Escadrons de la mort

L’Algérie ose donc exiger des « excuses officielles » et des « réparations » au travers de sa loi criminalisant la présence coloniale française démarrée en 1830 pour mettre un terme à la piraterie des Barbaresques dans la Méditerranée ?

Dans son livre Escadrons de la mort, l’école française, aux éditions La Découverte (2004), Marie-Monique Robin cite les souvenirs du général Chabannes expliquer comment la vision d’une petite fille clouée par des « fellouzes » lui a fait comprendre que la « population algérienne » n’était peut-être pas la France…

« Il y a quelque chose que je n’oublierai jamais, vous m’entendez, jamais… » Brusquement, le général Chabannes s’est raidi sur son fauteuil et sa voix s’est durcie. (…) C’était le 20 août 1955, quelque part dans le Constantinois, raconte-t-il. Lors d’une opération de ratissage, nous sommes tombés sur une grande exploitation d’agrumes, qui appartenait à un colon français. Nous avons remonté l’allée très longue, avec des arbres de chaque côté, et c’est là que j’ai vu, pour la première fois, des victimes égorgées : le grand-père, les parents, les enfants, toute la famille avait été massacrée. Et puis ce fut l’horreur absolue : ces ordures de fellouzes avaient cloué la petite fille, qui avait peut-être huit ans, sur une porte… Depuis, la rage et la haine contre le fellagha ne m’ont jamais quitté. Plus tard, quand j’ai entendu De Gaulle dire que l’Algérie c’était la France, je me suis dit : il est fou ! » Et d’ajouter, après un silence : « On n’intègre pas les Arabes, c’est eux qui vous intègrent… »

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Que dire après ce genre de lectures, si ce n’est se répéter inlassablement… D’abord, la première chose à faire quand on est confronté à un ennemi aussi cruel, c’est de ne pas l’installer chez soi quelques années après. On mesure là le degré de forfaiture commis par toute la classe politique française depuis 1962, avec particulièrement le funeste tandem Giscard/Chirac auteurs en 1976 du regroupement familial pour satisfaire les appétits de bas salaires du patronat français. Tous d’incroyables félons. Ensuite, face à un tel ennemi, on n’a pas d’autre choix que d’être soi-même dur, très dur, impitoyable dans le combat, afin de préserver légitimement les siens, les civils, d’actions meurtrières. On ne nous fera pas pleurer sur l’usage de la « gégène » ou d’autres traitement « désagréables ». Enfin et surtout, on est dans le dégout le plus profond quand on constate la mansuétude, la veulerie et la générosité des autorités françaises vis-à-vis de ce pays et de ses autorités depuis 1962. Une honte absolue qui vous frappe de la flétrissure de déshonneur.