Le prophète de l’islam présente tous les aspects d’une fabrication

Cet article prolonge celui intitulé Des judéo-nazaréens à l’origine de l’islam

On connaît ce qui est donné comme version historique sur l’apparition de l’islam dans une région de tribus bédouines, au travers de Mahomet et de son action : parole de Dieu délivrée par l’archange Gabriel à partir du livre originel détenu au paradis (le Coran), prédication se heurtant aux autres cultes existants dans la région saoudienne à l’époque, opposition conflictuelle avec les autorités de la Mecque (voyant le monothéisme mahométan menacer l’activité commerciale liée au polythéisme présent dans la ville), Mahomet et ses premiers suiveurs finalement chassés de la Mecque en l’an 622 et devant dès lors se livrer à l’attaque de caravanes de marchands pour survivre et financer son action, montée en puissance de sa secte, mainmise sur la ville de Médine, retour victorieux à la Mecque, expansion de l’islam hors de la région saoudienne d’origine. Le tout ayant abouti aux textes que sont le coran, les hadiths (les paroles, faits et gestes de Mahomet), la sunna (le mode de vie de Mahomet et de ses compagnons, leur cheminement), la charia constituée au IXème siècle en s’appuyant sur le coran et les hadiths), la sira (biographie de Mahomet). Qu’en est-il de cette dernière ?

L’unique source de la biographie de Mahomet est une œuvre écrite 200 ans après l’époque des événements supposés : la « sira », biographie imaginaire commandée par le pouvoir politique au IXème siècle, et par conséquent de caractère hagiographique. Imaginaire car :

Mahomet est absent de la légende musulmane tout au moins jusqu’à la biographie écrite par Ibn Is’hâq, 140 ans après les faits. Il n’apparait pas plus dans les nombreuses chroniques non-musulmanes de l’époque. De plus, la trace d’une controverse en 644 entre le patriarche jacobite Jean Ier et l’émir Saïd Ibn Amir qui s’appuie sur la Torah ne mentionne pas le Coran et Mahomet. Il est même absent, ce qui surprendra plus d’un non connaisseur, du Coran lui-même. Nulle sourate ne mentionne directement ni son patronyme ni bien sûr sa biographie écrite postérieurement comme ci-dessus mentionné. On rencontre dans le Coran la forme mhmd à quatre reprises, et une fois hmd, que les traductions chaque fois interprètent abusivement par Mohammed (Mahomet), car il ne s’agit dans le texte que d’un qualificatif signifiant le digne d’éloges, le loué, et non d’un patronyme. La racine hmd se rencontre dans toutes les langues sémitiques qui ont précédé l’arabe. Elle tend à donner aux mots qui en dérivent le sens d’une louange et d’une excellence, mais ce n’est toujours qu’un qualificatif, pouvant devenir surnom, ce qui est le cas pour le personnage dit Mohammed dans la tradition musulmane, comme dans d’autres traditions pour de nombreux personnages historiques (Laurent le Magnifique, Pierre le Grand…). Et c’est effectivement par ce surnom forgé à partir de la forme mhmd que la légende postérieure a fait connaître à la postérité l’obscur guerrier dont le véritable nom n’a laissé aucune trace à l’époque. Mahomet apparait ainsi comme un nom propre forgé à posteriori sur un qualificatif. En tout état de cause, le personnage est absent du Livre. Et c’est un élément supplémentaire important à charge dans l’hypothèse de la fabrication.

C’est donc de cette « sira », biographie imaginaire commandée par le pouvoir politique au IXème siècle, que proviennent les seules informations biographiques attribuées à Mahomet, assorties de détails anecdotiques censés avoir été transmis par tradition orale. Divers écrits ultérieurs ont amplifié cette légende initiale de faits et de commentaires entièrement imaginés. Les travaux officiels de la recherche historique n’ont fait émerger aucune source arabe nouvelle, et les auteurs de tout ce qui s’écrit sur l’islam continuent de propager servilement cette chimère devenue sacrée aux yeux des musulmans. Cependant, des chercheurs non-conformistes continuent d’œuvrer, mettant à jour des documents contemporains autres qu’arabes, et il est possible d’y voir plus clair dans l’histoire des événements tels qu’ils ont réellement eu lieu. Le point de départ de l’épopée ne se situerait pas aux environs de Médine mais à mille kilomètres de là, en Syrie, avec comme agents fondateurs de l’islam, non pas un prophète, mais une secte juive et quelques « seigneurs de la guerre » arabes.

Le VIème siècle au Moyen Orient correspond à une époque d’apogée pour le christianisme. L’empire romain d’Occident ayant disparu, Byzance, épargnée par les invasions du siècle précédent, a repris le contrôle de vastes territoires que les barbares avaient envahis, en Afrique du Nord, en Espagne, en Italie. La sécurité aux frontières de l’empire byzantin repose sur l’alliance de royaumes arabes vassaux, les Ghassanides. De la même façon la Perse a de son côté des alliés arabes traditionnels, les Lakhmides. Ce sont ces Lakhmides qui seront le moteur de la conquête arabe lorsque l’empire perse va s’effondrer. Depuis longtemps les Arabes ont eu accès aux responsabilités civiles et militaires. Les conquêtes n’ont pas été le fait de Bédouins surgis des déserts de sable, mais de guerriers expérimentés et aguerris dans les rangs de l’armée perse. Côté religieux, le messianisme nazaréen, gnostique au départ, s’est engagé par la suite dans une ligne doctrinale matérialiste et conquérante étrangère à la gnose. C’est de lui que naitra la religion islamique.

Au début du VIIème siècle il y avait un équilibre des forces entre les empires. Or voilà qu’en 610 l’empereur perse, rompant brutalement cet équilibre, envahit de vastes territoires byzantins, dont la Palestine en les ravageant. Mais le succès perse sera bref, la reconquête byzantine menée dès 620, aboutira à l’effondrement définitif de cet empire millénaire, qui sera ensuite progressivement absorbé par l’Islam. C’est à la faveur de cet effondrement perse qu’il y eut collusion entre la secte judéo-nazaréenne établie en Syrie et des unités militaires arabes en déroute, réfugiées quelque part dans le désert syrien. Les judéo-nazaréens (non trinitaires contrairement aux chrétiens) avaient compris que ces « seigneurs de la guerre » arabes pouvaient devenir le bras armé de leur visée messianique (reconquérir Jérusalem) et ces « seigneurs de la guerre » s’approprièrent bientôt la mystique nazaréenne, en tant que moteur de leurs ambitions politiques, dont Jérusalem n’était à leurs yeux que la première étape. Ainsi, la secte s’employa ardemment à doter les « seigneurs de la guerre » d’un livre écrit en leur propre langue, porteur d’une doctrine religieuse présentée comme inédite et spécifiquement arabe. Mais l’alliance entre judéo-nazaréens et les Lakhmides qu’ils instrumentalisaient prit fin avec l’échec de la conquête de Jérusalem. Dès lors, les chefs arabes allaient estimer qu’ils les califes n’avaient pas besoin des judéo-nazaréens pour mener leur propre projet conquérant, puis progressivement infléchir les premiers écrits en faisant un tri dès le califat d’Othman afin de bâtir un livre sacré correspondant à l’idéologie islamique naissante, dans le sens martial caractéristique de l’esprit du Jihad. Cette théocratie devenant mature, il ne resta plus qu’à la rattacher à un prophète initial nanti d’un sceau divin. Un intellectuel persan Ibn Is’hâq rédigea le récit affabulateur dénué de toute consistance historique en « créant » Mahomet. Certes l’homme a bien existé, mais selon les travaux de Gallez et Moussali en tant que simple propagandiste convaincu par le projet des judéo-nazaréens (branche dissidente du judaïsme talmudique, après la destruction du Temple). Ce que crée Ibn Is’hâq, c’est Mahomet tel qu’il a été vendu à notre connaissance depuis des siècles, en tant que celui qui apporte l’islam « clé en main » à ses suiveurs, alors que les travaux montrent que l’islam a été élaboré par phases successives sur plusieurs siècles après la disparition du présumé et inventé « Prophète » recevant dans son intégralité le Coran de son vivant. A la mort de Mahomet, l’islam n’est pas né, contrairement à la conviction de 1,8 milliard de musulmans à travers le monde.