La chiasse inclusive à l’assaut de notre intelligence

La langue est l’une des composantes fondamentales de l’identité des peuples et des ethnies. Elle est l’un de leurs caractères différenciateurs les plus évidents, et en cela peut-être, leur principal caractère de définition identitaire. La langue est sans doute la propriété fondamentale d’un peuple, son bien le plus précieux. Un peuple qui perd sa langue perd non seulement son âme, mais aussi sa qualité de peuple différencié. La langue est un élément fondamental de définition identitaire. On comprend pourquoi s’y sont attaqué les salopards concepteurs de l’écriture inclusive, soldats de l’indifférenciation et du mondialisme destructeur des identités.

Pour les personnes au cerveau normalement constitué, la langue c’est la condition de la liberté de l’esprit, elle permet de façonner le rapport au réel, de faire apparaître quelquefois l’invisible parce que le mot adéquat, lorsqu’on le trouve, permet de faire surgir une nuance. 

L’écriture inclusive ment sur ce qu’elle est. Il ne s’agit pas d’écriture mais de réécriture, donc de falsification. Elle est un parasite qui se greffe sur la langue pour la vider de son sens. Les complications qu’elle introduit multiplient dans le maillage de la phrase les verrous contre la pensée. Nous nous trouvons aujourd’hui devant une entreprise qui entend « rééduquer », qui entend faire de la langue un lieu de rééducation, c’est une manipulation, un exercice totalitaire. Sous les délires « inclusifs », la langue perd sa propre logique, elle devient un pur produit de reconstruction idéologique. Ceux qui s’y soumettent, on le voit même désormais dans les administrations publiques, privées, en entreprise, croient ouvrir la langue ; en fait ils la neutralisent, ils la paralysent, ils l’empoisonnent, et ils tuent son génie.

L’écriture inclusive a pris le relais de la novlangue décrite par Orwell dans son roman 1984, un concept consistant à appauvrir le vocabulaire, à retrancher des mots ou à en fabriquer de nouveaux pour effacer la langue travaillée par la civilisation, restreindre la possibilité de décrire la réalité, faire que le vocabulaire soit de plus en plus contrôlé idéologiquement, avec cette idée que si des mots disparaissent et d’autres sont créés cela fabrique un monde alternatif factice auquel on est sommé de croire sauf à être marginalisé, diabolisé, et afin d’empêcher l’expression d’une pensée contestataire. Ce qui est frappant dans l’écriture inclusive, c’est qu’elle est un code d’adhésion au diktat de la diversité, qui prétend faire passer pour réfractaire, pour réactionnaire, pour un « ennemi de l’ouverture », celui qui refuse de l’utiliser ; si l’on n’est pas pour l’écriture inclusive c’est que l’on est pour une écriture exclusive, qui pratique l’exclusion. Pour les crétins doublés de malfaisants qui veulent imposer ce massacre de l’orthographe et de la syntaxe, l’ensemble de l’histoire de la littérature est frappé désormais du sceau de l’écriture exclusive, donc ringarde, dépassée. 

La langue inclusive est une langue qui nous enferme dans ses catégories, une prison mentale où viennent s’enfermer les esprits conformistes, un logiciel en perpétuelle évolution qui vient non pas améliorer la langue mais qui la falsifie, qui invente une langue idéologique d’amollissement et d’assujettissement des cerveaux, une langue de manipulation du réel. Elle est une invention débile comme seule la gauche sait en créer, mais aussi un chemin de traverse supplémentaire emprunté par la gauche pour arriver à son but, qui est déjà atteint, la déconstruction et l’assignation des individus à des identités perpétuelles, en clair il n’y a plus d’Hommes mais des bourreaux et des victimes (les bourreaux sont le masculin évidemment et les victimes sont le féminin). C’est un projet à bien y regarder assez ancien. L’affreux Gilles Deleuze disait dans les années 1980 qu’une règle de grammaire était un marqueur de pouvoir avant d’être une règle syntaxique. Quelques années plus tôt, le non moins douteux Roland Barthes expliquait que la langue était tout simplement fasciste. Une fois cette accusation de nature fasciste posée, la destruction devient « légitime » pour ces belles âmes, c’est même pour elles un devoir moral. Le vieux mythe révolutionnaire de la table rase revient à cette occasion, réécrire pour effacer le passé.

L’écriture inclusive a connu un pic de visibilité entre 2017 et 2021, avant de sembler s’effacer de l’actualité. Pourtant, elle n’a pas disparu. Elle est à la fois encore pratiquée dans certains cercles et heureusement en perte de vitesse globale, sans avoir conquis le terrain qu’elle visait initialement.

Le nombre et la rapidité avec lesquels d’autres sujets apparaissent dans l’actualité (guerres, économie, crises politiques, etc.) l’ont reléguée au statut de sujet « secondaire », passé au second plan. Mais elle refait surface ponctuellement : fin décembre 2025, le Conseil d’État a validé son usage sur des plaques commémoratives à l’Hôtel de Ville de Paris. Les médias en ont fait le tour, et les débats se sont déplacés vers des fronts plus « chauds » (transidentité, immigration). Cela dit, ce n’est pas du « silence radio » : des propositions de loi pour l’interdire dans l’enseignement supérieur ou les actes publics refont surface (une au Sénat en 2023, une à l’Assemblée en janvier 2026).

Aujourd’hui, l’écriture inclusive est toujours pratiquée dans les entreprises et administrations, mais de façon inégale et limitée. Cette saloperie survit dans des bulles de crétins « progressistes » militants (collectivités de gauche, grandes entreprises cultivant la « Diversité Équité Inclusion »), mais n’a pas « contaminé » le quotidien.. C’est finalement l’opinion publique, chez qui apparemment le bon sens n’a pas totalement disparu, qui a constitué un frein majeur à son expansion. Les sondages (de 2017 à 2023, les plus récents disponibles) ont montré une opposition majoritaire : 58-63 % des Français contre (CSA 2023, Ifop 2021). Les hommes (69 %) et les plus de 50 ans sont les plus hostiles ; les jeunes (18-24 ans : 68 % favorables) et les femmes (51 %) plus ouverts.

La chiasse inclusive n’a donc été ni un triomphe, ni une défaite totale. Elle n’a pas « réussi » à se répandre parce qu’elle heurte des réalités concrètes (la fluidité de la lecture classique, son inadptation à l’apprentissage scolaire). Le français est une langue codifiée (Académie, Constitution), et les Français y tiennent. Dans un pays où l’égalité Homme/Femme est un totem, elle a servi de cheval de Troie symbolique pour certains. Elle persiste via les formations en Ressources Humaines, les com’ d’entreprises et les activistes. Mais sans obligation légale, elle reste marginale.

À court terme, elle devrait continuer d’être un sujet « niche » – débattu dans les prétoires et les réseaux, mais pas dans les rues. À long terme, si par malheur les jeunes générations la normalisent (via les études), elle pourrait regagner du terrain (mais ce n’est pas la tendance ressentie) ; sinon, elle rejoindra les modes linguistiques éphémères (comme le « franglais » des années 60). En résumé : elle est occultée par l’actualité, mais elle stagne plus qu’elle ne recule. La Bête n’est pas morte.