Attali déclare que « Transformer la Nature c’est bien, la Nature n’est pas bonne en soi. Plus encore, la Nature est l’ennemie de l’Homme », il exprime clairement ce rejet sémite pour la Nature et cette vision négative générée par l’environnement défavorable d’où ce peuple est originaire.

D’où le report de la sacralité, comme le dit très bien Dominique Venner, sur l’invention d’un Créateur extérieur à notre mode. Mais l’aridité stérile de la Nature dans les contrées du désert n’avait rien à voir avec la générosité nourricière de la Nature chez nous, faite de terre fertile, d’eau abondante, de gibier et de forêt protectrice, toutes choses propices à la vie, et qui avaient donc conduit nos peuples à sacraliser la Nature. Le rapport négatif à la Nature des sémites était leur affaire, pas la nôtre. Pourquoi a-t-il fallu que la sacralité que nous trouvions dans la générosité des éléments de la Nature sur notre sol européen, ait été écrasée et remplacée par cette sacralité abstraite du « dieu unique » issue du désert stérile et de cerveaux masochistes, faite de crainte du « châtiment divin », de culpabilisation, de « faute originelle », de péché, de repentir et de damnation, pensée étrangère à l’âme européenne ! On ne peut qu’avoir en permanence à l’esprit cette orientation anormale et absurde de notre histoire.

Rester fidèle à la Voix de la Forêt dont nous sommes les héritiers, et ne pas obéir à la Loi du Sinaï, c’est bien s’inscrire dans la continuation du Grand combat fondamental qui nous oppose depuis deux mille ans.

La rune Fehu de prospérité et d’abondance, symbole ici de la générosité naturelle de notre continent.