Le député d’extrême-gauche Andy Kerbrat est au cœur de l’actualité pour avoir acheté de la drogue à un dealer mineur dans le métro parisien. Ses petits camarades de putrescence mentale volent donc à son secours et le présentent en tant que victime, et même comme un héros. Nous sommes donc obligés de traiter cet homme comme un symptôme de ce que sont devenues en Occident, mais plus particulièrement en France, les « élites » politiques, il est le symptôme d’une forme d’effondrement de l’intelligence et de la capacité à gouverner ou à représenter le peuple. Son parcours en dit beaucoup finalement sur cet effondrement.
Tous les gens lucides ont la forte impression, pour parler poliment, d’être gouvernés par des ploucs. Et à la vue de cette espèce de « ploucosphère » que l’on voit aujourd’hui au pouvoir représentée, on se demande comment expliquer cette faiblesse terrible des « élites » actuelles. Comment se fait-il que l’on ait pu avoir pour nous gouverner il n’y a pas si longtemps de cela dans l’histoire, même s’ils ont été des canailles malfaisantes eux aussi, des hommes d’une qualité immense en comparaison, alors que l’on se retrouve actuellement avec des gens à qui en d’autres circonstances on ne confierait même pas la gestion d’un parc municipal abandonné ? Comment comprendre cela ?
L’explication de base, est que le pouvoir a quitté la politique depuis longtemps. Le véritable pouvoir dans nos sociétés a migré vers la finance, là d’où vient Emmanuel Macron qui pour une raison que l’on ignore l’a momentanément laissée de côté pour accepter d’assumer le job de syndic de faillite du pays au service du plan mondialiste, le pouvoir a migré vers les médias, vers l’université quoi qu’on en dise, vers la technocratie, vers les hautes instances internationales et les organisations transnationales de la gouvernance globaliste, il a migré vers les tribunaux… Si vous voulez exercer du pouvoir de nos jours dans nos sociétés, ce n’est plus vers la politique que vous vous dirigez spontanément. Ou alors vous l’utilisez comme un marchepied pour aller plus loin. Mais le vrai pouvoir est ailleurs. Et dès lors que reste-t-il en politique ? Soit des gens qui ne sont pas au courant que le pouvoir a quitté cette activité, soit souvent des ambitieux paresseux et médiocres qui trouvent là un espace de réalisation possible parce que c’est moins difficile de réussir en politique effectivement que dans la haute technologie, la technocratie, le droit… On trouve aussi certains derniers idéalistes, qui veulent croire que la politique compte encore. Mais globalement c’est un repaire de gens qui n’ont pas compris que le pouvoir n’est plus là. Ça en dit beaucoup déjà. Si l’on voulait rencontrer des élites de qualité, il faudrait aller ailleurs.
Faisons une petite sociologie de notre classe politique aujourd’hui, en trois temps : le bloc central, le camp national, et la gauche radicale.
Le bloc central, ce que l’on appelle la macronie, c’est la fin de ligne, les derniers restes du pouvoir technocratique d’hier, c’est le résidu de ces élites qui ont migré vers les instances du vrai pouvoir. Ce qui reste dans le bloc central, c’est le petit personnel chargé de faire fonctionner la boutique. Ceux qui n’ont pas encore enregistré l’information que le pouvoir était ailleurs. Ce sont des gestionnaires plutôt médiocres, souvent incultes, souvent incapables d’avoir la moindre idée politique, et qui sont les petits télégraphistes de l’idéologie dominante telle qu’elle s’exprime au moment présent. Oh, ils ne sont pas malheureux, portefeuilles ministériels, palais cossus, voitures de fonction et protection du SPHP, sièges parlementaires, servilité des médias. Des gens qui en d’autres temps n’auraient pas réussi à être conseiller du conseiller du ministre, mais qui aujourd’hui se retrouvent député, ministre, et quelquefois davantage.
Le propre du camp national, RN, Zemmouriens et apparentés, c’est qu’il s’agit d’une élite alternative, qui veut encore croire à la politique. Des gens qui disent qu’ils n’ont pas simplement une autre méthode pour gouverner mais qui considèrent, et à juste titre, que cette « élite » en place a fait faillite, qu’elle a échoué, qu’elle est totalement discréditée, et ils veulent la remplacer. Que trouve-t-on dans ce camp national ? Pour l’essentiel des gens qui sont les laissés de côté, les persécutés, les infréquentables de la société présente, les proscrits du régime, ceux qui pensent mal et qui ont été traités depuis des décennies de tous les noms, les porteurs des intérêts des catégories sociales laissées pour compte, ouvriers, artisans, petits commerçants, qui ne tirent aucun marron du feu de la mondialisation heureuse ou de la construction européenne. On trouve aussi des ambitieux dans le camp national, qui trouvent que leur ascension sociale n’est pas assez rapide et qui en se positionnant en leaders du groupe alternatif pensent toucher une possibilité de promotion sociale rapide, comme en son temps Laurent Fabius, fils d’une des plus fortunées familles d’antiquaires de France, sans aucun besoin de travailler et qui aurait pu vivre en rentier, mais qui se loge au Parsi socialiste comme on prend une écurie parce qu’il pense que ce sera le prochain pouvoir, comme on joue au casino, pour finir président du Conseil constitutionnel. Notons que parce que ces élites alternatives du camp national viennent d’un milieu assez déclassé souvent, des gens qui n’ont pas l’expérience de l’exercice du pouvoir puisque ceux qui tiennent le système sont parvenus jusqu’à présent à les en tenir éloignés, ils n’ont pas tous les codes de ce que l’on doit dire, ne pas dire, ce qui est permis ou pas, dans les médias, il est très facile de trouver chez eux des « dérapages », c’est d’ailleurs comme cela qu’on les « exécute » à chaque élection, en fouillant dans le tas, pour lever inévitablement quelques cas s’étant permis des « propos de comptoir » qu’ils n’auraient pas tenu s’ils connaissaient les codes du pouvoir. Et il ne suffit pas de leur donner une cravate pour qu’ils apprennent les codes du pouvoir. Ce sont des gens que l’oligarchie en place peut facilement persécuter. Cette élite alternative attend un jour sa place, mais pour l’instant elle est le syndicat des proscrits du régime.
Et le troisième camp, La France Insoumise et apparentés, la gauche radicale, qui représente non pas une alternative salutaire mais l’élément chaotique dans notre société. Il faut se tourner vers Marx qui parlait de lumpenproletariat, autrement dit au-delà même du prolétariat, en deçà, on trouve les éléments asociaux, qui sont souvent dans une société désorganisée, et qui sont travaillés, souvent aussi, par le ressentiment, par l’envie, la colère, le désir de détruire, ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui quelquefois les enragés, les zombis, ceux qui rêvent de voir le monde brûler, qui rêvent de révolution parce qu’ils rêvent de révolution en soi. Ce sont des gens qui dans une société normale sont laissés à sa périphérie. Mais quand on se trouve dans une société de l’inversion des valeurs, ce qui est le cas en France, ils se retrouvent au centre et sont présentés comme les nouveaux héros des temps présents. Ces gens ont normalement besoin d’un leader qui lui, aime le chaos parce qu’il y voit l’occasion de jouer enfin le rôle qu’il souhaite jouer à la hauteur de l’histoire, c’est évidemment Jean-Luc Mélenchon, le « lider maximo » de la gauche radicale.
La France Insoumise se présente davantage comme une pathologique politique que comme un parti politique. Il y a dans toute société des éléments chaotiques, la nature humaine est ainsi faite, nous ne sommes pas tous équilibrés de la même manière, il y a des gens qui fondamentalement ne sont heureux que dans le désordre, la chienlit, dans le chaos. Et fondamentalement, une société qui est bien construite sait qu’ils existent, ne les étouffe pas, mais ne les place pas au cœur du jeu. Aujourd’hui, avec la complicité des médias dans lesquels ils ont tant de partisans ou de regards bienveillants, on les place au cœur du jeu. A quoi rêve la gauche aujourd’hui, mélenchoniste radicale ou socialiste à la Glucksmann ? Elle rêve de submersion migratoire, elle rêve du pillage de l’épargne et des biens, elle rêve de censure de désaccord, elle rêve de l’encasernement de nos sociétés avec l’imaginaire apocalyptique autour de l’écologie, d’une forme de grand confinement général auquel on devrait être soumis dans les années à venir, elle rêve la dissolution des sexes, à la normalisation de toutes les drogues au nom d’une société qui trouverait dans une forme de divertissement permanent une manière de fuir les questions fondamentales de l’existence.
Prenons le portrait de ce Monsieur Kerbrat. Sa fiche Wikipédia, média de gauche, le présente ainsi : » Après avoir obtenu le baccalauréat d’art dramatique, le jeune étudiant se lance en faculté d’histoire, sans succès, et enchaîne ensuite différents CDD et emplois de saisonnier. Il devient ensuite salarié dans un centre d’appels téléphoniques. » Rien de tout cela n’est déshonorant, on le comprend. Mais rien de tout cela, ni par le contenu, ni par l’expérience de la vie, ne le préparait devenir représentant de la nation, à la fonction de réfléchir à l’élaboration et à la décision des lois d’un pays. Sinon par hasard, « sur un malentendu » comme on l’aurait dit en l’honneur de l’inoubliable Jean-Claude Dusse interprété par Michel Blanc qui vient de nous quitter. Cet homme se fait élire sur un malentendu, ou une escroquerie sur la qualité pour le dire autrement, comme bien d’autres chez La France Insoumise, et le problème est le suivant : la figure du post-ado jouisseur qui se retrouve à l’Assemblée nationale, qui ne cesse pas pour autant d’être un post-ado jouisseur et se fait prendre en achetant des drogues qui ne sont pas celles du désespoir comme tentent de le faire croire ses petits camarades mélenchonistes, mais les drogues de l’orgie. Le voir tenter de faire pitié en pleurnichard repentant ne nous convainc pas. Il prend cette drogue de l’orgie, et ensuite il est protégé par son clan, avec entre autres Sandrine Rousseau qui a le génie de l’amplification de l’absurde, et qui vient dire qu’en fait ce n’est pas une victime mais un héros, en lutte contre une société du flicage.
Alors pourquoi la gauche ne s’excuse jamais ? Fondamentalement parce que dans son esprit, être de gauche, en soi c’est moral. Peu importe ce que vous ferez ensuite, le simple fait d’être de gauche vous met à l’abri du péché, du délit et du crime, parce qu’être de gauche ça veut dire qu’au fond de vous-même vous êtes quelqu’un de bien. La stratégie de Sandrine Rousseau est connue, c’est l’attaque en toutes circonstances. Jean-François Revel a écrit que les socialistes ont une si haute idée de leur propre moralité qu’on croirait presque, à les entendre, qu’ils rendent la corruption honnête en s’y livrant. Quelle acuité de jugement ! Avec la gauche toutes tendances confondues, nous sommes devant une caste où les sentiments dominants sont le fanatisme et la frustration, animés par un désir de bannir leurs adversaires de la vie publique, de les censurer une fois pour toutes. Voilà les leaders qui se présentent à nous aujourd’hui comme « l’élite » de la prochaine révolution.
L’effondrement de l’intelligence est la cause profonde de ce mouvement de montée au pouvoir de gens qui n’ont rien à y faire. La gauche radicale est une fauche fanatisée qui a sectionné le lien entre l’esprit et le réel. Et que se passe-t-il quand l’intelligence quitte le réel ? Vient l’avènement des fantasmes destructeurs, qui sont ceux de l’utopie, de la négation du réel, qui se révoltent contre le réel, mais au final c’est le réel qui gagne, la vie en veut ainsi. L’intelligence diminuée se perd dans des spéculations aériennes qui poussent vers des fantasmes destructeurs, c’est toute l’histoire des utopies socialistes à travers le monde, des Esséniens à l’effondrement de l’ex-URSS, et c’est ce que devient aujourd’hui l’université en France, qui est le nouveau cléricalisme le plus toxique, en lien souvent avec les médias. Comment la gauche pratique-t-elle la négation du réel aujourd’hui ? : elle rêve de submersion migratoire, elle nie l’existence des peuples et des civilisations (sauf pour les peuples du tiers-monde légitimes à demeurer ce qu’ils sont lorsqu’ils s’agit de leurs pays, c’est bien connu étrangement chacun dans ce monde a le droit de vivre parmi les Blancs, sauf les Blancs), elle rêve du pillage de l’épargne et des biens, elle rêve de censure de désaccord elle rêve de l’encasernement de nos sociétés avec l’imaginaire apocalyptique autour de l’écologie, d’une forme de grand confinement général auquel on devrait être soumis dans les années à venir, elle est dans la négation des sexes qui apparemment n’existent plus, elle est dans la négation des règles élémentaires de l’économie, elle est dans l’éloge de la laideur, elle rêve à la normalisation de toutes les drogues au nom d’une société qui trouverait dans une forme de divertissement permanent une manière de fuir les questions fondamentales de l’existence ,et elle nous explique que le drogué est en fait la victime d’un système répressif qu’il faut faire tomber.
Tout cela pour dire que « l’élite » politique que nous avons aujourd’hui est assurément la plus misérable que l’on ait pu imaginer depuis un siècle. Mais répétons encore une fois les propos de Joseph de Maistre, les gens ont les gouvernants qu’ils méritent.
