La politique juive des anglo-américains

Ces passages signés Aymeric Chauprade dans sa Géopolitique, Constantes et changements dans l’histoire, montrent que la politique actuelle de l’Otan en Ukraine instrumentalisant Zelensky contre la Russie n’est que la continuation de celle poursuivie de longue date par l’Angleterre utilisant les Juifs pour maintenir sa domination économique et diplomatique sur notre continent. Et tant qu’il y aura des européens félons vendus aux intérêts extra-continentaux de l’Europe, comme c’est le cas de la présidence française actuelle… (qui vient d’acter ce 11 juillet 2023, seul, arbitrairement, sans vote parlementaire sur des décisions aussi graves, de fournir des missiles de longue portée au Levantin Zelensky).

En mars 1915, le général Barrow, responsable de l’India Office, rêve d’un Empire britannique englobant l’Égypte, la Palestine, la Mésopotamie, parcouru d’une ligne continue de chemin de fer anglais allant de Acre ou Haïfa jusqu’à Bagdad et au Golfe, en passant par Damas, et connecté avec le chemin de fer égyptien. Les Anglais souhaitent de plus en plus une continuité territoriale entre l’Égypte et l’Irak. 

A partir de 1917, cette idée de continuité territoriale rencontre l’idée sioniste. Le projet d’un foyer national juif rencontre de fortes sympathies en Angleterre au moins depuis les années 1830-1840 lorsque Henry John Palmerston (premier ministre du Royaume-Uni) défendait une Palestine juive faisant obstacle aux ambitions françaises et russes. Le protestantisme puritain de l’Angleterre ne voit pas d’un mauvais œil cette idée messianique du retour des Juifs en Terre sainte. Ce même arrière-plan religieux explique aujourd’hui les sympathies américaines à l’égard d’Israël, notamment dans certains milieux protestants traditionalistes – avec en plus le parallèle entre ces deux Terres promises que sont l’Amérique pour les colons qui fuirent le catholicisme de la vieille Europe et la Palestine pour les colons juifs.

En Europe, lorsque s’ouvre l’année 1917, la guerre s’éternise ; les pertes sont terribles. Les États-Unis hésitent à entrer en guerre ; la Russie, en pleine tourmente bolchevique s’apprête à en sortir. Le pacifisme progresse partout. 

Le gouvernement anglais est de plus en plus convaincu qu’il est possible d’utiliser la communauté juive d’Amérique pour pousser celle-ci à entrer en guerre contre l’Allemagne, et ceci quitte à proposer aux États-Unis de s’associer au parrainage d’une Palestine sioniste. Les Anglais sont aussi convaincus de pouvoir utiliser les milieux juifs russes pour tenter de maintenir la Russie à leurs côtés.

La politique anglaise du levier juif présente donc tous les avantages : elle crée un État client au Moyen-Orient assurant la continuité des territoires impériaux et permet aux États-Unis et à la Russie de s’impliquer dans la guerre.

L’appui de l’Angleterre au sionisme, durant la Première Guerre mondiale, annonce celui des États-Unis à Israël, après la « décolonisation anglaise ».

Après la Deuxième Guerre mondiale, les Anglais sont débordés par le sionisme ; ils pensaient pouvoir concilier celui-ci à leur politique arabe favorable à la Transjordanie. Ils se sont trompés. Le terrorisme sioniste les déborde ; l’État d’Israël est proclamé le 14 mai 1948 ; les Anglais aident la Légion arabe jordanienne contre les troupes sionistes durant la première guerre israélo-arabe de 1948. L’État d’Israël fait alors de la France de la IVe République son allié et son principal fournisseur d’armes et ce, jusqu’au relais américain, à partir de 1967. Mais en condamnant la guerre lancée par les Israéliens contre les Arabes, en juin 1967, De Gaulle ouvre l’ère d’une alliance forte entre les États-Unis d’Amérique et Israël.

A partir de cette époque, les sionistes sont conscients de la nécessité vitale d’une orientation des États-Unis d’Amérique qui leur soit favorable. A cet effet, ils organisent aux États-Unis un puissant lobby électoral pro-sioniste capable de peser suffisamment sur le Congrès américain pour garantir que celui-ci ne votera pas de décisions contraires à l’intérêt d’Israël. Les questions de l’aide économique et militaire sont tout particulièrement surveillées. Durant la Guerre Froide, l’argument anti-soviétique est utilisé par le lobby juif pour que les intérêts stratégiques américains s’alignent sur ceux d’Israël.

Comme l’écrit Henri Laurens, « un véritable quadrillage du système politique sera mis en place : les interventions de chaque membre du Congrès dans les débats concernant le Moyen-Orient seront systématiquement analysées et tout parlementaire, trouvé trop hostile ou même simplement tiède, verra ses adversaires, lors de l’élection suivante, financièrement et politiquement soutenu tandis que l’ami d’Israël recevra une aide conséquente. Cette influence grandissante du lobby sioniste s’exercera parfois en dehors des questions concernant directement le soutien accordé à Israël : les pays désireux d’obtenir telle ou telle faveur des États-Unis sauront rapidement que les décisions du Congrès sont souvent conditionnées par leur propre attitude envers l’État hébreu ».

La puissance du lobby pro-israélien n’a pas faibli après la disparition de l’Empire soviétique. Les principaux financiers du parti démocrate américain ont la nationalité israélienne et le parti républicain est également fortement soumis au lobbying israélien.

Dans les années 1950, les États-Unis disposaient encore dans le monde arabe, et dans le Tiers Monde en particulier, d’une aura favorable : les Américains avaient été les promoteurs du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et les pourfendeurs du colonialisme de la vieille Europe. Le communisme était un repoussoir pour la grande majorité des Arabes, croyants et refusant l’idée de matérialisme athée. Jusqu’au président Kennedy – assassiné en novembre 1963 -, les États-Unis maintiendront une ligne d’équilibre entre les Arabes et les Juifs au Moyen-Orient ; à partir de 1964 et du président Johnson, le basculement de la politique américaine en faveur de l’État d’Israël, officiellement motivé par les impératifs de lutte anti-soviétique, est explicite et le restera.

Sans le soutien ferme de Washington, Israël n’aurait sans doute pas pu devenir une grande puissance du Moyen-Orient et atteindre les buts du sionisme, à savoir coloniser l’ensemble du territoire de la Palestine mandataire.