La catastrophe est telle qu’il ne faudra jamais cesser de pointer la responsabilité coupable et accablante de la politique libérale à travers ses deux représentants, le patronat français et ses alliés politiciens, dans le désastre de l’identité et de l’immigration que subit la France actuellement. Il est clair que le sujet de l’immigration de peuplement est devenu l’un des premiers sujets politiques et l’un des premiers sujets de débat français. Il est clair que la composition et l’origine de la population française ont changé de manière considérable, visible, et non maîtrisée au cours des trente dernières années. Dans cette situation, la seule position absolument intenable est celle qui consiste à continuer de dire qu’il ne se passe rien. Et c’est la position qu’adoptent les niais, les tartuffes, et les escrocs.
Les niais qui considèrent « passez, il n’y a rien à voir », sans mesurer la misère sociale, la misère identitaire, qui se sont développées et qui ont fait irruption sur la scène politique. Les tartuffes sont ceux admettent qu’il se passe bien quelque chose, sans doute loin d’eux, trouvent les moyens de s’en protéger à titre personnel et familial et jugent, comme c’est un sujet qui fait mal, qu’il convient surtout de ne pas en parler. Et puis les escrocs, ce sont tous les manipulateurs de l’opinion publique qui savent très bien qu’en définitive ce qui se passe sur le terrain de l’immigration de l’immigration de peuplement et de l’immigration de travail est un moyen très efficace de détruire nos systèmes de protection sociale, de détruire la cohésion sociale de la nation, un moyen finalement d’augmenter les dividendes et les stock-option, ça n’est pas un hasard si tant de patrons de grandes entreprises se font les chantres intéressés de la « diversité ».
La réalité vécue par les Français est d’une toute autre nature. La majorité d’entre eux considère désormais que dans leurs mœurs, dans leurs lois, dans leur manière de faire société, ils se trouvent bousculés, empêchés, ce qui se traduit chez beaucoup par une conscience diffuse mais montante qu’ils se trouvent face à une situation d’invasion. On ne peut pas nier ce vécu qui considère que beaucoup de Français ont tout simplement la désagréable sensation qu’ils ne sont plus chez eux, sur leur terre, dans leurs lois et dans leurs mœurs. Le problème est venu du drame du déracinement de gens qui n’avaient pas en commun avec les Français le même creuset civilisationnel européen (contrairement aux immigrés venus d’autres pays de notre continent). Et il faut mesurer ce qui a été nié farouchement au cours des quarante dernières années sur le déracinement de ces populations extra-européennes, il faut mesurer l’immense misère sociale de gens qui ont été jetés sans préparation, sans accompagnement dans un univers dont ils ne comprennent ni les mœurs ni les règles. Le drame du déracinement est le premier drame de l’immigration. Certains et leurs enfants s’en sont tirés, soit. Mais aujourd’hui la coupe est pleine. Ce drame du déracinement est aussi le drame des Français qui se voient confrontés à une population, à des mœurs, à des habitudes de vie dont ils ne connaissent rien, dont ils ne comprennent rien, sinon que c’est un empiètement sur leur propre mode de vie. Il faut se souvenir de ce qu’étaient Sarcelles ou Chanteloup-les-Vignes dans les années 1970, au moment où on décide de construire les villes nouvelles, au moment où pour s’épargner l’achat de robots et la mécanisation (choix que fera le Japon), de grandes entreprises notamment dans l’industrie automobile décident d’entretenir de façon archaïque les méthodes de la Révolution industrielle du XIXe siècle, du taylorisme et du fordisme, en faisant venir des villages entiers du Mali, de la Haute-Volta (devenue depuis Burkina Faso), d’Algérie ou du Maroc, en France. Au moment où l’on construit les villes nouvelles pour héberger cet afflux de migrants, ce sont des villages paisibles d’Ile-de-France, ce sont des villages dont tout évoquait la France de toujours, la France rurale, la France des clochers, et la France des racines, qui d’un seul coup se trouvent plongés sans aucune concertation, sans débat, au nom de la modernisation et au nom de la croissance, dans cet univers inhumain des tours, des grands ensembles, et de l’isolement de populations qui n’ont rien à se dire parce qu’elles ne partagent rien. Violence pour les migrants déracinés au nom d’une mobilité économique qui cherche à reproduire pour les hommes ce qu’elle applique au capital, aux biens et aux services, et misère sociale des Français qui se trouvent bousculés dans leurs mœurs et dans leurs habitudes sur la terre qui était la leur, dans le cadre de vie qui était le leur et qu’ils n’ont pour l’heure pas retrouvé.
Quand on a dit cela, on mesure bien les responsabilités. La responsabilité première n’est ni celle des immigrés (elle vient après chez ceux des générations suivantes qui se comportent en casseurs, en pillards, en agresseurs), ni celle des populations d’accueil. La responsabilité essentielle est celle d’un système économique qui pratique l’isolement comme meilleur moyen de réduire chacun à sa situation de consommateur désirant. La véritable responsabilité est celle d’un système économique qui considère chaque individu simplement comme un acteur économique isolé, réduit à un sujet du marché, et réduit à un objet de droit. Mais maintenant que le mal a été fait par ce tandem infernal patronat/politiques, il est plus que temps de ne plus transiger sur le sujet des frontières, ne plus transiger sur le sujet des lois, et ne plus transiger sur le sujet des règles de vie. Il n’est pas vrai qu’à l’intérieur d’une société confiante et paisible on puisse tout tolérer en matière de diversité de comportement et de diversité de choix individuels. Certains prétendent, parce qu’on leur a un temps dit que c’était leur droit et la volonté du pouvoir, de vivre chez nous comme chez eux. Ils ont tort. Nous sommes tout à fait légitimes à préférer que certains choix individuels de vie se fassent, mais à 3 000 kilomètres d’ici plutôt que dans nos rues ou dans nos immeubles.
C’est aux Français de dire avec qui ils veulent vivre, c’est aux Français de dire quelles sont les conditions d’accès à la nationalité, et c’est aux Français de dire quelles sont les conditions d’accès aux prestations sociales et au droit jugé bien à tort inconditionnel, parce qu’il y a des Français qui se sont battus pour eux, il y a une société qui paie pour eux, et donc c’est une société qui a le droit de dire qui en sont les bénéficiaires. L’autonomie des Français dans la définition des conditions d’accès à la nationalité et des conditions de présence sur le territoire français, doit être rétablie. On ne peut à cet égard que s’indigner des ingérences multiples d’ONG, de fondations, de gouvernements étrangers, qui se mêlent de dicter à la France ce que devrait être sa politique en matière d’ouverture à l’immigration, en matière de politique de diversité.
Sur le mouvement des hommes, il ne faut pas se voiler les yeux, derrière le mythe idéalisé du « nomade » libre d’aller et de s’établir où bon lui semble, c’est un véritable trafic d’esclaves qui a lieu mené par des mafias. Nous sommes sur un trafic d’êtres humains que cache le visage ensoleillé du nomadisme généralisé et d’un monde sans frontières. Mettre fin à ce trafic d’esclaves veut dire reprendre le contrôle des frontières donc abroger l’espace Schengen ou bien en sortir, veut dire réaffirmer son identité, veut dire aussi en finir avec l’idéologie d’un libre-échangisme et d’un « sans-frontiérisme » sans mesure. Une société vivante ne survit que si elle maîtrise ses échanges avec l’extérieur. Une société ne peut vivre que si elle sait prendre de l’extérieur que ce qui lui est utile, se fermer à tout ce qui va lui être nuisible, qui va la miner ou la détruire de l’intérieur. C’est le choix que nous avons à faire, et c’est un choix de dignité et de respect.
Il ne faut pas se faire d’illusions, l’uniformisation mondialiste, la mise en conformité imposée par les « droits », par le marché, et par l’isolement de l’individu à qui l’on fait croire qu’il est « souverain », c’est la voie du malheur assuré pour tous, au nom d’une croissance économique, au nom d’intérêts financiers, au nom de mafias et au nom de réseaux qui savent très bien l’intérêt qu’ils ont à détruire toute société constituée, à détruire toute identité, à en finir avec les frontières, là où ça résiste. Les Français qui ont laissé dériver cette situation depuis plusieurs décennies ont à réapprendre dans les années prochaines ce que sont les séparations fécondes, les discriminations vitales, et la frontière qui sauve.
