La condamnation judiciaire de Marine Le Pen a apporté la preuve, à ceux qui en doutaient encore, y compris dans les rangs du Rassemblement national, que son entreprise de « dédiabolisation », à travers laquelle le parti a perdu son âme, pensant qu’il serait ainsi accepté à la table de ceux qui se partagent le pouvoir, sera éternellement insuffisante. Chaque fois que le Système a besoin de rediaboliser ce parti, il le fait.
La machine juridique derrière laquelle se barricade l’oligarchie européiste, son sacro-saint « État de droit », connaît partout en Occident, une forme claire et assumée de dérive autoritaire. Cette conduite autoritaire, que cette oligarchie de tartuffes n’a eu de cesse de reprocher au fascisme, alors qu’elle a toujours été pratiquée dans l’histoire ici ou là au gré des circonstances et quel que soit le personnel politique se trouvant alors en place lorsque celui-ci se sent menacé par une situation de crise, elle la pratique à son tour. Mais parce que ce sont eux, ces tartuffes, ce serait pour la bonne cause, pour « sauver la démocratie », contre des partis accusés d’être populistes, qui selon eux instrumentaliseraient les méthodes de la démocratie contre l’esprit de la démocratie, il serait dès lors nécessaire de les frapper. Cela a été dit maintes fois, ces mauvais joueurs n’acceptent de jouer à la compétition électorale qu’à la condition qu’ils soient toujours les gagnants. A défaut ils renversent le plateau de jeu. Dès lors, « l’Etat de droit » n’est plus seulement un encadrement juridique du politique, c’est une idéologie dans les faits qui fonctionne à la criminalisation d’à peu près tous les propos qui entrent en contradiction avec son idéologie dominante.
On nous dit que cette décision de justice du 31 mars dernier est un frein juridique qui empêche le basculement populiste. Et on mobilise la mémoire de la Deuxième Guerre mondiale, une fois encore, pour expliquer que le parti qui est devant eux doit être enfin interdit parce qu’on ne l’a pas fait à l’époque, c’est le mythe de Weimar appliqué aux années 2020, ils nous disent qu’à l’époque Weimar s’est effondrée devant les nazis (sans rien dire bien sûr de la putrescence économique et morale qu’a été Weimar), aujourd’hui la démocratie ne doit pas s’effondrer devant eux qui, selon ces tartuffes, la contestent. On connaît cela par cœur. C’est la logique de l’état d’exception qui est utilisée, lequel consiste à suspendre les règles juridiques, administratives et politiques d’un système pour chasser un corps jugé indésirable au prétexte qu’il remettrait en cause ledit système, pour chasser une menace qui viendrait déstabiliser l’ordre constitutionnel. Partout en Occident se manifeste la volonté de mater les partis populistes, un régime qui se braque pour bloquer ceux qui le contestent. Contre les partis populistes, on est passé de l’invisibilisation à la diabolisation, à la « cordon sanitarisation », à la « front républicanisation », et aujourd’hui c’est l’interdiction, la décapitation juridique de leurs chefs, en Roumanie, en France. C’est un système qui se verrouille.
Et la décision de justice contre le Rassemblement national, selon la gauche médiatique, ne devrait pas être critiquée. Nous serions donc devant une justice de « droit divin » correspondant à une forme d’État de droit divin également ? Cette critique serait illégitime, alors que le juge, connu pour son positionnement idéologique, a fait peser sa subjectivité dans son jugement, pour être capable de l’orienter. Et ces juristes désormais se permettent de créer la loi à la place du législateur, en inventant des formulations qui n’existent pas dans la lettre du code pénal, « ordre publie démocratique », « ordre public immatériel », ils multiplient les concepts aujourd’hui pour justifier le resserrement de l’espace démocratique au service des seuls partis du Système. La critique d’une décision de justice aujourd’hui serait « factieux », ce serait l’autre nom d’une rébellion contre la possibilité même du « vivre-ensemble », de la démocratie. Les pouvoirs aujourd’hui, sans la moindre gêne, nous expliquent que l’on n’a pas le droit de les critiquer, tout comme les médias refusent qu’on les critique parce qu’alors vous êtes contre l’esprit démocratique du quatrième pouvoir que sont les médias. Si la justice est une institution humaine et non pas une institution d’une autre nature qu’humaine (une institution divine), il est évident qu’elle est donc légitimement critiquable. Si l’on nous le contraire, on quitte la conception de la démocratie telle qu’elle était installée.
Dans le monde occidental aujourd’hui, l’oligarchie a renoncé à convaincre que son modèle et son action étaient les bons (difficile en effet de maintenir cette fable au vu de ses résultats !), elle préfère contraindre, interdire, sanctionner et mater. D’un côté la répression fonctionne, elle est là pour ça, pour démobiliser la population, les contestataires. Le Système qui est le nôtre en est rendu aujourd’hui à ne plus savoir faire autre chose qu’interdire et sanctionner, parce qu’il a renoncé à gagner à la loyale, selon les règles habituelles. Mais les causes qui ont amené tant de Français à retirer leur confiance à l’idéologie dominante, insécurité, immigration massive, perte de confiance, fiscalisme, écrasement administratif, toutes ces causes sont encore là. Ce que l’on peut donc redouter dans les temps à venir, c’est une révolte de plus en plus profonde et une répression de plus en plus autoritaire. Un régime ne meurt jamais sans sauvagerie… mais il meurt.
