
Il faut lire l’Archipel du Goulag. Tout y est dit. Pas seulement les crimes du communisme, mais la mentalité qui les rend possibles : le désir d’opprimer pour toujours. C’est de gauche parce qu’une fois que l’homme est défini comme un être sans nature et modifiable à l’infini, il peut être opprimé à l’infini. Dans Le livre noir du communisme, Stéphane Courtois se demande pourquoi cette doctrine s’est si rapidement transformée en un régime criminel. Sa réponse va aux racines du mal : « Une vision abstraite de la société, où les hommes ont perdu toute épaisseur et ne sont plus que des pièces d’une sorte de Meccano. Cette abstraction est une donnée fondatrice de la terreur : on n’extermine pas des hommes, mais des suceurs de sang, des parasites, des poux ». Les hommes n’étant considérés que comme des pions sans importance et sans consistance individuelles, leur extermination s’en trouve facilitée, et leurs meurtriers endoctrinés se voient affranchis des hésitations ou du sentiment de culpabilité qui naitraient de la conscience de tuer des êtres humains ; meurtriers et bourreaux n’ont alors pas plus d’états d’âme que vis-à-vis d’insectes nuisibles que l’on écrase du pied.
