Mode d’emploi pour les animaux dressés

« Pour diriger les mouvements de la poupée humaine, il faudrait connaître les fils qui la meuvent (…). L’habileté de l’écuyer consiste à savoir tout ce qu’il peut faire exécuter à l’animal qu’il dresse et l’habileté du Ministre à connaître tout ce qu’il peut faire exécuter aux peuples qu’il gouverne. Que les philosophes pénètrent donc de plus en plus dans l’abîme du coeur humain : qu’ils y cherchent tous les principes de son mouvement, et que le Ministre profitant de leurs découvertes en fasse selon les temps, les lieux et les circonstances, une heureuse application. »

— Claude-Adrien Helvétius, philosophe du courant des « Lumières », De l’homme, de ses facultés intellectuelles et de son éducation (1776).

Les hommes des « Lumières » s’étant imposés à la direction de la France, ils se sont qualifiés (on n’est jamais mieux servi que par soi-même et l’histoire est écrite par les vainqueurs) d’humanistes aux yeux du peuple manipulé. Ils furent en réalité des matérialistes « mécanicistes », voyant l’homme comme une machine sur laquelle on peut intervenir, dans une posture de demiurges, et dans un rapport qui est celui de l’argile et du potier. La gouvernance accouchée par la République n’est jamais sortie de cette vision et de cette méthode de « gestion du troupeau ». Le mépris qu’affiche la classe politique et la façon dont elle se fout de la gueule du monde à chaque prise de parole en sont la manifestation.