Les délires français de l’aide médicale aux clandestins

L’AME, Aide médicale d’Etat, est comme chacun sait un dispositif réservé aux étrangers en situation irrégulière permettant leur prise en charge à 100 %. Face à l’annonce de sa possible modification (souhaitée par des sénateurs dans le cadre du projet de loi « Immigration » actuellement en débat) pour être remplacée par une AMU (aide médicale d’urgence, détail en aval dans l’article), 3 500 médecins ont donc transmis à l’AFP le 11 novembre 2023 un appel à désobéir au remplacement de l’AME. Ces médecins affirment qu’ils continueront à prescrire des soins aux clandestins quelle que soit la décision parlementaire. Et il y a du « beau monde » parmi les signataires de cette pétition, des chefs de service de grands hôpitaux parisiens, les inévitables médecins médiatiques Patrick Pelloux, etc. Il leur faut sauver à tout prix ce totem absurde. 

En 2019, un rapport avait déjà alerté sur le délire total qu’est devenue l’AME, et les mêmes arguments avaient alors été débités par ses défenseurs, médecins, politiques de gauche, médias, pour justifier son maintien, avec le même vocabulaire : supprimer l’AME serait une « décision inhumaine », une « hérésie humanitaire ». L’inénarrable Clément Viktorovitch, politologue et chroniqueur, est venu expliquer que supprimer l’AME était une stupidité totale, annonçant que 80 % des personnes qui y sont éligibles n’y auraient pas recours. Le chiffre n’est pas celui-là. Il est de 2019 et vient de l’IRDES, Institut de recherche et de documentation en économie de la Santé, Institut qui écrit que 51 % des personnes qui sont éligibles à l’AME bénéficient du dispositif selon un échantillon de clandestins. Mais peu importe la réalité des faits à ce chroniqueur, ce qu’il voulait dire c’est que supprimer l’AME serait stupide parce que sans elle les patients arriveront davantage malades aux urgences avec un risque de propagation de maladies infectieuses. C’est Ebola dans tout le pays si l’AME est supprimée ! Le tout assorti de la formule rituelle « De toutes façons, supprimer l’AME c’est contraire à nos valeurs ». Vingt ans que cela dure et qu’on entend ça. Vient aussi l’argument du fatalisme, porté par exemple par Olivier Véran quand il était ministre de la Santé en 2021, nous expliquant que « l’AME c’est une dépense incompressible », en clair on ne peut rien faire contre l’AME, elle est vouée à enfler indéfiniment. 

Passons au détail de ce qu’est véritablement l’AME. Créée en 1999 par le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, quelques mois après la création de la CMU, couverture maladie universelle (la sécurité sociale pour tous). Rien n’obligeait le gouvernement Jospin à le faire, même pas la Cour européenne des droits de l’homme, mais déjà des associations comme le Gisti soufflait à l’oreille de la Gauche que créer une aide médicale pour les étrangers en situation irrégulière était quelque chose de normal comme pour n’importe quel national cotisant. Toujours cette aberration doctrinale fondamentale des cervelles gauchistes frelatées, basée sur la dépense de l’argent d’autrui. C’est donc une aide sociale, et non une prestation sociale puisque le bénéficiaire n’est pas cotisant, il y a droit dès lors qu’il peut prouver qu’il est en France clandestinement, sans papiers, depuis au moins trois mois, qu’il a moins de 9 719 de revenus par an (on reste pantois devant l’absurdité ayant défini cette somme, sans l’arrondir à 700, 720 ou 800) ; il obtient dès lors une couverture à 100 % du tarif sécurité sociale pour tous les frais médicaux et hospitaliers en tarif conventionné et sans avance de frais, dans les domaines suivants dans un premier temps : dentaire, médical, pharmacie, analyses, chirurgie, frais d’hospitalisation, vaccination, dépistage réglementé, contraception, IVG. Un « panier grand confort ». Et la liste s’étend au bout de 9 mois aux pathologies dites « non sévères ». La liste complète est disponible sur le site Améli.fr, le site de la sécurité sociale. Au rang des pathologies non sévères, rhinoplastie, intervention pour les oreilles décollées, prothèses de genou, d’épaule, de hanche, pose d’anneau gastrique, kinésithérapie, transport sanitaire… Ne sont à ce jour exclus de l’AME que les cures thermales, les médicaments en vue d’une procréation médicalement assistée. On reste éternellement stupéfaits par ce que se permettent dans ce pays les élus avec un argent qui n’est pas le leur. Mais après tout comment s’étonner de gens qui ont quasiment légalisé le fait de s’emparer du logement d’autrui (enfer procédural pour faire expulser les squatteurs, « trêve hivernale »…). Bien évidemment, les seuls cas de prise en charge à 100 % et de soins justifiés sur des étrangers devraient être ceux liés à des risques d’épidémie mortelle dans le corps social, tuberculose, peste, etc… et certainement pas se faire recoller les oreilles, redresser la cloison nasale ou pourquoi pas bientôt se faire charcuter les organes génitaux aux frais du contribuable français parce que l’on a un problème psychiatrique sur « l’identité de genre ».

Dans l’année suivant la création de l’AME on comptait 75 000 bénéficiaires. On en comptait 423 000 au premier trimestre 2023, pour un coût de 1,2 milliard d’euros, soit l’équivalent du déficit de l’Hôpital français en 2022. L’IGAS, l’Inspection générale des affaires sociales, avait constaté en 2010 déjà que les bénéficiaires de l’AME consommaient en moyenne 1 741 euros de soins par an, alors qu’un cotisant bénéficiaire du régime général était à 1 580 euros. Ce qui est tout de même étonnant car le clandestin à priori c’est plutôt un homme jeune, dans la force de l’âge, censé être plutôt en bonne santé. Parmi les bénéficiaires de l’AME se trouve une sur-représentation de « malades chroniques », des gens par définition davantage malades que la moyenne (maladies du sang, cancer, insuffisance rénale… Les bénéficiaires de l’AME consomment donc plus en moyenne que les nationaux en séances de dialyse (60 000 euros par an de traitement pour un dialysé), de chimiothérapie, de radiothérapie. Le constat datant donc de treize ans de l’IGAS permettait déjà de constater le fonctionnement d’un véritable « tourisme médical » payé aux étrangers par les Français.

Dans le cadre de la loi citée en introduction, des sénateurs voudraient donc supprimer l’Aide médicale d’Etat pour la remplacer par une Aide médicale d’urgence. Quelle différence ? Le panier de soins de l’AMU serait d’abord moins étendu, moins généreux. L’AMU c’est tout bonnement un panier de soins concernant les basiques de la santé, revenant à davantage de raison, la prise en charge des maladies graves, les soins de grossesse, de vaccination, rien qui laisse les clandestins dans la souffrance physique et l’abandon, mais auquel le bénéficiaire devrait participer tout de même financièrement (symboliquement on le devine). On ne va pas mourir dans la rue avec ce projet d’AMU. Cette idée a toutefois un défaut majeur, les sénateurs ne reviennent pas sur ce délai de trois mois, extrêmement court, au-delà duquel un clandestin devient éligible au dispositif.

Dans la confidence, des médecins ayant des patients bénéficiaires de l’AME témoignent des difficultés que génère ce dispositif de médecine solidaire excessive issue des cervelles de gauche avec des gens qui n’ont pas de carte vitale, dont les médecins ne peuvent pas se faire payer leur consultation. Il faut aussi évoquer ces associations qui expliquent aux clandestins que même sans AME, ils ne doivent pas hésiter à faire un scandale dans les locaux si l’hôpital résisterait à les soigner, ce qui crée une dette irrecouvrable, que les établissements ne retrouvent jamais, et qui sera payée comme toujours in fine par le contribuable français, l’éternel baisé de cette politique menée par la gouvernance.

Mais ces « nobles esprits » signataires du 11 novembre feront grève et appliqueront les dispositions de l’AME malgré son éventuelle modification.