Utilisons les termes gauche et droite par convention pour faciliter le propos, les réalités doctrinales n’étant pas aussi simples (par exemple un fasciste, même s’il est aussi autre chose, est un socialiste).
Les gens de gauche basculent à droite, quand ils s’indignent soudain du désordre ou se découvrent des racines. Cette démarche peut être liée à l’avancée en âge, mais c’est loin d’être une règle, la prise de conscience peut être plus précoce, selon les individus. Le processus inverse, passer de la droite à la gauche, est beaucoup moins évident et beaucoup moins fréquent. Pourquoi ? Parce que l’homme qui commence à droite n’est pas, comme le considère la gauche, une feuille vierge, un sujet autonome qui ne doit rien à des racines, à une hérédité, une culture, ou une histoire. L’homme qui démarre à droite est porteur de ces éléments réfutés par la gauche, et dès lors passer à une idéologie qui les rejette constituerait une forfaiture, une trahison de soi-même. La chose est donc beaucoup moins répandue.
Quoi qu’il en soit, les gens de gauche qui basculent à droite ne doivent pas craindre de l’assumer au grand jour, parce que l’exemple du courage est un moteur pour autrui.

