On a entendu ceci sur un plateau télé dans le commentaire de la catastrophe de Crans-Montana : « … les corps seront sortis un à un… ». Et l’on se demande par quel prodige de pareilles banalités et évidences peuvent être débitées par la profession journalistique. Le niveau actuel des gens de cette profession ? Peut-être. Mais il y a aussi une autre explication. Nous vous la livrons :
En fait, le parti pris qui a été adopté depuis de très nombreuses années manitenant par les médias télé, est de parler comme si le téléspectateur était un idiot, un enfant. Dans Médias et démocratie, la dérive, (éditions PUF, 1997), Roland Cayrol, entre autres ancien directeur de l’institut de sondages CSA, relate pages 84 et 85 : J’ai encore dans l’oreille ce conseil du chef d’édition du 20h de la première chaîne de télévision ; c’était ma première apparition dans cette messe, il m’accompagnait sur la passerelle descendant au studio […] il me glissa « Rappelle-toi que tu parles à des concierges, et dans « concierge » il y a « con ». » … Il raconte également les souvenirs de son séminaire à Science Po où ce vice-président de la chaîne américaine ABC expliquait doctement que les études de l’audimat de la chaîne ayant montré qu’il y avait parmi son public des enfants de onze ans, il lui fallait donc concevoir des journaux télévisés dans une expression accesible à un pubic de cet âge.
Des cons, des enfants, à qui il convient de raconter des histoires simples…
