La pensée juive veut « réparer le monde »

Les mondialistes, à commencer par Jacques Attali en France, ont été depuis une vingtaine d’années suffisamment explicites sur leurs désirs quant à l’avenir de l’humanité, notamment sur la nécessité selon eux d’une « gouvernance mondiale ». Et le fait est que ce vœu coïncide avec les intérêts d’une espérance messianique portée par le Judaïsme.

Il faut connaître certains éléments du passé pour comprendre le présent que nous subissons. De tout temps, les hommes se sont plu à imaginer une ère fortunée, réalisant toutes leurs espérances, tous leurs rêves de félicité : l’âge d’or, dont la tradition se retrouve chez presque tous les peuples de l’Antiquité.

Tandis que les Modernes considèrent l’humanité comme s’élevant par un progrès continu vers un état meilleur, les Anciens inclinaient au contraire à croire que les générations suivent, surtout sous le rapport des mœurs, une marche rétrograde, et qu’elles sont en proie à une corruption toujours croissante. Et quand on voit la dégénérescence contenue dans la synthèse du Wokisme, toutes les dérives gauchistes qu’il porte, jusqu’à la gestation pour autrui contre paiement et la transition de genre, on ne peut que donner raison aux Anciens.

Le mantra que scandent les Modernes, c’est « L’âge d’or, qu’une aveugle tradition place dans le passé, est en réalité devant nous », ce sont les célèbres « lendemains qui chantent » chers aux communistes. C’est aux Modernes que se raccroche donc le socialisme historique. Mais les socialistes ne sont pas les premiers qui aient reporté l’âge d’or du passé à l’avenir. Ils n’ont fait en la matière que recycler et perpétuer la pensée du judaïsme et du christianisme. On connaît la doctrine juive millénariste du « tikkun olam », qui signifie réparer le monde, c’est-à-dire instaurer la paix mondiale.

Et quoi de mieux pour cela que faire disparaître les identités et les nationalismes – opportunément accusés d’être responsables des conflits – et mélanger tout le monde dans une utopique « grande fraternité universelle ». Or cette démarche de « réparation du monde » à la recherche de la paix, qui se présente comme philanthropique, recèle par ailleurs un autre caractère, troublant. C’est bien identifié désormais, la racine du modèle de société multiraciale et de dissolution des identités dans le métissage, société appliquée pour l’instant aux seules nations d’Europe occidentale (en attendant de pouvoir l’étendre ailleurs, comme dans la tentative ukrainienne), cette racine se trouve dans cette utopie de paix universelle qui est le préalable nécessaire dans le discours religieux juif pour que le Messie du Judaïsme, le Machia’h fasse son retour sur terre afin de régner avec le peuple « élu » dans la félicité sur le magma des nations déclassées. Voilà qui paraît moins philanthropique et fraternel. C’est donc semble-t-il une attente messianique des Juifs religieux qui conditionne leur action politique, que nous connaissons encore aujourd’hui, rappelée en novembre 2013 par le rabbin David Touitou en ces termes : « Le Messie d’Israël ne viendra que quand le Christ, l’Europe, la Chrétienté, seront totalement tombés. Donc je pose la question : C’est une bonne nouvelle que l’Islam envahisse l’Europe ? Oui… C’est une excellente nouvelle ! Ce que vous êtes en train de subir en France et en Europe, qui fait tellement peur… ça devrait être pour nous la plus belle nouvelle de notre histoire juive. Enfin on commence à s’en approcher ».

Le rav David Touitou, célèbre sur l’internet par ses vidéos

Puis Yehoshua ben Yosef (alias Jésus) est ensuite passé par là, et dès les premiers siècles du christianisme, il se répandit parmi les disciples de cette hérésie du judaïsme une croyance suivant laquelle le Christ, tel le Machia’h hébreu, devait régner temporellement sur la terre, pendant une période de mille ans qui serait close par le jugement dernier. Cette opinion chrétienne avait sa source dans les prophéties qui promettaient aux Juifs que Dieu, après les avoir dispersés entre les nations, les rassemblerait un jour (d’où la démarche du sionisme de Theodor Herzl, de la déclaration Balfour et la création de l’État d’Israël en 1948), et les ferait jouir d’un bonheur parfait.

Les millénaristes christiques ont décrit la suprême félicité dont ce retour du Messie serait le signal, avec une abolition de toutes les tyrannies monarchiques et de tous les gouvernements injustes. La plupart des millénaristes manifestent ces tendances républicaines et démocratiques. On devait donc s’attendre à voir les prophètes du socialisme moderne aller aussi chercher des armes dans ce grand arsenal des rêveurs au bonheur planétaire dans l’égalitarisme. Ainsi, comme la plupart des millénaristes chrétiens, Pierre Jean Agier (1748-1823), juriste français, affirme la conversion générale des Juifs et leur réunion dans le pays de leurs pères. Là, ils rebâtiront Jérusalem, qui deviendra comme par le passé, la métropole de l’Église catholique. Agier, grand visionnaire, croit pouvoir fixer approximativement la date de ce grand événement vers l’an 1849 (vous avez le droit de rire). Il écrit « Toutes les monarchies seront éteintes et tous les hommes ne formeront qu’une seule famille. Il n’y aura plus de nations, car ce mot nations indique des sections du genre humain organisées en corps politiques. Mais il n’aura plus de sens quand il n’y aura plus de barrières entre les diverses portions de la famille universelle. Peut-être même verra-t-on s’établir sur la terre l’unité de langage ». Nous avons là toute la politique gauchiste actuelle, sans-frontiériste, métissolâtre, des démocrates socialistes et des républicains exaltés (ce petit monde nourri dans la franc-maçonnerie qui est une entreprise pétrie de références juives), qui veulent imposer une ère d’égalité absolue et de bonheur commun au prix de la disparition de nos identités. Élucubrations d’orientaux qui ont pourri notre monde européen parce que des princes, depuis Théodose et Clovis, se sont soumis au message chrétien à partir du IVe siècle.