Au centre du projet universaliste, mondialiste, et désormais transhumaniste, on trouve la notion de Nature et la conception maçonnique de cette dernière. Là est la clé, dans les différences philosophiques sur l’idée de Nature. Il y a une volonté absolue, délibérée, concertée, « éclairée » si l’on ose dire au mauvais sens du terme, de substituer à l’idée de Nature humaine celle d’une Nature évolutive que l’Homme construit lui-même.
Dans un article paru en 1999 dans Le Figaro, l’un des tenants du « Gender », disait à l’époque : « Nous aurons atteint nos objectifs lorsque nous aurons obtenu que la Femme puisse se faire greffer elle-même un sexe et s’auto-féconder ». Cela peut paraître absurde, et le fait de gens qui auraient abusé de stupéfiants, mais malheureusement c’est une politique qui est volontaire et qui se veut comme telle. Nous n’en sommes pas encore à la réalisation des objectifs mentionnés, mais nous avons vu ces dernières années combien l’action politique et médicale en faveur des délires psychiatriques de la « transidentité » a progressé dans le monde occidental, orientation que rejettent tous les pays et civilisations qui n’ont pas basculé dans cette voie de dégénérescence, à commencer évidemment par les méchants Russes, Hongrois, etc. diabolisés pour cela.
Le Daily Mail britannique publiait quant à lui début 2008 un article relatant que des biologistes Anglais cherchaient à créer du sperme féminin à partir de moelle osseuse afin de créer à terme un système de reproduction « unisexe », ce qui nous ramène au mythe de l’Androgyne porté par la Gnose (nous renvoyons à l’article Religion des droits de l’homme, les origines, classé dans notre thématique Philosophie politique fondamentale). L’idée de cette philosophie est qu’il n’y a pas de Nature humaine reçue et figée, mais une Nature qui se construit, et qui devient ce que l’on décide qu’elle sera.
L’affrontement philosophique sous lequel nous vivons est celui entre ceux qui considèrent que la Nature humaine est un donné immuable évident qui s’impose aux individus (un homme ne peut être « enceint », la femme sera toujours celle qui concevra des enfants et non pas son mari, la psychologie de l’homme et de la femme ne sont pas semblables, nous avons deux bras et deux jambes, etc…), et ceux qui par principe refusent d’admettre cet Ordre naturel, parce qu’ils se voient en demiurges mégalomanes, et que reconnaître l’Ordre naturel contrarie leur idée fondamentale sur la capacité de création, d’innovation. C’est donc un affrontement en définitive à caractère spirituel. Et c’est pour cela que toutes les forces « progressistes » sont acharnées à toutes les initiatives allant dans ce sens.
Le drame, c’est bien évidemment que ce projet est condamné, puisque la Nature nous est donnée. Et c’est pour cela qu’ils sont extraordinairement militants et volontaristes, parce que chaque fois qu’on leur dit qu’ils ne peuvent pas avancer dans tel sens sans porter atteinte aux éléments fondamentaux de la Nature humaine, c’est leur démarche philosophique de fond que l’on remet en cause, d’où leur acharnement et leur haine dans certains cas. On est là dans des constantes de la philosophie des « Lumières », laquelle n’était pas du tout une philosophie de la raison mais une philosophie éminemment matérialiste qui considérait que l’Homme est une machine, un objet que l’on peut manipuler, que l’on peut faire « évoluer » comme le diront plus tard les marxistes. Sur cet aspect nous renvoyons le lecteur à nos autres articles Philosophie des Lumières, Acte I : derrière le fard humaniste, des eugénistes pur jus et Philosophie des Lumières, Acte II : un modèle parfait de citoyen, classés dans notre thématique Philosophie politique fondamentale.
Selon les marxistes, modifier l’environnement économique de l’Homme, modifie la nature profonde de l’Homme. Les « Lumières » ne disaient pas autre chose. C’est d’ailleurs pour cela que sous la Révolution française, un certain nombre de Conventionnels avaient estimé que la religion catholique disparaîtrait des villages en cinq ans, sous l’influence répétée de fêtes organisées à la gloire de « l’Être Suprême » effaçant dans les mémoires le souvenir des fêtes catholiques. Ils avaient déjà l’idée qu’il est possible de modeler par l’environnement extérieur jusqu’à l’âme, l’esprit le plus intime des populations. Si nous avions pu les écouter parler à l’époque, nous les aurions entendus exprimer leur compréhension de l’enjeu, leur volonté de créer un être humain nouveau, de ne pas laisser cette masse sordide d’ignorants les empêcher de s’engager dans cette voie, puisque c’est Rousseau qui disait lui-même « il faut empêcher la foule abrutie de s’approcher des autels de la connaissance ».
Deux projets de civilisation, deux conceptions philosophiques de l’Homme : un projet respectueux de sa Nature et de son équilibre propre, et un projet complètement utopiste qui veut faire de l’Homme ce qu’on aura envie qu’il soit, pour le commerce, pour la satisfaction des caprices parentaux contre-nature, pour la productivité et la consommation.
