Dans une incroyable surenchère de malhonnêteté, le système politico-médiatique tente donc de discréditer toute information ou propos vrai mais heurtant le « narratif officiel », en qualifiant ceux-ci de fausse nouvelle, par la désormais célèbre mécanique de la « fake news ». Ceux qui mentent, manipulent et désinforment à longueur de temps s’auto-érigent en « fact checkers », juges dispensateurs de la « Vérité ». Là où il y a de la gêne il n’y a pas de plaisir. C’est Orwellien, « Le mensonge c’est la vérité ! ». Aussi est-il nécessaire de rappeler ce qui suit :
Il y a, aux Indes, la fable de ce maharadjah du pays des aveugles qui ne savait pas ce qu’était un éléphant. Il envoya six aveugles dans la jungle, chargés de lui décrire la bête. Ils tâtèrent donc un éléphant et revinrent avec des rapports contradictoires. « Un éléphant, dit l’un, c’est long et souple comme un tuyau. – Pas du tout, protesta l’autre, c’est grand et mou comme une tente de cuir. – Erreur, fit le troisième, c’est pointu et poli comme une grande dent. – Vous vous moquez de nous, se fâcha le quatrième, c’est rond comme une colonne et rugueux comme un tronc d’arbre. – C’est gigantesque comme une montagne, remarqua le cinquième. – C’est mince et tordu comme un tire-bouchon », conclut le dernier qui n’avait eu que la queue entre les mains.
Cela pour illustrer trois points importants :
1) L’information ne tire jamais 100 % de la vérité.
2) Quoi qu’on en pense, non seulement l’objectivité n’existe pas en matière d’information, mais toute prétention à l’objectivité doit être traitée avec soupçon. Les gros médias, télé en tête, assènent leur discours avec un ton péremptoire et une assurance qui suggère à l’esprit naïf que l’objectivité est là, dans ce « discours officiel » qui a la caution apportée par l’unanimité du monde politico-médiatique ; c’est forcément vrai puisque le 20h00 le dit !
3) Il est naturel que chaque témoin ait sa propre impression de l’événement auquel il a assisté. Si les impressions concordent trop bien, c’est suspect, ça sent la reprise/répétition par des acteurs qui eux n’ont pas vécu l’événement. Le premier symptôme de la désinformation, c’est quand tout le monde dit la même chose rappelait Vladimir Volkoff (Petite histoire de la Désinformation, Éditions du Rocher).
L’information est donc par elle-même une denrée frelatée.
