Andrzej Wajda, homme lucide sur la Révolution française

Le 6 Janvier 1983 la cinémathèque française organise une projection privée du film Danton d’Andrzej Wajda, partiellement financé par l’État Mitterrandien qui voulait par ce film donner un avant-goût des grandes célébrations à venir du bicentenaire de la Révolution.

Mitterrand et Jack Lang qui s’attendaient à voir une réédition de La marseillaise de Jean Renoir, ressortent de la projection complètement dépités. Wajda n’a pas agi dans le sens qu’ils attendaient. Ils ont assisté à un film d’épouvante, peuplé d’opportunistes sanguinaires en quête de pouvoir absolu. Robespierre y est montré comme un fanatique sans état d’âme, littéralement possédé par le diable. Quelques années plus tard Wajda tournera d’ailleurs Les Possédés d’après Dostoïevski sur un groupe de jeunes nihilistes qui veulent renverser le Tsar. Le titre anglais du film était « Démons » .

La réaction de Mitterrand et Jack Lang à la sortie de Danton est décrite comme « oscillant entre perplexité et fureur ». Wajda, réduit à tort à un cinéaste politique, est avant tout un cinéaste qui va très loin dans son exploration des racines du Mal, liées à des forces occultes et à l’emprise démoniaque.

N’en déplaise à Mitterrand et ses héritiers, Danton est le meilleur film jamais réalisé sur cette période de l’histoire, histoire de France et de tous les pays que traversent les révolutions d’inspiration communiste, ce dernier ayant existé bien avant l’apparition de Karl Marx.

L’affiche polonaise de Danton, bien plus explicite que le dessin puéril de l’affiche faite pour la diffusion française