De l’utopie du métissage

Dans son discours du 17 décembre 2008 à l’École Polytechnique, Nicolas Sarkozy déclarait : « l’objectif, c’est de relever le défi du métissage… ce n’est pas un choix, c’est une obligation, on ne peut pas faire autrement… », un métissage désormais présenté au sommet de l’État comme la solution aux inévitables problèmes (non-dits, non reconnus par la classe politique et les métissolâtres) de coexistence entre les différents groupes ethniques qui ont été inconsidérément installés sur le sol français. On reste au passage éternellement stupéfaits par le culot de ces gens qui se permettent, sur ce sujet comme sur tant d’autres, d’engager des changements aussi importants et de décider de l’avenir de tout un pays sans en consulter sa population. Mais ne nous répète-t-on pas à l’envi que nous avons la chance de vivre en « démocratie ». C’est du moins la conceptions qu’ils en ont.

Dans de nombreux pays, les hasards de l’histoire ont donné lieu à un brassage ethnique important et le métissage y est une réalité tangible.  Cette même année où le funeste Sarkozy annonçait le « métissage obligatoire » de la France, le psychologue Richard Lynn abordait la question du métissage dans son ouvrage The Global Bell Curve et passait en revue une quarantaine de pays ethniquement hétérogènes, sur tous les continents, sous toutes les latitudes. Parmi les pays étudiés, beaucoup ont publié des statistiques ethniques permettant d’évaluer l’impact du métissage.

Premier constat : quels que soient le régime politique, les circonstances historiques ou les efforts fournis, aucun pays n’a réussi à égaliser le taux de réussite économique des différents groupes ethniques.

Deuxième constat : dans tous ces pays, le niveau de réussite économique des « métis » se situe à un niveau intermédiaire, à mi-chemin des deux groupes ethniques dont ils sont issus.

Les chiffres et observations publiés à l’époque indiquaient ce qui suit. En Afrique du Sud, les métis gagnent en moyenne 2 fois plus que les Noirs et 3 fois moins que les Blancs. En Nouvelle-Zélande, les métis ont un taux de chômage de 8%, soit 4 points de plus que les Blancs (4%) et 4 points de moins que les Maoris (12%). En Colombie, par rapport aux métis (qui sont majoritaires), les Blancs sont sur-représentés parmi les avocats, tandis que les Indiens et les Noirs sont sous-représentés.

Il existe ainsi de nombreux indicateurs de la réussite économique : niveau d’éducation, revenus, catégorie socio-professionnelle, etc. Tous ces indicateurs sont corrélés entre eux. Par exemple, parmi les cadres supérieurs, le groupe ethnique sur-représenté est aussi celui qui a les plus hauts revenus. En calculant la valeur moyenne de ces indicateurs pour chaque groupe ethnique d’un même pays, Richard Lynn a découvert des différences considérables et systématiques. Le phénomène semble universel.

Ce déterminisme ethnique est d’ailleurs frappant. On suppose souvent que la réussite est une question d’environnement, et non d’origine. Si tel était le cas, il devrait exister au moins un pays où les conditions politiques auraient permis aux populations métissées de se placer au-dessus (ou en-dessous) des deux groupes ethniques dont ils sont issus. Dans les pays où elle est majoritaire, la population métissée aurait pu, par exemple, utiliser son poids démographique et politique pour se hisser au-dessus des autres groupes. Le fait ne s’est jamais produit. L’hérédité et l’origine ethnique auraient-elles plus d’importance qu’on ne veut bien l’admettre ?

D’après l’ouvrage de Richard Lynn, le métissage ne résout donc aucunement les disparités de réussite sociale dues à l’origine ethnique : il crée essentiellement une troisième classe, de niveau intermédiaire.

Troisième constat : Plus le métissage est important, plus les gens semblent obsédés par les fines nuances de couleur de peau. Richard Lynn donne un nom à cette obsession et à son importance sociale : la « pigmentocratie ».

À Cuba, par exemple, on classe la couleur de la peau en 4 catégories (très clair, clair, moyen, foncé), le statut social allant décroissant plus la couleur de la peau devient foncée, et ce en dépit des efforts du gouvernement cubain et d’un demi-siècle d’une politique énergique de discrimination positive.

Même situation à Porto Rico : entre deux « catégories de couleur » consécutives, la différence de salaire est de 13%. En République Dominicaine, selon un anthropologue cité par Lynn, « une couleur de peau plus claire donne plus de chances de mobilité sociale que pour les Dominicains à la peau foncée ».

Jamais un Sud-Africain, qu’il soit blanc ou noir, ne dirait de Yannick Noah ou de Barack Obama qu’ils sont des « Blacks ». Il les désignerait comme des « Colored », le mot local désignant les métis.

L’idéologie actuelle, hermétique aux réalités, issue des loges maçonniques et programme insane pour l’avènement d’un « Homme nouveau », unique et universel, affirme en substance que : « Le jour où tout le monde sera métissé, nous serons tous égaux. » C’est oublier que tout le monde ne sera pas métissé au même degré. Et que les inégalités persisteront. Richard Lynn n’a pas pu trouver un seul pays où les inégalités se soient évanouies à la suite du métissage de la population.

Le seul pays important qui ait été oublié dans ce livre est la France. Et pour cause : les statistiques ethniques y sont interdites. Néanmoins, ce rapide tour du monde permet déjà de dessiner le visage de la France métissée dans laquelle on veut nous faire vivre demain, partage tant par ces félons de la droite à papa que par Jean-Luc Mélenchon et son rêve de « créolisation »…

Conclusion : compte tenu des données intangibles et intrinsèques aux groupes humains que sont les psychologies respectives, les mentalités, les différences ou les antagonismes culturels, le multiculturalisme et le métissage sont profondément contre-nature, et relèvent purement de l’abstraction intellectuelle, de l’utopie dangereuse.