Avilir la présidence française, en mode expert

Le dernier épisode téléphonique surréaliste d’Emmanuel Macron illustre parfaitement à quel point il avilit la présidence française et porte atteinte aux intérêts de la France : 

Il s’est fait réaliser un documentaire façon « The Office » où il joue au commandant en chef, ce qui, au regard de la gravité de la situation en Ukraine, est déjà totalement indigne. La guerre n’est pas un divertissement. Pire encore, comme on le voit dans l’extrait, il a appelé Donald Trump et l’a mis sur haut-parleur devant la caméra sans l’en avertir. Il a fallu que Zelensky le prévienne : « Il y a beaucoup de presse, vous devez le savoir, Donal… Monsieur le Président. »

Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir de Donald Trump, il s’agit là d’une violation flagrante des protocoles diplomatiques les plus élémentaires. On n’enregistre ni ne diffuse des conversations privées avec des chefs d’État étrangers sans leur consentement. Ce n’est d’ailleurs pas une première pour Macron. Il avait fait exactement la même chose avec Vladimir Poutine, sur la même chaîne de télévision, réalisée par le même journaliste (Guy Lagache). Ce qui, bien évidemment, a profondément irrité la Russie et a été dénoncé comme un « manquement aux usages diplomatiques », ce qui est parfaitement exact.

Il existe une raison simple à l’existence de ces protocoles diplomatiques : permettre aux chefs d’État de s’exprimer avec franchise les uns envers les autres. La confiance est la monnaie d’échange de la diplomatie.

Emmanuel Macron semble croire que ces documentaires le font apparaître comme un homme d’État. En réalité, ils révèlent en lui quelqu’un prêt à sacrifier la confiance envers la France au profit d’un divertissement télévisuel, condamnant par là même ses futurs interlocuteurs à ne plus lui livrer quoi que ce soit d’important.