L’occupant actuel de l’Élysée a certes été élu formellement par les Français, mais dans des conditions de promotion, de publicité, de couverture médiatique avec tous les artifices (le cadrage, le « priming »…) pour le favoriser outrageusement et dénigrer les autres. Il a été élu en 2017 de façon totalement injuste, et réélu en 2022 sans même qu’il y ait eu de campagne. Il a été porté pour promouvoir des politiques voulues par des milliardaires groupusculaires et non pas voulues par les Français.
Et en conséquence depuis six ans, son numéro est celui d’un funambule pour appliquer des lois en France à un peuple qui n’en veut pas. Il y va à coups d’article 49.3, et de temps en temps il fait semblant de prendre l’avis des Français, avec les cahiers de doléances des Gilets jaunes rédigés par des centaines de milliers de Français et mis ensuite au panier avec un mépris écœurant ; avec ensuite le « Grand débat » ; puis avec la « Convention citoyenne sur le climat » qui a fini elle aussi aux oubliettes ; puis avec son « Conseil national de la refondation » (le CNR à l’anagramme reprenant celui du Conseil national de la résistance de De Gaulle) dont le rapporteur a claqué la porte récemment face à la vacuité et à l’inintérêt pour ce « machin » ; puis avec cette « initiative politique d’ampleur », cette IPA à laquelle l’opposition a participé comme des petits chiens à qui il donne des croquettes dans un gueuleton final. Un foutage de gueule permanent. Si une véritable opposition était là, cela fait longtemps qu’elle aurait lancé la procédure de destitution en vertu de l’article 68 de la Constitution, et pour des raisons extraordinairement puissantes et lourdes, à commencer par le fait que l’exécutif actuel piétine la Constitution sur un très grand nombre de domaines, l’un des principaux étant par exemple l’engagement militaire de plus en plus important en Ukraine contre la puissance militaire mondiale de premier plan qu’est la Russie, sans aucun débat à l’Assemblée nationale et sans aucun vote, ce qui constitue une violation expresse de l’article 35 de la Constitution. Un funambule qui baigne dans la forfaiture servi par des toutous à la gamelle qui préfèrent sacrifier la vie du pays au risque de ne pas retrouver leurs fauteuils à la prochaine élection législative si le président était destitué, voilà à quoi ressemble le tableau de la classe politique française. La question n’est pas de savoir si la procédure de destitution aurait eu ou non des chances d’aboutir, c’est là un argument prétexte pour ne rien faire. Lancer la procédure de destitution selon l’article 68 aurait eu en revanche un retentissement en France et à l’étranger. Et les médias français auraient bien été obligés d’expliquer aux Français à qui on les cache, tous les manquements à la Constitution commis depuis six ans. En matière de soutien militaire, l’article 35 de la Constitution prévoir qu’en cas d’engagement militaire à l’étranger, au bout de quatre mois de cet engagement, le pouvoir exécutif doit aller devant l’Assemblée nationale répondre à un débat se poursuivant par un vote en faveur ou pas de l’engagement du pays. La vente ou la cession d’armes et de financements, la fourniture d’instructeurs militaires et probablement quelques soldats discrets, à partir du moment où des armes françaises tuent des Russes, tout ceci peut être clairement considéré comme un engagement. Or, rien de la consultation des parlementaires n’a été fait. Le président français est seul, il n’a pas de majorité à l’Assemblée nationale, et il continue à faire ce qu’il veut !
Il y a la lettre de la Constitution, et il y a son esprit. De 1958 à 1969, il y eut sous De Gaulle un référendum tous les deux ans en moyenne. Et plus rien jusqu’à celui de 2005 qui a été bafoué comme on sait par Nicolas Sarkozy et les parlementaires. L’oligarchie en place depuis 1969 ne veut pas donner la parole aux Français, parce que si elle le faisait honnêtement, il se heurterait au fait que les politiques qu’il applique ne sont pas voulues par les Français. L’esprit initial de la Constitution a été totalement dévoyé s’agissant de la consultation du peuple. La présidente de l’Assemblée nationale se disait début septembre tout à fait favorable à des référendum notamment sur la généralisation du service national universel et sur la fin de vie, sujets qui ont certes leur intérêt, mais quid du reste ? Ces gens sont une caste aristocratique, mais sans noblesse, qui décide qu’il y a des sujets que l’on pourrait donner au bas peuple c’est-à-dire des amusements, qui n’ont pas d’incidence très profonde sur l’évolution de la nation, mais qu’en revanche l’engagement contre la Russie, la poursuite de notre présence dans l’Union européenne dont le solde entre ce que nous avons versé et ce que nous avons reçu en vingt-deux ans nous est négatif de 130 milliards d’euros, nous avons le sang sucé par cette affaire et par les dizaines de milliards que l’on envoie en Ukraine, et personne n’aurait le droit d’en débattre ?
Dans quelle sorte de démocratie fantoche vivons-nous, se limitant à donner la possibilité tous les cinq ans de changer le visage au pouvoir sans changer ce qui est fait ? La France ne vit pas en démocratie, et ses responsables n’assument pas cette vérité aux yeux de l’opinion, ils y perdraient leur position et leur fortune s’ils le faisaient. Après avoir lu ces lignes, nous vous suggérons d’en faire le complément avec notre autre article Sommes-nous en démocratie ? et ceux rangés sous la même thématique (République, Démocratie, Vie politique française).
