« L’État moderne a privé les propriétaires privés du droit d’exclusion impliqué dans le concept même de propriété individuelle. La discrimination est rendue illégale : les employeurs ne peuvent embaucher qui ils veulent. Les propriétaires ne peuvent louer à qui leur plaît. (…) L’État a ainsi volé aux individus une grande partie de ce qui assurait leur protection physique. Ne pas avoir le droit d’exclure les autres signifie ne pas avoir le droit de se protéger. Le résultat de cette érosion des droits de la propriété par l’État démocratique est l’intégration forcée. (…) Les professeurs ne peuvent exclure les étudiants qui se comportent mal ; les employeurs sont condamnés à garder des employés nuls ; les propriétaires sont forcés de garder des locataires invivables ; les banques n’ont pas le droit d’éviter les clients à risque ; les clubs privés doivent accepter des membres contrairement à leurs statuts (…) Et pourtant, exclure quelqu’un de sa propriété est le seul moyen d’éviter des ennuis qui réduiraient la valeur de cette propriété. L’intégration forcée subventionne le mauvais comportement ; dans une société civilisée, le prix à payer pour un mauvais comportement est l’expulsion ; les individus pourris sont mis à l’écart pour protéger les individus honnêtes.
Cette exclusion décourage les mauvais comportements, en accroît le coût. Si cette règle est brisée, les gens malhonnêtes et mal élevés vont proliférer. Cette politique d’intégration forcée a des résultats visibles : toutes les relations sociales, professionnelles ou privées deviennent de plus en plus égalitaires et le degré de civilisation diminue. »
Hans-Hermann Hoppe, économiste de l’Ecole autrichienne.
*
La gauche américaine dans les années 1960 a inventé l’Affirmative action, la discrimination positive en français, favorisant certains par idéologie au détriment des réalités, de la logique, des autres et au mépris de la normalité et du mérite. Les ravages en étaient aisément prévisibles dès le départ pour tout esprit normalement constitué, et ils sont désormais connus de tous ceux qui veulent bien les reconnaître, jusqu’à la crise financière mondiale, excusez du peu, de 2007-2008 répandue parce que les banques américaines avaient été contraintes par la gouvernance de George W. Bush (les félons sont partout) de consentir des crédits immobiliers à des gens insolvables, entraînant jusqu’aux faillites bancaires et à celles des « Fanny Mae » et « Freddie Mac » (deux organismes de refinancement hypothécaire qui garantissaient près de 40 % des prêts immobiliers américains), et le mécanisme de diffusion malhonnête de créances pourries dans le circuit bancaire international. En toute matière, la discrimination positive s’est faite à l’envers, interdisant de discriminer ce qui devait l’être. Lorsqu’au marché vous choisissez tel vendeur de légumes plutôt que tel autre parce que les produits de son étalage sont plus beaux et meilleurs, vous discriminez dans votre intérêt et en accord avec vos goûts. Lorsqu’un homme se marie avec une femme et lorsqu’une femme se marie avec un homme, ils font acte de discrimination envers tous les autres. Lorsque vous empêchez l’intrusion dans votre domicile en fermant la porte à clé le soir avant de vous coucher, vous opérez pour votre sécurité et celle de votre famille une discrimination tout ce qu’il y a de plus légitime. Discriminer c’est simplement sélectionner et choisir, cela fait naturellement partie de la vie, c’est l’une des voies par lesquelles se manifeste l’intelligence et la raison, c’est une liberté fondamentale et indispensable en toutes occasions et en toutes matières. La discrimination positive est l’un des exemples de l’interminable liste d’inversion des normes due à la pensée de gauche, véritable cancer mental de notre temps.
Florent de Mestre
