C’est ce que nous ont fait la gauche et ses médias suite aux propos du nouveau ministre de l’Intérieur qui, dans la norme pratiquée en ces temps funestes, a cru bon de faire un semi-voyage à Canossa en expliquant son propos. Tous ces gens qui n’assument pas leurs déclarations et viennent passer un brevet de conformité idéologique en se justifiant au lieu de dire fermement « merde » à tous ces petits kapos systémiques dès qu’ils montrent les dents, sont assez pathétiques et décevants. Dans cette séquence, le journal Le Figaro nous apprenait il y a quelques jours une décision du Conseil d’État qui datait du 15 juillet 2024, donnant raison à la Cour nationale du droit d’asile d’accorder le statut de « réfugié » à un Algérien de 31 ans qui avait été condamné à quatre ans d’emprisonnement (condamnation dérisoire soit dit en passant) en 2019 pour faits d’agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans, au motif que ce détraqué criminel entreprend une « transition de genre » et qu’il ne peut donc pas être renvoyé dans son pays parce qu’il y risquerait des persécutions. Voilà un exemple très symbolique de ce que des juges ont fait de « l’État de droit » en France devenue le royaume des « droits de l’individu », surtout s’il appartient à une minorité, où un pédophile passe avant le bien commun.
On pourrait citer des milliers de cas similaires tout aussi tragiques et tout aussi absurdes. N’importe quel cerveau sensé se demande au nom de quelle bizarrerie, au nom de quoi la France garde sur son sol un pédophile étranger ?! Mais dans ce pays le bon sens a déserté les cerveaux, il a été remplacé par cette sacro-sainte conception de « État de droit » qu’ont certains esprits frelatés, totem absolu qu’ils brandissent quand ils n’ont plus aucun autre argument à faire valoir.
Dans ce merveilleux État de droit, il y a toujours des experts qui se tortillent le cerveau en brandissant d’une main le Dalloz et de l’autre la Déclaration des droits de l’homme, pour nous dire que « l’État de droit c’est ça ! ». Ils sont donc capables de justifier l’horreur. Tout selon eux n’est qu’un « problème de pédagogie ». Vient ensuite un Garde des Sceaux qui nous explique que la Justice n’est pas laxiste puisqu’elle applique strictement le droit. Même quand le contenu du droit en vigueur, et surtout de la jurisprudence, est pourri ? Comme si les juges n’étaient pas des hommes, avec des idéologies !
A chaque fois c’est donc le même discours, il y a une victime innocente agressée, violée, décapitée, mais « nos valeurs humanistes ont été préservées et on a les mains propres parce que l’État de droit a été respecté ». Une question avant de poursuivre : les criminels auteurs font-ils dans leurs actes preuve « d’humanisme » envers leurs victimes ?…
La réalité c’est que ces « sachants » juristes n’ont plus de main de justice mais ils se prennent encore pour des monarques. Ils sont bouffis d’orgueil, obsédés par leur prétendue « vertu », mais ils ne subissent jamais les conséquences de ce qu’ils prônent parce que dans les salons cossus du Conseil d’État ou du Conseil constitutionnel on est plutôt préservés de la réalité. Ce prétendu « cercle de la raison », c’est ainsi qu’il se définit lui-même, est devenu un cercle de fous. Ils en sont à expliquer un truc qui est dingue. Ils parlent de « démocratie » mais en oubliant systématiquement qu’elle consiste théoriquement dans le gouvernement du peuple par lui-même, et que c’est à celui-ci de déterminer à quelle norme il veut se soumettre ou pas. Mais le peuple, pour ces gens-là, est douteux, il est idiot, il pue, il est primaire et mal élevé, populiste. Il ne faut donc surtout pas l’écouter. Il faut le faire taire. Et si l’on n’y parvient pas, on l’oblige juridiquement au silence en dénaturant le droit.
La racine commune de tous ces « experts » nous avait été donnée par Tocqueville dans son premier tome de De la Démocratie en Amérique (1835) : « Ils conçoivent un grand dégout pour les actions de la multitude et méprisent secrètement le gouvernement du peuple ». Voilà la réalité !
Pendant l’épisode covidesque, ils nous ont dit qu’au nom de l’intérêt général, pour « sauver la communauté », il était justifié de bafouer les droits individuels et l’État de droit. Mais sur d’autres sujets, comme par exemple l’immigration extra-européenne, là le bien commun et la communauté subitement ne comptent plus, ce qui compte le plus ce sont les droits individuels, orientation à géométrie variable selon les sujets, pétrie de malhonnêteté intellectuelle. On voit bien que l’État de droit sert uniquement selon l’idéologie des personnes. En vérité, ils invoquent l’État de droit pour pouvoir piétiner consciencieusement le premier et le plus fondamental des droits qui est celui de consentir à la loi qui nous gouverne.
Entendre dans l’actualité l’aberration que constitue le fait que des ministres (peut-on faire plus haut dans la hiérarchie décisionnelle d’un pays exception faite du chef de l’État !) soient obligés de motiver leurs décisions devant des juges montre bien que dans ce système frelaté le pouvoir est passé entre les mains de ces derniers, qu’il n’est plus entre celles de gens qui s’en sont laissé déposséder alors que leur fonction procède d’une élection. Il faudra l’arrivée d’un pouvoir politique qui aura le courage (et c’est bien peu de chose) de remettre les choses à l’endroit, renvoyer ces juges à leur place subalterne et leur rappeler qui doit détenir l’autorité.
Rappel : notre article Comment en est-on venus au gouvernement des juges, cliquez pour y accéder.
