Annonce de sévérité pénale pour la Saint-Sylvestre

Le ministre de la Justice a donc demandé aux procureurs de faire preuve de « fermeté » vis-à-vis des délinquants à l’occasion des dégradations et violences qui seront commises dans la soirée du 31 décembre au 1er janvier. Une pratique de plus de cette interminable industrie française de la tromperie. Pourquoi ?

Parce que les procureurs auront beau requérir des sanctions sévères, ce n’est pas eux qui décident, ce sont les magistrats du siège comme chacun sait, dont un certain nombre pour ne pas dire beaucoup sont idéologiquement orientés par la harangue de Baudot, la totalité de ces magistrats du siège par ailleurs n’obéissant pas (ils ne le peuvent pas) à la lettre du Code pénal mais étant en réalité soumis à la JURISPRUDENCE en vigueur, jurisprudence étant ce qu’elle est parce qu’elle découle précisément d’un cumul de décisions au fil des années orientées dans la non-sévérité envers le délinquant dont l’avocat, en cas de prononcé sévère ne collant pas à ladite jurispruence, fera remarquer que cette condamnation n’est pas équitable par rapport à des condamnations passées prononcées pour des faits similaires (c’est le principe de la jurisprudence, bien pratique procédé pour déroger à la peine prévue en réalité par le Code), il y aurait « rupture d’égalité » entre les citoyens précédemment condamnés et le délinquant nouvellement jugé pour la même infraction. La jurisprudence est l’ensemble des décisions érigées en références des tribunaux, des Cours d’Appel et parfois de la Cour de cassation qui font échec au droit, comme à la morale et au bon sens.

Il aura beau y avoir des interpellations éventuellement en masse, la possibilité d’imputer les faits au délinquant seront faibles comme toujours dans ce genre de situations (capuches dissimulant le visage, impossibilité de juger selon le droit en vigueur une participation collective à la commission d’une infraction, chacun dans un groupe interpellé disant qu’il n’a rien fait et que c’est un autre), et le nombre de condamnations restera dérisoire par rapport aux interpellés sitôt relâchés par impossibilité d’établir qu’ils sont auteurs, avec de surcroît donc une sévérité qui à cause de la jurisprudence fondra comme neige au soleil pour les quelques-uns qui franchiront la porte des tribunaux. CQFD.

Ces annonces gouvernementales poudre aux yeux répétées à longueur d’année dans les médias trompant les Français sont insupportables.