C’est peut-être dans le domaine de l’éducation, que l’escroquerie freudienne aura produit le plus de dégâts irréparables.
Sous prétexte de ne « pas donner de complexes » aux enfants, le Système les a livrés à l’anarchie. Les « Douze conseils de la Police pour faire de votre enfant un bon délinquant », texte paru dans une revue américaine, nous dispenseront de plus longs commentaires sur la fabrication de petits tyrans qui pourriront la vie de leurs familles et vivront pour toujours dans l’insatisfaction :
1° Dès l’enfance, donnez-lui tout ce qu’il désire. Il grandira ainsi en pensant que le monde entier lui doit tout.
2° S’il dit des grossièretés, riez, il se croira malin.
3° Ne lui donnez aucune formation spirituelle. Quand il sera majeur il choisira lui-même.
4° Ne lui dites jamais « C’est mal », il pourrait faire un complexe de culpabilité, et plus tard lorsqu’il sera arrêté pour vol de voiture il sera persuadé que c’est la société qui le persécute.
5° Ramassez ce qu’il laisse traîner. Ainsi, il sera sûr que ce sont toujours les autres qui sont responsables.
6° Laissez lui tout lire. Stérilisez sa vaisselle, mais laissez son esprit se nourrir d’ordures.
7° Disputez-vous toujours avec lui. Ainsi quand votre ménage craquera, il ne sera pas choqué.
8° Donnez-lui tout l’argent qu’il réclame, qu’il n’ait pas à le gagner, ce serait un comble qu’il ait les mêmes difficultés que tous.
9° Que tous ses désirs soient satisfaits, nourriture, boissons, confort, drogue éventuellement, sans quoi il serait frustré.
10° Prenez toujours son parti. Les professeurs, la Police lui en veulent à ce pauvre petit.
11° Quand il sera un vaurien, proclamez vite que vous n’avez jamais pu rien en faire.
12° Préparez-vous à une vie de douleur, vous l’aurez.
On a vu l’enseignement envahi par ces étranges méthodes appelées lecture globale, mathématiques modernes, nouvelle pédagogie du français, etc. et qui ont eu pour effet visible autant qu’accéléré de faire baisser d’année en année le niveau des études et d’y introduire l’anarchie. Plus de discipline, suppression de l’orthographe et de la grammaire, abandon des références aux auteurs classiques, priorité absolue de la langue orale sur la langue écrite, l’enseignement public nous a élevé de parfaits petits barbares, on en trouve jusqu’à l’Assemblée nationale où l’on a vu très récemment un député marseillais d’extrême-gauche, Sébastien Delogu, ânonner la lecture d’un texte, répondant parfaitement à la définition qu’avait donnée l’OCDE dans son étude internationale de 1995 sur l’illettrisme (la situation doit être aujourd’hui considérablement aggravée), d’où il ressortait que 40 % des Français sondés avaient des difficultés à lire et à comprendre un texte simple de vingt lignes et à en faire un résumé de cinq lignes ! Situation démente créée avec le plus complet cynisme car on a entendu en 1972 lors d’une séance de travail de la commission de réforme du rapport Rouchette, Monsieur Pierre Barbéris président de l’association française des professeurs de français de 1969 à 1975 déclarer : « Il y a une révolution qui va loin et suppose l’exacte inversion des rapports humains dans notre société. »
Quand Jules Monnerot dans sa Sociologie de la Révolution déclare que « Les révolutionnaires se sont emparés des cerveaux et du système nerveux de la société », il ne parle pas pour rien dire. Et c’est donc bien à une inversion délibérée que nous assistons, à cette inversion générale des valeurs dans laquelle les hommes de Tradition reconnaissent la phase finale de destruction nos sociétés. Les protagonistes de cette destruction de l’éducation sont, pour un petit nombre, parfaitement conscients et font partie de ces forces très cohérentes qui se sont donné pour tâche de participer à la destruction de ce qui reste de l’Occident. Mais la plupart sont aveugles, et croient sincèrement par cette destruction même promouvoir une nouvelle société, car ils sont intoxiqués à leur insu par toute une philosophie qui de Jean-Jacques Rousseau à Herbert Marcuse (lié à l’École de Francfort, voir notre article L’École de Francfort et la destruction de l’Occident, répertorié sous la thématique Mondialisme, Cosmopolitisme) proclame la « bonté ontologique de l’homme » et la nécessité de faire confiance à ses instincts.
Ainsi se trouve balayés aujourd’hui dix-huit siècles d’évolution fondée sur la connaissance de l’imperfection de l’homme et des moyens adéquats pour l’améliorer. L’émulation, la sélection, la promotion d’une élite étaient jusqu’à présent les buts avoués de toute éducation digne de ce nom. Voilà des mots qui font aujourd’hui taxer celui qui les prononce de noir réactionnaire par « l’intelligentsia » gauchiste médiatique. Partout le postulat égalitaire aboutit au nivellement par le bas. Partout c’est la notion même de hiérarchie qui a été moquée puis détruite, partout c’est l’autorité en tant que telle qui dans tous les domaines a été battue en brèche. Quiconque est chargé de l’exercer est traité de flic, dans des feuilles publiques d’années en années plus nombreuses. Les opposants à cette destruction générale portée par le pouvoir sont isolés, impuissants. La majorité silencieuse soupire, hausse les épaules, ou bien, convenablement conditionnée, sourit niaisement aux anges. Où allons-nous ? Démission des parents, démission des professeurs de l’université, démission des autorités civiles, on pourrait ajouter religieuses. Nous ne nous étonnons plus si à des agitateurs professionnels se joignent des jeunes gens qui ne songent pas seulement à s’amuser, et se dressent contre une société trop mal en point pour qu’ils y trouvent un appui.
