C’est bien compris, l’extrême-centre macroniste ne veut pas lâcher le pouvoir, que ce départ soit contraint par la règle normale (pas plus de deux mandats consécutifs), ou parce qu’il lui manquerait un état d’urgence dans lequel la France serait prise (guerre contre la Russie) qui lui permettrait d’annuler l’élection présidentielle en 2027.
Et à cet effet, à travers la série de nominations annoncées par l’occupant de l’Élysée (Cour des comptes, Banque de France…), nous assistons à une véritable stratégie de confiscation du pouvoir. L’extrême-centre macroniste, la nomenklatura, sent venir le grand vent du dégagisme, c’est-à-dire une révolte profonde contre ces « élites » qui, globalement, qu’elles soient centristes, de gauche, de la droite molle, ont tout raté, ou tout saccagé volontairement. Ce vent de dégagisme est fort, il traverse tout le monde occidental. On le nomme de temps en temps populisme, d’extrême-droite, d’extrême-gauche de temps en temps, et le régime se dit qu’il doit être capable de briser cette révolte.
La nomenklatura d’extrême-centre croite être capable de la briser politiquement. Quand on observe l’ensemble des manoeuvres – le contrôle des réseaux sociaux, la fermeture de la chaîne de télé numérique C8, l’exécution juridique de Marine Le Pen, la volonté d’assécher financièrement le Rassemblement national – le régime se dit qu’il va être capable de mater l’insurrection. À l’échelle de l’histoire, devant une révolte le pouvoir peut se dire qu’il va faire des concessions au peuple. Ce n’est pas ce que pense la gouvernance actuelle. Les pseudo « élites » se disent que, soit, ce peuple est en révolte, mais c’est lui qui est incompétent, pas elles, ce peuple ne comprend pas et il doit être maté pour être ramené à sa place. Il ne comprend pas par exemple le « grand besoin » d’une Europe toujours plus fédérale, il ne comprend pas le « grand besoin d’immigration extra-européenne », il ne comprend pas les « nécessaires réformes » de ladite rigueur budgétaire, il se laisse manipuler par les « démagogues populistes et identitaires », il a la tentation des « extrêmes ». Donc ce peuple est dangereux. Et si ce peuple votait majoritairement pour les gens pour qui il veut voter, cela pourrait très mal se passer. Il faut donc verrouiller les Institutions. Autrement dit, si l’extrême-centre perd le gouvernement, il veut conserver le contrôle de l’État. C’est évidemment profondément malhonnête et déloyal, quand on est perdant, on dégage. Mais on ne saurait être surpris par ceette malhonnêteté, tous ces gens sont des socialistes dans l’âme. Et c’est véritablement la formule qui encapsule la situation présente : on peut perdre les élections, mais on ne perdra pas le pouvoir pour autant.
Comment faire ? En s’assurant que la camarilla dominante s’empare de l’ensemble des leviers et des Institutions quelles qu’elles soient. Nous sommes donc devant des gens qui nous disent que le pouvoir doit leur appartenir, que les Institutions doivent leur appartenir, il faut verrouiller pour que si néanmoin la tempête chassait la classe politique installée le pouvoir appartienne encore à l’extrême-centre, peut-être dans l’attente du retour d’Emmanuel Macron en 2032 puisque c’est le fantasme de quelques-uns.
C’est cela dit la perpétuation de la formule déjà ancienne, de « la République des copains et des coquins ». C’est nous dit-on la « démocratie ».
L’hôpital public a été démoli. L’Enseignement public est en ruines. La Police ne peut plus faire son travail contre les malfrats. L’État n’existe plus que pour fournir des privilèges à ceux qui s’en sont emparé. Les privilèges sans les devoirs, la richesse et la fortune sans la responsabilité. De quoi susciter une immense frustration démocratique. Devant cela, il n’est pas interdit de penser que nous sommes devant une rupture profonde. Combien de temps les Français resteront inertes si les années passant on a encore cette caste qui se maintient au pouvoir avec un mélange d’autoritarisme et de mépris pour le commun des mortels ?
