Vers un crash spectaculaire

Nous sommes en train de traverser, depuis la fin de la Guerre d’Algérie, la crise démocratique la plus grave que la France ait connu.

Emmanuel Macron est dans une dérive autoritaire par cécité sur ce qu’est véritablement l’adhésion démocratique. Avec lui, autorité veut dire simplement gouvernement d’en haut*. La définition romaine de l’autorité, c’est la capacité de faire accepter des décisions sans coercition, et surtout sans argumentations à n’en plus finir. Quelqu’un qui a de l’autorité c’est celui-ci, celui dont la parole a suffisamment de vérité, a suffisamment de force, qui a fait la preuve de sa fiabilité, pour qu’il ne soit pas obligé d’envoyer sa police, qu’il ne soit pas obligé de raconter perpétuellement des salades pour tenter de se justifier. C’est en cela qu’Emmanuel Macron est un personnage qui n’est pas romain.

Parce que lui qui dit aimer l’Antiquité n’a en réalité pas du tout cette stature de l’autorité dont Cicéron considérait qu’elle était la plus grande des vertus politiques, parce qu’on ne gouverne pas simplement par la force, on gouverne parce qu’on a une autorité reconnue. Il n’a de romain que la mégalomanie et l’arrogance perverse de Néron et de Caligula. Le pouvoir sain n’existe pas s’il n’y a pas de reconnaissance. Guizot lui-même, un libéral, disait que l’on ne gouverne pas avec des préfets, on ne gouverne pas avec des policiers, on gouverne parce que l’on est capable de saisir la société dans ses intérêts, dans ses passions, dans ses réalités. Emmanuel Macron n’a visiblement pas assez lu les romains, il n’a pas assez lu les libéraux, et il n’a même pas assez lu les monarchistes. Edmund Burke (XVIIIe siècle), l’homme politique Irlandais a écrit : « Ceux qui prétendent mener doivent, dans une large mesure, suivre. Ils doivent conformer leurs propositions au goût, au talent, et au caractère de ceux qu’ils veulent commander ». Un ambassadeur français s’extasiait devant l’aisance avec laquelle Catherine la Grande se faisait obéir. Elle rit et lui répond « Je me renseigne pour savoir ce qu’ils ont envie de faire, et ensuite je le leur ordonne ». Nous en sommes très loin. La psychologie de la gouvernance est inconnue d’Emmanuel Macron, qui ne gouverne pas pour son peuple mais pour satisfaire des intérêts extérieurs, à Bruxelles, à Bilderberg.

La crise actuelle est une pente glissante. Gérer des crises, c’est être capable de trouver des points d’arrêt, des points de retournement, reconnaître que ce que l’on a servi et ce en quoi l’on a cru était une aberration néfaste, et avoir le courage d’engager une politique inverse. Il ne faut pas pour cela compter sur ce genre de personnages, sur ces « partis de gouvernement » qui se partagent le pouvoir dans une fausse alternance, ils n’ont pas l’honnêteté nécessaire, ils ont toujours préféré emporter tout le monde dans le gouffre plutôt que de renier des convictions malsaines. Bayrou n’est qu’un autre Hollande, Barnier n’est qu’un autre Sarkozy, etc., les différences entre ces gens sont minimes et ne concernent pas l’essentiel. Leur permanence à poursuivre sur leur voie malgré l’étalage de leurs résultats est tragique et fascinante. Refus du réel et force de l’utopie. Ils ne changeront jamais. La France va vers un crash spectaculaire. Voilà ce qui arrive quand la mission divine de la République est de loger, laver, nourrir toute l’Afrique, en dépouillant pour cela ceux dont la prospérité tenait à des siècles de travail et d’efforts consentis et vécus par leurs ancêtres.

*Sur les modèles de gouvernance, nous orientons le lecteur vers notamment nos autres articles :

Le poids des émotions en matière politique répertorié dans la thématique Psychologie sociale et politique, et

Considérations sur les figures du leader et du tyran répertorié dans la thématique Philosophie politique fondamentale.

Bonne lecture !