La France n’est pas un pays de liberté. Elle n’est pas davantage un pays de démocratie. La conception que l’oligarchie qui tient le pays a de ces mots est la stricte inversion du sens de ce mots. Les Français dans leur très grande majorité l’ignorent. Ils ont été formés par le discours dispensé à ce sujet dans le moule des programmes scolaires. Je l’ai été comme eux. Jusqu’à ce que l’étude du droit m’ouvre les yeux. Je suis loin évidemment d’être le seul à avoir étudié cette matière. Alors je n’ai pas pu m’empêcher de me demander pourquoi étais-je seul parmi les étudiants et les connaisseurs de cette matière, à réagir à ce que j’y apprenais. Pourquoi cette inertie intellectuelle chez les autres face à ce que nous y découvrions ? Car dans les faits :
Il n’y a rien, absolument rien dans ce pays qui ne soit soumis à déclaration préalable, autorisation de l’administration, ou interdiction. Même parmi les gestes les plus anodins de la vie courante. Nous prendrons trois exemples. La chose est peu connue, mais une simple balade routière entre quelques copains de moto-club est théoriquement soumise à déclaration préalable en Préfecture qu’il faut déposer deux mois à l’avance ! Cette réglementation est tombée en désuétude, heureusement peu ou non respectée, et l’administration ne s’y attache pas, mais elle est très révélatrice du mental de ceux qui ont pu l’imaginer. On imagine mal les run de bikers américains, se rendant à Sturgis, faire des déclarations préalables aux autorités locales de leurs lieux de résidence pour signaler qu’ils sortent leur moto, il m’étonnerait beaucoup que ce soit le cas ! Le second exemple est toujours en vigueur et appliqué, deux mariés ne sont pas libres de convoler où ils le veulent, où cela leur fait plaisir, un mariage ne peut être effectué que dans la commune de résidence de l’un des deux mariés. Comment est-il possible que quelque chose d’aussi simple que de s’unir soit entravé d’une telle obligation ? La mention est enregistrée par un service d’état-civil, qu’est-ce que cela peut faire que ce soit dans telle ou telle commune puisque l’archive sera là ? Qui a inventé pareille obligation ? Alors quoi, si l’on habite à Limoges et que l’on souhaite se marier à Arcachon pendant des vacances de rêve il faut se débrouiller pour obtenir d’un « complice » local une fausse attestation d’hébergement établissant un faux domicile pour l’un des deux mariés ? Troisième exemple, un pays qui est capable d’inventer une taxe sur les logements vacants, ne vous laissant pas la liberté élémentaire de disposer de votre bien comme vous le voulez si vous ne l’occupez pas. La France a fait graver le mot Liberté, empruntant la devise du Grand Orient, sur la façade de toutes ses mairies, mais le poids et l’immiscion de l’État à propos de tout et de rien, de choses simples et raisonnables qui ne devraient pas le concerner, fait qu’elle n’est pas une terre d’esprit de liberté, ou si peu. Cela dit, nous sommes conscients que la dictature social-démocrate n’est pas un monopole français, au Royaume-Uni par exemple vous êtes poursuivi si vous êtes pris en train de prier, même silencieusement, à moins de deux cents mètres d’un centre d’avortement, l’idée qu’il puisse y avoir un avortement de moins parce qu’une femme qui se présente pourrait dans un élan de conscience renoncer en voyant les prières de militants anti-avortement pour l’âme des enfants, est insupportable à l’idéologie en place.
Terre de démocratie ? C’est une seconde fiction. Et de longue date, ce qui est fait de l’expression du peuple par les élections le montre, du référendum de 2005 aux scrutins de juin/juillet 2024, la majorité obtient l’exact contraire de ce qu’elle a exprimé. Les Français ne sont pas représentés par les députés, tout simplement parce que cette représentation est interdite par le premier alinéa de l’article 27 de la constitution (mais qui chez l’homme de la rue ou chez les « ménagères de moins de cinquante ans » lit et comprend la constitution !?!) : « Tout mandat impératif est nul », ce qui indique qu’un mandat donné pour porter la volonté de l’électeur, n’est pas reconnu, il n’a pas de valeur légale. La représentation reconnue aux députés est celle du concept abstrait de « nation » dans son ensemble, pas celle de la volonté de ceux qui ont voté sur la base des propositions de programmes, et dont la volonté devrait être respectée. Habile prétexte. La démocratie « représentative » française est une vaste escroquerie. Condorcet, icône parmi les figures historiques du régime, l’énonce on ne peut plus clairement, et avec un cynisme incroyable, à la tribune de la Convention en 1793 (allez voir les archives de l’Assemblée nationale) : « Le peuple m’a élu pour exposer mes idées, non les siennes, l’indépendance absolue de mes opinions est le premier de mes devoirs envers lui. »
Liberté et démocratie… ils n’ont que ces mots à la bouche et n’en respectent rien, tout en prétendant donner des leçons au reste du monde en la matière. Cette comédie tournant au sadisme insolent est insupportable. Personnellement, j’en voudrai éternellement à ce régime et à sa classe politique de m’avoir, comme elle le fait de nous tous extérieurs à son microcosme, à ce point pris pour un con. Rien ne me met davantage en colère que l’on me prenne pour un con.
La France n’est pas ce qu’elle prétend être. Il serait temps que les Français s’en rendent compte. Et qu’ils lisent le Discours de la servitude volontaire d’Étienne de la Boétie, qui leur ferait le plus grand bien.
