La religion païenne germanique

Ce qui nous frappe particulièrement dans le monde germanique des dieux, c’est l’amitié et la parenté étroites que les habitants d’Asgard* entretiennent avec les habitants de Mitgard*. Cela est particulièrement évident dans la figure du dieu fermier Thor.

Le « Dieu ami » germanique n’est pas une figure divine despotique et d’un autre monde, éloignée des humains comme le Dieu chrétien Yahweh.

Le concept germanique de Dieu n’est fondamentalement rien d’autre que l’incarnation mythique des pouvoirs ordonnateurs de lumière de la nature humaine, ceux de l’autre côté, au-dessous des humains, pour ainsi dire des géants, font face à l’incarnation mythique des forces brutes et imposantes de la nature.

Nous pouvons appeler les dieux de Germanie des Asgardiens. Leur travail ne consiste pas à créer le monde à partir de rien, mais simplement à façonner et à préserver le monde cosmique, c’est-à-dire le monde gouverné par les forces de l’ordre, dans la lutte contre les forces chaotiques et gigantesques de destruction.

De plus, les dieux germaniques naissent avec le monde et meurent avec le monde dans Ragnarok (Crépuscule des Dieux). Odin est le fils de Bor avec une géante, Bor est le fils de la blonde Buri aux yeux bleus, que la vache Audhumbla a léchée hors du bloc. Le dieu spirituel Odin, comme les autres dieux, est une personne ressuscitée dans le monde, et non une entité divine extérieure à la création, antérieure à l’existence de la création ou supérieure à la création. Comme il est humainement réel et noble un tel Dieu qui naît, vit, souffre, combat et périt encore avec son monde et avec ses frères, le peuple !

Et combien le théisme chrétien, dans lequel Dieu est « complètement différent » de l’homme, était étranger à la vision de Dieu de nos pères germaniques !

Le dieu Edda Odin est aussi l’une des créations les plus profondes de l’esprit germanique toujours philosophique dans la mesure où il symbolise le sublime, on pourrait même dire : le destin tragique de l’homme, connaissant l’être et l’esprit et pourtant mortel et éphémère.

Odin est vraiment le dieu de la connaissance et l’interprète du sens du monde, qui voyage sans relâche à travers les terres pour interroger tous les géants, nains et Norns sur leur connaissance du sens et du destin du monde, et qui sacrifie même un œil pour la connaissance.

Il n’y a pas de dieu plus philosophique, ni plus faustien qu’Odin, l’incarnation mythique de l’esprit humain élevé lui-même et de son désir indomptable et fatidique de connaissance.

Nous ne pouvons rien dire de plus grand et de plus beau de ce Dieu que le fait qu’il était pleinement humain, c’est-à-dire un être sans omniscience ni omnisagesse, mais avec cette demi-connaissance que possède l’homme et cette recherche ardente et douloureuse de ce qui ne pourra jamais être réalisé, toute connaissance.

Pour cette seule raison, le Dieu chrétien, qui est censé tout savoir, nous est lointain et étranger et n’est qu’une simple fiction (fabrication) sans la chaleur du sang humain.

Il n’y a personne dans le monde ou au-dessus qui sache tout.

Ernst Bergmann – Les grandes idées de la religion allemande, 1935, Publication du Troisième Reich.

* Pour ceux qui découvrent la mythologie nordique, Asgard est le plan d’existence des dieux, Mitgard est le plan d’existence des hommes, la Terre.

L’Irminsul du paganisme germanique et nordique, symbole sacralisant la Vie au travers de la Femme, sa forme étant une image stylisée de l’appareil génital féminin, sur un socle représentant le Schwarze sonne, roue solaire symbolisant le cycle du renouveau éternel, de la naissance, de la croissance, de la vieillesse, de la mort et de la renaissance.