Plus la situation se dégrade, et plus l’inertie augmente chez ceux qui devraient agir, pouvoir exécutif et pouvoir législatif appartenant à ce « bloc central » qui inflige à la France une interminable agonie. A Colombes, ville de la banlieue parisienne, le braquage à main armée d’une boutique de téléphonie vient d’avoir lieu, frappant de la crosse de leurs armes la tête des vendeurs, l’un de ces deux auteurs a 13 ans. La délinquance des mineurs actuels n’a plus rien à voir avec les bêtises qui pouvaient être commises par des orphelins dont le père était tombé au front, mais on continue à appliquer l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs forgée dans la mansuétude. Pas un parlementaire ne vient présenter une proposition de loi pour adapter la législation au monde présent. Les deux exemples suivants sont devenus légendaires dans le milieu médical autorisé, la maternité de l’hôpital Saint-Antoine à Paris accouchait d’un enfant à terme la même femme africaine tous les six mois, miracle de la biologie et magie de la carte vitale circulant de main en main avec la complicité d’une administration fermant les yeux. Chez Michelin à Clermont-Ferrand, un chirurgien a retiré dix-sept fois l’appendicite au même ouvrier. Des parlementaires pour mettre fin à la fraude aux prestations sociales et au système de Santé ? On les cherche encore. Ils s’en foutent totalement. Ces gens sont entretenus à ne rien faire d’utile. Et il en va de même de tous sujets. Ils ne savent que voter des augmentations des impôts et taxes.
Tout esprit normalement constitué et doté de logique élémentaire est capable de faire ce constat : la situation dégradée actuelle est le fruit pourri de l’esprit « modéré » à l’œuvre depuis des décennies. En conséquence si l’on en juge par ses résultats, l’esprit « modéré » est donc un véritable trouble mental, s’obstinant à maintenir religieusement une idéologie et une politique malgré leurs résultats désastreux.
« La faiblesse des modérés devient fascinante quand on considère tous les événements qui en sont sortis. » nous dit Abel Bonnard. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, c’est la pourriture de la République de Weimar qui légitime la montée d’une réponse vigoureuse en Allemagne dans les années 1930. Les modérés sont en fait des doux rêveurs et des lâches dangereux qui dissimulent leurs tares derrière un masque de « raison » et de bons sentiments. Combien de temps encore cette imposture va-t-elle durer dans l’opinion ?
La seule façon de revenir à une situation normale assainie est de mettre en place une radicalité philosophique inversement proportionnelle à la dérive dans laquelle a été poussé le balancier de la modération, et de faire ce qu’il faut pour que cette dernière ne puisse pas revenir commettre ses méfaits. Tant que cela ne sera pas compris, il n’y aura pas d’issue. Une radicalité qu’aucune formation politique en compétition pour l’accès au pouvoir ne propose en France.
Parce que trop de Français, bien dressés par le discours de la modération et convaincus que le « bruit des bottes » est toujours un danger, n’y sont toujours pas prêts malgré la souffrance qu’ils endurent dans leur vie quotidienne, ils se refusent à sortir de la société bâtie par les modérés, au lieu d’être sans complexe délivrés de la frousse d’être associés à la diabolisation qui frappe la radicalité. Leur faire entendre raison consiste à vouloir faire boire un âne qui n’a pas soif. L’émergence et la montée en puissance de la réponse nécessaire sont donc pour l’instant contrariées, insuffisantes. Pour combien de temps encore ?

« Laissez-nous nettoyer les écuries d’Augias »
