Un psychopathe verbal

Pour finir le week-end, permettez-moi de m’attarder un instant dans ce mausolée de l’absurde qu’est devenue la France sous Macron.

L’illuminé ne gouverne pas. Il contamine. Il n’administre pas. Il profane. Il n’est pas un président : il est une punition, un châtiment en costume trois-pièces, envoyé pour nous rappeler que l’arrogance, quand elle est portée par un cerveau aussi lisse qu’un galet de réunion bancaire, finit toujours par coûter cher – très cher – à ceux qui n’ont pas les moyens de sa suffisance.

Rappelez-vous ses perles, ces crachats qu’il nous sert comme des hosties. « Les gens qui ne sont rien. » Rien ! Des millions de citoyens, déjà réduits à l’état de variables d’ajustement par ses réformes, qui reçoivent cette gifle ontologique de la part d’un gamin de Rothschild promu par erreur au rang de chef. C’était moins une phrase qu’un diagnostic : il nous voit comme nous voyons les mouches sur une vitre – agaçantes, interchangeables, éphémères.

Puis l’Afrique, ce continent qu’il traite comme un élève retardé dans sa classe de néocolonialisme chic. « Sept ou huit enfants par femme… » Traduction : ces gens-là baisent trop et réfléchissent trop peu, pendant que nous, élite éclairée, baisons les comptes publics et cherchons à comment vous faire bosser jusqu’à la fin de vos jours. Résultat ? L’Afrique nous tourne le dos avec un mépris glacial, et la France perd ce qui lui restait d’influence pour un cours magistral d’eugénisme mondain.

Mais le pinacle de l’abjection, le crime parfait contre l’intelligence collective, c’est sa valse macabre avec Trump. Trump, ce bulldozer orange, annonce des taxes : 10 %, peut-être plus, sur tout ce qui porte l’étiquette « made in France ». Réaction d’un adulte responsable ? Silence, calcul, négociation feutrée. Réaction de Macron ? Il se dresse, coq déplumé sur son tas de fumier élyséen, et glapit : « Nous riposterons ! » Puis, dans un sursaut de génie des alpages, il ressuscite le Groenland. Le Groenland ! Ce glaçon moqué par le monde entier quand Trump voulait l’acheter comme un caprice de parvenu. Macron, cinq ans plus tard, brandit ce cadavre arctique comme un trophée de sa propre démence stratégique.

Résultat ? Trump ricane, triple la mise, et nous voici saignés à blanc : taxes à 25 %, 30 %, bientôt 50 % sur le vin, le fromage, l’avion. Les paysans se suicident en silence, et les ouvriers d’Airbus serrent les dents jusqu’au sang. Et tout cela parce qu’un seul homme – un seul – a confondu la diplomatie avec un concours d’éloquence pour stage de 3e.

C’est une maladie terminale : la macronorrhée. Il parle des retraites : « Allongement nécessaire. » Boum, révolte populaire. Il parle du Covid : « Guerre. » Boum, chaos sanitaire et économique. Il parle du Liban : promesses christiques. Boum, néant. Il parle, il parle, et chaque fois la réalité, cette grande sadique, lui arrache un morceau de crédibilité avant de le recracher au visage de la France.

On dirait un psychopathe verbal qui joue à la roulette russe avec le destin national : il charge le barillet de vanité, tourne, appuie – pan ! – et s’étonne que ce soit nous qui saignons.

Solution ? Une seule : un exil dans un monastère de haute montagne, sans micro, sans caméra, sans public. Dix ans. Vingt. Le temps qu’il comprenne enfin que son plus grand talent n’est pas de parler, mais de nous ruiner en parlant.

Car enfin, Macron n’est pas Mozart. Il n’est même pas Offenbach. Il est le bruit de fond d’une France qui agonise sous le poids de son ego surdimensionné. Et nous, nous payons l’orchestre.

Alors, quand il ouvrira encore la bouche, faites comme moi : éteignez tout. Refermez le cercueil de cette présidence. Et prions pour que le silence, enfin, nous enterre décemment.

Didier Maïsto (18 janvier 2026)