Qui contrôle le passé contrôle le futur

L’histoire est aujourd’hui un champ de bataille au cœur de la guerre culturelle qui traverse la société occidentale. Nouvel épisode délirant de « négrification » de notre passé (on a vu parmi d’autre exemples nombreux Marguerite d’Anjou interprétée par une actrice black), la télévision publique en Suède s’est engagée dans un immense projet documentaire sur l’histoire du pays, et tente de faire accréditer dans l’opinion que les premiers Suédois, ceux des origines, étaient noirs. Dans ce documentaire, ils sont interprétés par des « migrants » extra-européens, Africains notamment, en peaux de bêtes et effets numériques leur faisant des yeux bleus de glace. Les outrances lyssenkistes à l’œuvre dans cette entreprise de grande falsification/réécriture atteignent des sommets probablement indépassables.

Nous voilà devant un cas de réécriture de l’histoire version Maître Gims à la puissance dix. Une précédente série Netflix sur Cléopâtre se présentait déjà comme une série documentaire. Des personnages réels ou de fiction qui étaient historiquement vus comme des européens, sont transformés en Africains pour les besoins de la « visibilité des minorités ethniques ou raciales » présentes aujourd’hui, et pour fabriquer à ces populations un rôle qu’elles ont été incapables d’avoir dans l’histoire de cette planète. On transforme l’iconographie. La falsification de nos héros légendaires, de nos personnages de littérature et de fiction est déjà inadmissible (James Bond – peut-être un prochain jour – ou Frère Tuck n’ont pas à être joués par des acteurs black) puisque cela constitue une falsification des œuvres littéraires. Mais quand on présente un projet documentaire et on décide aussi ouvertement de basculer du registre de la vérité historique à une modification idéologique, la chose surprend, pour parler par euphémisme. Projet immense de la télévision suédoise : 300 historiens, 3 ans de travail. L’histoire de la Suède de l’ère glaciaire à nos jours. Ce genre de projets est fait pour que tous s’approprient la conscience collective, la mémoire du pays. Et dans ce projet, tout se fonde sur un mensonge initial. On nous explique que les Suédois à l’origine n’étaient pas une population « européenne » mais africaine. C’est en somme le recyclage et une tentative de restauration de la théorie pourtant démentie désormais de longue date par les anthropologues et les paléontologues, du « Out of Africa » ayant essaimé sur les cinq continents. 

Quel est l’argument fallacieux utilisé ? Celui selon lequel puisque nous venons tous de l’Afrique (ce que les datations les plus récentes ont démenti il faut encore le rappeler), il est naturel de présenter les premiers Suédois comme des Africains. Sauf que là, factuellement, ça ne passe pas. C’est décider de réécrire faussement les origines d’un pays pour rendre l’histoire conforme au catéchisme multiculturaliste, lequel se radicalise, car non seulement il faudrait désormais adopter les mœurs des populations qui nous rejoignent, se montrer accueillants à leur endroit, mais l’activisme multiracial enragé se permet même de réécrire le passé et mentir sur les origines pour bricoler une histoire « diversité-compatible », en Suède comme un peu partout ailleurs. Les temps que nous vivons ont bien rejoint le cauchemar Orwellien, c’est le travail de Winston Smith de réécrire sans cesse le passé selon les instructions du pouvoir dans 1984.

Il y a eu aussi l’exemple, en Finlande il y a quelques années, d’une série qui présentait Carl Mannerheim (le « Général de Gaulle local ») interprété par un noir. Au nom de la « visibilité » des populations qui sont arrivées, il faudrait donc leur accorder une visibilité maximale dans l’espace public. La chose témoigne de l’importance accordée à la question raciale par des gens qui vous disent par ailleurs que les races n’existent pas. Paradoxe, les activistes à la manœuvre avec cette série disent qu’il faut gommer l’origine raciale du peuple suédois pour la remplacer par une nouvelle origine raciale de l’identité qui, elle, a droit de cité. Ces entreprises témoignent surtout d’une chose : une histoire étrangère à la Vérité. L’histoire a toujours été un instrument orienté, puisque écrite par les vainqueurs ou par ceux qui tiennent le pouvoir, mais elle bascule aujourd’hui dans un degré d’exigence idéologique jamais atteint jusqu’à présent. La science, la recherche historique, se soumettent à l’idéologie, sacrifient le principe de vérité pour se mettre au service d’une propagande, et démontrer ce qu’affirme cette idéologie quels que soient les faits, quelles que soient les réalités et les raisonnements. Nous le disions en introduction, nous sommes pleinement dans le lyssenkisme. Donnons-en par ailleurs quelques exemples contemporains : la démographie bien sûr, lorsque l’on nous explique qu’il n’y a pas de submersion migratoire, que c’est une vue de l’esprit, un fantasme d’extrême-droite ; la biologie, les sexes n’existent pas ; la sociologie, la nature humaine n’existe pas, tout est pure construction sociale ; et désormais l’histoire en Suède où l’on nous explique que les premiers Suédois étaient donc des Africains.

Époque de fous, qui consent à l’établissement du mensonge en véritable institution. Ils voudraient nous faire vivre dans le mensonge officiel, que nous savons être tel, nous obliger à le traiter comme la vérité, et de surcroît nous faire dénoncer ceux qui crient au mensonge en les accusant de désinformation. Qu’ils ne comptent pas sur nous. On sait pertinemment dans le cas d’espèce que les premiers Suédois n’étaient pas africains, nous savons qu’il y a une submersion démographique extra-européenne, nous savons que les hommes et les femmes existent et que le non-binaire n’est pas l’identité de référence de l’espèce humaine. Mais qui prend le risque de l’affirmer publiquement encourt la mise à l’écart sociale, le bannissement. Défier l’idéologie officielle, c’est s’exposer à la punition. En public, le faible dira le contraire de ce qu’il peut penser parce que c’est la condition de sa participation au cirque social, à la promotion sociale, il doit répéter les bons slogans au bon moment. Il est ce que vomit cette citation de Ezra Pound : « Si un homme n’est pas prêt à prendre un risque quelconque pour ses idées, soit ses idées ne valent rien, soit c’est lui qui ne vaut rien ».

Quel problème, quel danger, pose cette institutionnalisation du mensonge, ce fait de consentir à dire des choses que l’on sait fausses pour ne pas risquer sa position en société ? c’est que l’on n’est plus capable de distinguer le vrai du faux. Ils veulent nous faire vivre dans une société où le réel devient insaisissable. Devoir par idéologie toujours adhérer au mensonge du moment et le répéter comme dans 1984 d’Orwell, fait que l’esprit finit par ne plus être à la recherche de la vérité, finit par ne plus chercher à comprendre ce qui se passe, il cherche à s’adapter aux codes du politiquement-correct médiatique dans l’espoir d’être bien vu par les colleurs d’étiquettes qui octroient les bonnes ou les mauvaises réputations, bien vu par les ministres serviles, ce petit monde qui cherche à nous faire basculer dans une forme de schizophrénie politique et culturelle, nous faire devenir étrangers au monde réel, donc intégralement manipulables par une désinformation subventionnée massivement présente dans nos pays.

Toute cette entreprise de falsification/réécriture est l’exacte application du slogan Orwellien : « Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé ». On ne peut pas continuer à vivre sous l’empire de ces fripouilles.