Les Français verront sans voyager les caractères de toutes les nations…

La culture universelle est contradictio in adjecto. Pour des raisons historiques, et non pas théoriques. Parce que les normes morales et les expériences historiques n’ont jamais été identiques (ni parfois même semblables) dans les différentes régions du monde. C’est surtout vrai pour les expériences historiques des différents peuples, dont le manque d’analogie empêche le développement des mêmes modèles de conscience.

Mais l’utopie maçonnique se moque de ces réalités, la seule chose qui lui importe c’est de conserver le pouvoir, quel que soit l’agent qui en est chargé, quelles que soient les étiquettes promues et les politiques de façade menées, l’adoubement récent de Jordan Bardella par la Grande Loge Nationale de France en atteste. Toujours doit demeurer au pouvoir le tronc commun de la philosophie maçonnique derrière le rideau. La franc-maçonnerie, émanation de la Synagogue, veut depuis plus d’un siècle faire « vivre-ensemble » sur un même territoire des peuples dans un « universalisme » fantasmé, en croyant et en voulant faire croire que tout va bien se passer dans un joyeux melting-pot fraternel. Les Français « verront sans voyager les caractères de toutes les nations… » écrit en 1889 La Chaîne d’Union de Paris – Journal de la Maçonnerie universelle. L’intention proclamée est on ne peut plus claire. Toutes les nations, vraiment toutes, sans discernement de compatibilité ?

Le rêve en soi, avec sa « générosité », qui structure le modèle américain, pouvait paraître séduisant à certains moins dotés que d’autres en lucidité. Mais le monde dans sa réalité ne correspond pas à ce joli programme, il ne tourne pas ainsi, surtout si l’on a un « contentieux colonial », les sociétés multiculturelles n’existent pas, il n’y a pas d’exemple historique démontrant qu’elles aient tenu harmonieusement dans le temps. Ce que l’on nomme ainsi ne peut être qu’un état transitoire entre deux cultures, quelle que soit l’échelle de temps, un peu plus courte, un peu plus longue, deux cultures, la précédente et la suivante, la vaincue et la victorieuse. Il est dangereux de préférer des utopies à la réalité, un mensonge qui rassure à une vérité qui dérange.

Le « vivre-ensemble » au forceps, c’est l’image indépassable de l’enfant, obtus parce que trop jeune, qui s’acharne, en vain, à vouloir faire rentrer la pièce carrée dans le trou rond de son jeu de formes. Il y a des choses qui sont « miscibles », et d’autres qui ne le sont pas, même un socialiste comme Jean-Pierre Chevènement l’avait admis et déclaré. Certains alertent depuis cinquante ans sur cette impossibilité. Les Français dans leur majorité n’ont pas voulu les entendre, ils ont préféré le discours empoisonné des boutiques « autorisées » qui se refilent alternativement le manche dans la mécanique électorale bien huilée du régime. Tout le monde voit enfin depuis quelques années dans nos pays occidentaux défigurés, dénaturés, livrés à la tiers-mondisation et à l’ensauvagement, le brillant résultat de ces utopies.

Florent de Mestre