Nous sommes tombés sur un film français, Le Parfum Vert, sitôt regardé sitôt passé aux oubliettes en tirant la chasse d’eau du fait de son inévitable contenu propagandiste systémique et de gauche (pléonasme), mais dont j’ai néanmoins pris soin de noter le propos suivant, placé dans la bouche du « méchant » de l’histoire, à l’accent allemand bien entendu (le servant en photo d’illustration) :
« La vie moderne nous rend fous, vous ne trouvez pas ?… On a sacrifié votre génération, on vous a fait des promesses qui n’ont pas été tenues, on vous a dit qu’il y avait un buffet et quand vous êtes arrivés il ne reste plus rien… Vous vous intéressez à la politique ? Je crois que la jeunesse se politise à nouveau, c’est normal avec tout ce qu’il se passe… L’échec sans appel du libéralisme, de la soi-disant démocratie américaine et européenne… On a cru qu’on pourrait acheter les gens avec des téléphones portables, des ordinateurs, des campagnes électorales pleines de promesses vaines… Mais vous, vous vous réveillez, même ma génération se réveille… L’esprit critique s’éveille enfin, les nations aussi !… On voit bien qu’avant tout il faut du caractère, qu’on a besoin d’hommes et de femmes qui sortent des cadres, qui pensent les choses autrement, librement, il faut des dissidents, des résistants !… »
Des mots qui, parce qu’ils portent le message identitaire, nationaliste, sont frappés au coin du bon sens, et constituent une fidèle description des réalités. Mais il suffit au cinéma propagandiste institutionnel de les placer dans la bouche du « méchant » de l’histoire pour les instrumentaliser en tentant de les rendre caricaturaux (manoeuvre classique d’inversion des valeurs) aux yeux du mouton qui n’est pas encore sorti de la matrice France Télévisions. Mais ils auront beau faire, la caricature n’aura pas raison du réel.

