La culture de la sécurité désigne des automatismes, pratiques, attitudes accessibles à tout le monde, enseignés dans le but d’améliorer la sécurité de nos communautés. Face à des outils de coercition et de répression toujours plus avancés, la résistance doit s’imposer une culture tirant les leçons des failles de sécurité de nos prédécesseurs, pour une réponse préventive adaptée – évitant l’excès de paranoïa ou le laxisme – tout en restant souple et actualisable. Nous présentons ici un petit guide pratique et quelques informations utiles en la matière.
Face à la machine de répression, dont l’action sera sans merci n’en doutez pas, et contre l’insécurité inhérente à la submersion migratoire que le pouvoir promet désormais officiellement de répandre jusque dans les campagnes, les Français blancs, les « Gaulois » qui ont déjà choisi de se rassembler en groupes d’entraide, en communautés de vie, si rien ne change par la voie des urnes, vont devoir dans leur action future de résistance adopter certaines mesures, réflexes de défense, en garantie de confiance collective, que ce soit pour la vie courante ou dans le cadre d’actions de lutte clandestines. Il leur sera donc le cas échéant indispensable d’appliquer certains principes avec rigueur.
Principes de la culture de sécurité
Dans un groupe, se protéger soi-même c’est protéger les autres et inversement. Il n’y a pas de sécurité collective sans confiance : si vous agissez dans la clandestinité, cantonnez-vous aux informations nécessaires pour réussir votre action.
Cela va de soi, mais ça va mieux en le disant, ne parlez pas de votre implication ni de celle de quelqu’un dans la clandestinité et dans des actions illégales. N’interrogez pas les autres à ce sujet. Si l’on vous en parle, expliquez à la personne qu’elle n’a pas à vous tenir au courant de ses activités. Le cloisonnement est gage de sécurité. N’oubliez pas que sauf à être constitué dès le départ de gens qui se connaissent (amis, membres familiaux), fiables, et demeurant fermé à d’autres entrées, tout groupe peut être sujet à infiltration par des fonctionnaires du Renseignement.
Vous pouvez discuter d’actions passées de désobéissance civile connues du public, en ne citant aucun détail, lorsque vous vous adressez à des personnes convaincues ou qui pourraient vous soutenir.
Vous pouvez évoquer toutes les formes de résistance, comprenant le sabotage mais cité en tant que méthode sans désigner de cible ni de mode opératoire, tant que vous vous exprimez dans un climat favorable ou que vous pensez favorable (personnes à convaincre, public connu ou public large lorsque vous êtes entraînés), sans perdre de vue une fois encore que dans un groupe privé comme dans un public il peut se trouver un fonctionnaire du Renseignement infiltré ou présent incognito. Ne mentionnez aucun détail et ne faites jamais en public d’appels explicites à la violence.
Concernant la police et les services de Renseignement se présentant ouvertement comme tels dans leurs prises de contact : ne leur parlez jamais. Ils ne sont pas animés par un sentiment de justice. Sous pression de leur hiérarchie, soumis à leur « bon déroulement de carrière », leur but est de récolter tout ce qui pourra instruire à charge contre vous. Vous n’avez à justifier de vos actes si vous le souhaitez que devant un magistrat alors garder le silence est le meilleur moyen de ne rien révéler sans avoir à mentir. Le « mandat » de perquisition vulgarisé par le cinéma américain n’existe pas en France. En procédure pénale française, vous n’avez pas le droit de vous opposer physiquement à une perquisition si elle a lieu dans le cadre d’une information menée par un juge d’instruction ou d’une enquête en flagrance. Votre accord préalable est nécessaire en revanche dans le cadre d’une enquête préliminaire. Détruisez systématiquement les documents dont vous n’avez plus besoin.
Tenez-vous informés des lois en vigueur et à venir ainsi que de la jurisprudence. Cherchez à vous entourer d’avocats et de juristes compétents. A défaut, que certains se forment en matière pénale. Échangez régulièrement vos informations utiles avec votre groupe.
Une bonne sécurité passe par une compréhension des outils informatiques et numériques. Suivez les guides, formez-vous collectivement, mettez en place une routine de sécurité.
Organisation à visage découvert et organisation clandestine
Les organisations à visage découvert agissent dans le cadre de la loi ou en marge de celle-ci, mais en se prémunissant de nombreuses sécurités (médiatisation, soutien de masse, avocats, caisse de solidarité pour faire face à la répression). Bien que facilement identifiables, elles n’ont aucune obligation de transparence. Ainsi la retenue d’informations s’impose.
Les organisations clandestines comme leur nom l’indique opèrent cachées pour ne pas avoir à subir une répression potentiellement fatale pour le groupe. Les règles de sécurité sont plus strictes que pour les organisations à visage découvert. Il est impératif de choisir entre l’action à visage découvert et l’action clandestine avant de pleinement s’engager dans le militantisme. Opérer sur les deux fronts mettra en danger votre couverture ou exposera votre organisation identifiable à un risque de persécution par les autorités. Il est donc impératif que ceux qui s’engagent dans la lutte clandestine soient totalement « vierges médiatiquement », ne se soient jamais fait connaître par des participations, des prises de parole publiques (manifestations, réunions, profils de réseaux sociaux…), même sous pseudonymes, les services d’investigations ne doivent rien savoir de ces militants clandestins.
Questions/Réponses
« N’est-il pas plus sûr que tout le monde masque totalement son identité ? »
Toute activité laisse des traces que les services de Renseignements savent exploiter et il serait naïf de considérer pouvoir rester totalement anonyme. S’embarrasser de mesures trop contraignantes inadaptées éteint la capacité à agir. Une bonne culture de sécurité offre un bouclier préventif satisfaisant et assure nos arrières en légitimant vos actions.
« Utiliser internet pour une révolution est une bêtise, tu serais mieux suivi que le petit Poucet. »
Exploiter les outils numériques comporte des risques de traçage et de vol de données, mais ceux-ci sont compensés par l’utilité des dits outils. Il serait idiot pour une organisation à visage découvert de se priver de l’efficacité des outils numériques pour communiquer, échanger ou se former. Des attitudes ou protocoles adaptés diminuent rapidement une majorité des risques encourus. Par exemple les informations seront transmises par des canaux en adéquation avec la criticité et l’urgence du message. Quoi qu’il en soit, si cela n’a pas de caractère urgent, le courrier postal reste le moyen le plus discret de communication et d’échange.
« Comment gérer les profils imprudents ? »
La culture de la sécurité n’est pas innée et l’acquisition d’automatisme prendra du temps. Faites preuve de pédagogie avec ceux qui vont trop loin, mettez en lumière la responsabilité qui leur incombe (celle de la survie du groupe). Prenez garde à ne pas qualifier sans preuve solide quelqu’un que vous soupçonnez d’être un infiltré, la plupart des erreurs étant dues à des résistants qui pensaient bien faire. Si la personne continue à enfreindre les règles de sécurité malgré les rappels, celle-ci doit être exclue du groupe.
Pour aller plus loin
Quelques sources et références empruntées à la mouvance d’ultra-gauche qui nous est ennemie, mais utiles en la matière.
• « Face à la police, face à la justice. Guide d’autodéfense juridique » par le collectif Cadecol (Syllepse, 2016, 2e édition), disponible en ligne.
• « Manuel de survie en garde à vue » disponible en ligne.
• Réseau d’autodéfense juridique collective (RAJCOL) : https://rajcollective.noblogs.org/
• Guide d’autodéfense numérique, en ligne ou en version papier chez Tahin Party
• Se procurer le livre Full Spectrum Resistance et voir le chapitre 6 sur la sécurité, Aric McBay, éditions LIBRE, 2020
• Refuser le fichage ADN
• Des outils et conseils utiles pour améliorer la sécurité sur le web (en français ici et là, en anglais ici et là)
