Toujours cette nullité particulière de la gouvernance française…

L’affaire de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est, au fond, assez simple. Les autorités sanitaires et la technocratie ont privilégié une stratégie centrée sur le tout-vaccinal et l’abattage massif des troupeaux infectés, au détriment d’approches thérapeutiques ou prophylactiques plus flexibles et adaptables. Ce choix est discutable pour de nombreuses raisons, mais le plus grave est qu’il n’a même pas été appliqué correctement.

En effet, malgré des alertes répétées venues de pays voisins ces derniers mois, les pouvoirs publics n’ont pas déployé les moyens vaccinaux à temps (l’immunisation est partielle dès 10 jours, complète à 21 jours, et dure un an). Résultat : la maladie se propage désormais plus vite que prévu, principalement par voie vectorielle (mouches piqueuses et autres insectes) et la technostructure panique, devant la colère que son incompétence suscite.

Pour masquer cette incompétence – un choix stratégique contestable, mal exécuté –, les autorités optent pour une politique de la terre brûlée, avec des abattages systématiques. Et pour détourner l’attention de ces échecs flagrants tout en faisant taire les critiques, elles déploient une rhétorique typiquement complotiste : accusations d’ingérences étrangères, tout en qualifiant de « complotistes » ceux qui osent contester ou critiquer.

Comme à chaque crise, une armée de journalistes, d’influenceurs et de réseaux liés aux lobbys agrochimiques – qui défendent bien plus les intérêts des grands exportateurs industriels que ceux des paysans – se charge de faire la police dans les débats médiatiques en diabolisant les critiques. On va donc voir où ça va aller maintenant.

— Laurent Ozon