Le droit d’asile dévoyé

A Angers, en juillet 2022, un Soudanais qui avait bénéficié du droit d’asile, a tué trois personnes à l’arme blanche, après avoir été accusé de deux agressions sexuelles. Il est évident qu’il y a parfois corrélation entre demandeurs d’asile et criminalité. L’asile, qui a toujours été considéré comme un droit sacré par toutes les civilisations, est devenu aujourd’hui une autoroute pour la régularisation de ceux qui entrent illégalement sur le territoire national. Il a été peu à peu détourné de ses fonctions pour devenir une filière d’immigration massive. Comment ?

Pour rentrer légalement en France, si l’on n’appartient pas à un pays de l’espace Schengen, il faut disposer d’un visa. Or, l’immense majorité des demandeurs d’asile viennent en France on le sait de manière irrégulière. Et lorsqu’ils se dévoilent en sollicitant l’asile, l’État leur remet une attestation de demande d’asile, comme une autorisation provisoire de séjour, et par cette simple demande leur séjour perd son caractère illégal, est régularisé, première aberration qui constitue un appel d’air considérable pour ceux qui sont amenés sur le territoire national soit par des passeurs, soit par des associations militantes. Il y a donc dès le départ un détournement procédural administratif en faveur du demandeur.

Il y a plusieurs sources juridiques au droit d’asile français. En premier lieu la source constitutionnelle : selon le préambule de la constitution de 1946 et la constitution elle-même, toute personne qui dans son pays combat pour la « Liberté » a le droit d’asile. Il y a ensuite l’asile dit « conventionnel », ainsi nommé parce qu’il a été défini par la Convention de Genève en 1951, visant toute personne qui s’estime persécutée pour des raisons politiques, des raisons raciales, ou même parce qu’elle est membre d’un groupe social déterminé. Ensuite il a été prévu la « protection subsidiaire » qui bénéficie à des personnes d’un territoire où il y a une guerre générant une violence aveugle. Et enfin la fameuse « protection temporaire » qui bénéficie actuellement aux Ukrainiens, plus précisément aux Ukrainiennes avec leurs enfants. Or, s’agissant de ces dernières, existe une différence fondamentale avec les autres bénéficiaires, elles souhaitent retourner dans leur pays à la fin du conflit contrairement à l’immigration extra-européenne.

Au rang des « ficelles » militantes insincères avancées pour justifier l’aide aux migrants, citons le cas du Conseil départemental de Gironde, donateur de 50 000 euros à SOS Méditerranée, et qui fonde sa décision d’aide aux migrants venant ici pour des raisons de misère, par le prétexte de « changement climatique » et par la guerre. Nous sommes là très loin de la Convention de Genève, très loin des « combattants de la Liberté ». Avec de telles méthodes, le nombre des demandes au droit d’asile est appelé à augmenter. Il y en a eu 156.000 en 2022, 200.000 sont attendues pour 2023, sachant qu’il n’y en avait que 41.000 en 2012. En dix ans, la demande a considérablement augmenté, au point que le pouvoir agissant sans discernement et sans limites se trouve débordé (on n’a jamais vu pareil ramassis d’incompétents idolâtres de l’imprévision par rapport à ce qu’ils souhaitent faire, ou de sabordeurs volontaires). L’État disposait en 2012 de 43.000 places de logement pour l’accueil des demandeurs, il n’y en a que 120.000 aujourd’hui. L’offre de logement pour les demandeurs d’asile a été multipliée par trois avec l’impôt du contribuable, mais c’est insuffisant puisque l’État parallèlement n’aligne pas ce qu’il fait rentrer avec ses capacités d’accueil. Pourquoi les cons uniquement mus par idéologie se retrouvent aux commandes et pas les gens sensés, la question nous taraudera éternellement. Résultat, des camps de tentes sont dressés à Paris et ailleurs. Par son dévoiement, il y a donc une distorsion en France entre caractère sacré de l’asile et les conditions d’accueil.

La France fait figure de pays incroyablement laxiste et généreux en matière d’asile. Beaucoup d’autres pays, plus raisonnables et dotés de bon sens ont mis en place le fait de traiter l’asile à l’extérieur de leurs frontières, évitant ainsi la situation française. Comment comprendre que les dirigeants français en soient encore là ? Imprégnation idéologique ? On connaît depuis au moins une dizaine d’années le refus par commodité de se confronter à ce dévoiement, profitant du fait que peu de gens connaissent les détails de cette question de l’asile. C’est l’éternelle question du lâche qui fuit les réalités.

Il y a eu selon les chiffres du ministère de l’Intérieur 316.174 titres de séjour octroyés en 2022, pour étudier, au titre du regroupement familial, etc. A côté de cette masse, le mécanisme de l’asile passe inaperçu. Il y a ensuite cette faiblesse ou ce refus des dirigeants à reconduire dans leurs pays d’origine les personnes déboutées du droit d’asile par les services administratifs. En 2012, 22 % des tristement célèbres OQTF étaient exécutées, le chiffre est tombé à 5,6 % en 2021. La gouvernance veut ardemment la submersion migratoire du pays, et dans les pires conditions.

L’État n’a pas construit assez de centres de rétentions administratifs, il est débordé par le nombre de plus en plus croissant de demandes d’asile, 60 % des demandeurs sont déboutés, mais ils ne sont pas expulsés et demeurent donc ici malgré tout. Il y a donc de plus en plus de personnes qui restent sur le territoire, et qui un jour ou l’autre se feront régulariser, parce qu’entre temps elles se sont mariées, ont eu des enfants, elles travaillent et paient des impôts (même si c’est du travail clandestin, autre aberration, pecunia non olet). C’est bien un choix politique. On assiste donc aujourd’hui en France à une juxtaposition de communautés. Les Bangladais sont la deuxième communauté de demandeurs d’asile, la plupart ne répondent pas aux sources juridiques décrites plus haut, ils sont donc déboutés, mais restent néanmoins en France, y construisent une vie au sein de leur communauté, une vie en marge de la vie nationale.

Autre aberration dont est pavée cette entreprise, l’État délègue sa propre autorité à des associations militantes subventionnées qui elles-mêmes décident finalement, et c’est bien là le scandale, de la politique d’immigration de la France sans que les Français eux-mêmes aient eu leur mot à dire. Le rôle de ces associations est protéiforme. L’État leur délègue toute la gestion de la demande d’asile. Quand un demandeur d’asile arrive en France, il est pris en charge par une association qui le conduit à la Préfecture. C’est dans ce cadre de prise en charge que le Syrien ayant poignardé des bébés à Annecy avait pu de même faire préalablement plusieurs demandes, en Suède, en Suisse, en Italie, on se doute bien que, sans moyens financiers, ce n’est pas lui personnellement qui s’était déplacé dans tous ces pays pour frapper à la porte des services administratifs, ce travail est pris en charge par les petites mains de ces associations de renégats œuvrant contre nos pays. Au rang de ces associations, la Cimade, le Gisti, France Terre d’Asile, Utopia 56, ou Coallia (fondée par le funeste Stéphane Hessel, « Indignez-vous ! ») qui génère dans cette activité subventionnée un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros annuellement ! C’est à un véritable commerce instrumentaliser cette misère humaine, auquel nous avons affaire avec ce type d’associations. Et pour ces dernières, ce n’est jamais assez : les frontières doivent être abolies (celles de l’espace Schengen puisqu’en interne c’est déjà fait), les étrangers doivent pouvoir rentrer en France sans discernement d’origine, de culture et de nombre, simplement parce qu’ils ont un caractère d’extranéité, et même s’ils ne répondent pas aux conditions d’entrée il faut les accueillir, les loger (de plus en plus d’hôtels sont réquisitionnés en Ile-de-France à ce effet), scolariser leurs enfants, leur donner une aide financière (900 euros mensuels pour un couple ne bénéficiant pas d’un hébergement le temps de l’instruction du dossier, et plus il y a de demandeurs à traiter, plus c’est long, L’Ofpra chargée de l’instruction des dossiers c’est 103 millions de budget annuel et mille personnes qui scrutent la demande d’asile), la protection universelle maladie (la Puma), ce qui génère un coût très important pour les finances publiques. Ne serait-ce que l’hébergement des demandeurs d’asile acceptés coûte plus d’un milliard par an. L’hébergement d’urgence pour ceux qui sont déboutés, 200.000 places, c’est trois milliards annuels. Il y a vingt ans le demandeur d’asile envoyait un simple dossier à l’Ofpra, aujourd’hui avec les législations successives accumulées (dont le Pacte de migration et d’asile de la Commission européenne sous l’égide de la funeste Ursula von der Leyen) il a l’obligation d’être entendu par un officier de protection avec l’aide d’une association ou d’un avocat. Les ressortissants pourtant européens, frères de civilisation, venus en France dans les années 1950, 1960, n’ont jamais connu de telles largesses. Nous connaissons personnellement un Serbe arrivé en 1956, qui, n’ayant que les moyens de se payer une chambre d’hôtel, a passé son premier mois à Paris avec un domino de sucre et une baguette de pain pour toute nourriture, le temps de toucher son premier salaire. Le délire de générosité octroyé aux zones les plus arriérées de la planète en comparaison laisse pantois. De fait, tout est à la hausse, le nombre de demandeurs, et le nombre d’admis (12 % en 2012, 25 % actuellement).

Pour finir ce tour d’horizon, d’étranges motifs peuvent être avancés. La Cour nationale du droit d’asile (passant totalement inaperçue du grand public, on découvre son existence en s’intéressant au sujet !) a rendu deux jurisprudences en 2021 octroyant l’asile politique à une Ivoirienne et une Malienne au motif fallacieux qu’elles étaient victimes d’un mariage forcé. Plus d’un tiers des femmes habitant l’Afrique sub-saharienne faisant l’objet de mariages forcés, vous pouvez imaginer le nombre de personnes qui aujourd’hui avec un tel comportement des juges peuvent solliciter un asile politique en France.