Encore un but : fidélité !

Avril 1945, Magda Goebbels écrit cette lettre d’adieu à son fils Harald qui n’était alors pas à Berlin.

Mon cher fils,

Depuis six jours nous sommes ici dans le Bunker du Führer, Papa, tes six frères et sœurs et moi pour mettre fin, de la seule façon honorable qui soit, à notre vie nationale-socialiste.

Je ne sais si tu recevras cette lettre. Peut-être, le destin me permettra-t-il de t’envoyer mes dernières amitiés. Tu dois savoir que je suis restée ici contre la volonté de ton père qui, dimanche dernier, voulait aider le Führer à sortir d’ici.

Tu connais ta mère, nous avons le même sang, pour moi il n’y avait aucun autre choix. C’est ici avec tous, que notre magnifique idéal s’est forgé et c’est ici, aussi, que ma vie durant, j’ai connu tout ce qu’il y avait de plus beau, de plus admirable, de plus noble et de meilleur.

La vie dans le monde qui vient après le Führer et le national-socialisme ne vaut plus la peine d’être, c’est pourquoi j’ai aussi pris mes enfants.

Ils sont trop bien pour cette vie à venir et Dieu miséricordieux me comprendra, si je leur donne moi-même la délivrance.

Tu vas continuer à vivre et je n’ai pour toi qu’une seule requête :

N’oublie jamais que tu es un Allemand. Ne fais jamais quoi que ce soit contre l’honneur et dans la vie, veille à ce que notre mort ne soit pas inutile.

Les enfants sont fantastiques. Ils s’entraident sans aucun soutien dans ces conditions précaires. Bien qu’ils doivent dormir sur le sol, qu’ils ne puissent se laver, qu’ils n’aient pas à manger, jamais une plainte, jamais de pleurs.

Des impacts ont secoué le Bunker. Les plus grands protègent les plus petits et leur présence ici est, par la même, une bénédiction qui temps à autre, fait sourire le Führer.

Hier soir le Führer a détaché sa décoration en or du parti et me l’a épinglée. Je suis fière et heureuse. Dieu, faites qu’il me reste assez de force pour accomplir le plus dur et ultime geste. Nous avons encore un but : Fidélité jusqu’à la mort au Führer. Que nous puissions terminer notre vie avec lui est une grâce du destin à laquelle jamais nous n’aurions pu penser.

Harald, mon cher garçon, pour ta ligne de conduite, je te donne encore le meilleur de ce que la vie m’a appris : Sois fidèle ! Fidèle à toi-même, fidèle aux hommes et fidèle à ton pays, partout et en tout lieu.

Prendre un nouveau virage est difficile. Qui sait si je suis capable de remplir cette mission, mais je voudrais te donner encore tant d’amour et tant de force pour t’éviter l’affliction de notre perte. Sois fier de nous et essaie de garder de nous des souvenirs heureux et fiers. Tôt ou tard nous devons mourir et il n’y a rien de plus beau que de vivre peu mais une vie pleine d’honneur et de courage que de vivre toute une vie dans la honte.

Cette lettre doit sortir, Hanna Reitsch la prendra. Elle volera encore !

Je t’embrasse avec l’amour le plus ardent, le plus profond et le plus maternel !

Mon cher fils, vis pour l’Allemagne !