Je n’aimais déjà pas le président. Ce n’est pas une question d’amour, mais de la façon dont il est arrivé au pouvoir, bon déjà je me suis dit qu’est-ce que c’est que ce truc-là, qui le met au pouvoir alors qu’il a à peine quarante ans – bien que l’on puisse quelquefois être très doué en dessous de quarante ans – sans qu’il n’ait jamais eu de responsabilités, pas de parcours particulièrement brillant comme on a pu le vérifier par la suite. Donc comment arrive-t-il là ?
Ensuite il y a eu la crise des Gilets Jaunes, et là il arrive et il nous dit « nous sommes en guerre » Ah ! Mon grand-père était à Verdun, on a tous des gens qui enfants ont connu les guerres. Là nous sommes en guerre contre un virus. D’emblée on nous prend un peu pour des imbéciles. Et puis, il y avait dans sa façon de dire les choses absolument pas le côté posé, celui de ces gens qui vous entrainent, De Gaulle ou d’autres, ces gens qui quand ils vous parlent vous donnent envie de les suivre, vous sentez une authenticité, vous sentez le chef en quelque sorte, et là je ne sais pas si vous l’avez ressenti comme ça mais moi j’ai ressenti le gars qui prenait son pied à nous raconter six fois de suite qu’on allait être en guerre et que ça allait être très grave. Là je me suis dit ce type semble pervers. Il faut reconnaître que moi j’ai des antennes parce que dans notre métier on en croise énormément. Donc mes antennes ont un peu frémi.
Et puis ensuite ça a été ce que l’on peut aussi mettre sous le drapeau de la perversion. Il y a bien sûr eu les mensonges, les masques dont on n’a pas besoin parce qu’on n’en a pas mais dès qu’on en retrouve deviennent obligatoires, il y a eu bien sûr les mensonges extrêmement importants sur les effets du vaccin qui allaient venir un peu après. Et puis tout de suite il y a eu beaucoup d’infantilisation. Je me souviens d’avoir été extrêmement choquée par les publicités, vous vous souvenez ? Cette dame septuagénaire qui fêtait son anniversaire, les petits-enfants autour d’elle, et dans l’image suivante elle est intubée à l’hôpital. Ça, on a eu des traces en cabinet de consultation d’enfants, on en a encore des traces aujourd’hui cinq ans après. Il y a quelqu’un, si vous la connaissez, qui a tout de suite mis le doigt là-dessus en disant qu’on va avoir des catastrophes, c’est ma collègue Marie-Estelle Dupont, qui était sur les plateaux télé et qui a tout de suite dit d’enlever ces trucs-là, qu’il n’est pas possible de culpabiliser les gens comme-ça. Donc culpabilisation y compris des enfants, infantilisation des adultes avec les « gestes barrière », « prenez votre café assis » et surtout pas debout parce que les virus volent es escadrille. On a l’impression que toutes ces bêtises entendues relevaient de la maladresse, mais en fait si vous reprenez toutes ces choses-là ce n’était absolument pas maladroit, chacune des mesures qui ont été prises, chacun des détails qui ont été donnés, sont extrêmement pensés. On a découvert après qu’il y avait des cabinets qui avaient donné des conseils, McKinsey ou d’autres, et c’est pesé au gramme près ces choses-là, c’est extrêmement subtil.
Je vais vous prendre un exemple, les confinements. Vous savez certainement que les confinements n’ont jamais été prévus dans les plans pandémiques que tous les pays utilisent. La chose qui était la moins recommandé et qui était même la plus interdite, c’était les confinements. Pourquoi ? On s’en doute, on en a vu le résultat, parce que le confinement c’est l’arrêt de l’économie et c’est donc la ruine de plein de gens, à commencer par les petites gens, les petits commerces, les indépendants, et ce n’est pas du tout un hasard, les gens qui gagnent leur vie tout seuls, sans avoir besoin de l’État, sans avoir même de patron, de grand patron dans une grande entreprise, des gens qui sont totalement autonomes, donc pas très manipulables, c’est eux qui ont été visés. Le confinement c’est la dernière chose que l’on conseillait. Et bien sûr ce que l’on conseillait partout, quelqu’un comme le professeur Perronne en a parlé abondamment, dans ces cas-là on isole la personne malade, on la soigne, et surtout on laisse le plus possible l’économie fonctionner normalement (ndlr : rappel, c’est ce qui s’est toujours fait au fil des siècles parce que c’est le simple bon sens, avec les pestiférés, les lépreux, etc.) Là on a fait tout le contraire. Pourquoi ? Motif officiel : pour soi-disant que les gens ne se contaminent pas davantage, pour protéger la santé des Français. Les objectifs réels, moi j’en ai noté quatre mais je pense qu’on peut certainement en trouver d’autres :
Le premier objectif qui a été parfaitement atteint a été de démoraliser les Français, et particulièrement les plus fragiles comme d’habitude, donc énormément d’enfants. Vous souvenez du « cirque » dans les écoles, un coup je vais à l’école un coup je n’y vais pas, les enfants isolés les uns des autres dans des carrés tracés, il y a même eu des pays dans lesquels on les a mis dans des bulles, pour qu’ils jouent mais en ne risquant pas d’être en contact. On est entrés dans la paranoïa du siècle. On a eu affaire là à une psychose collective, entretenue par nos gouvernements, et dans laquelle un certain nombre de gens sont rentrés. Là c’est ce qu’on appelle l’instrumentalisation de la peur. Quand on vous dit qu’il faut mettre vos enfants dans une bulle, vous vous dites que ça doit être extrêmement grave. Et je me souviens d’une petite dame quand je sortais faire mes courses avec mon masque jusqu’aux yeux parce que sinon je ne pouvais pas rentrer dans les boutiques, qui m’a gentiment abordé en me demandant « Madame, vous en voyez beaucoup des morts autour de vous ? ». Non on ne voyait pas beaucoup de morts, et on a su après qu’il n’y en a pas eu plus que pour une épidémie de grippe, et que le surplus que l’on a eu par rapport à une épidémie de grippe ce sont les gens que l’on n’a pas soigné puisqu’on leur a dit de rester à la maison le plus longtemps possible et d’aller à l’hôpital quand ils n’en pourront plus, et bien sûr quand ils n’en pouvaient plus c’était trop tard, et le professeur Perronne considère qu’on a perdu en France au moins 25 000 personnes à cette occasion pour faute de soins. Il s’agissait de démoraliser d’abord la population, et on a vu les conséquences catastrophiques sur les enfants.
Le deuxième objectif était d’isoler les gens les uns des autres, parce que si l’on avait été tous ensemble, comme devant la machine à café dans une entreprise, les gens auraient partagé leurs avis sur ce que font les autorités, trouvé ça bizarre, on en aurait parlé, et il y aurait peut-être eu des éléments de révolte, de désobéissance. Alors que chacun chez soi, on est à peu près sûr que les gens vont se tenir correctement.
Troisième objectif, évoqué en amont, il s’agissait de détruire le plus possible le tissu économique français, de détruire économiquement le plus de gens possible, le taux de suicide a été considérable pendant la crise Covid et malheureusement il l’est encore, il n’est pas vraiment redescendu. L’état psychologique des Français actuellement est consternant. Et encore un élément de perversion, vous avez sans doute entendu dire, ce qui est vrai, que nous avons un « plan 2025 » pour la santé mentale des Français. Après les avoir bien assommés avec la main gauche, la main droite leur tend bien sûr une petite compensation.
Et puis le quatrième objectif je pense, mais il y en a certainement d’autres : tester la soumission de la population. Est-ce que les gens allaient rester confinés, est-ce qu’ils allaient sortir quand même, est-ce qu’ils allaient remplir leur petite autorisation de sortie ou ne pas la remplir, est-ce qu’ils allaient se révolter, jusqu’où allaient-ils se soumettre ? C’était un test de soumission.
Vous voyez que tout ça n’a absolument rien à voir avec la protection de la santé des Français, bien entendu.
Autre chose que l’on voit, et je vais vraiment insister là-dessus parce que je pense que pour l’avenir c’est fondamental : la question des mensonges, ou pire des absurdités, quand ils nous disaient des choses parfaitement contradictoires. C’est typiquement le genre de moment où beaucoup de personnes se sont dit qu’en fait on a des foutraques au gouvernement, ils sont totalement incompétents ces gens-là. Pas du tout. Quand vous matraquez les personnes d’informations et que ces informations sont contradictoires – ça vous rappellera peut-être le fameux « en même temps » du président et vous aurez raison, une porte est en même temps ouverte et fermée, eh bien non, c’est un fondamental de la langue une porte ne peut être qu’ouverte ou fermée – ces contradictions aussi bien dans le langage que dans les décisions prises créent ce que l’on appelle de la dissonance cognitive, et à un moment donné, surtout en situation de stress et là c’était le cas au moins au début, la plupart des gens arrêtent de réfléchir, vous disjonctez et vous suivez les derniers ordres qui sont donnés. C’est fait pour. Ce n’est pas de l’incompétence. Ce n’est pas parce qu’ils ne savaient pas quoi faire. Ça a été pensé. Ça a été mesuré. Cela évoque le titre d’un très bon livre du psychiatre américain Harold Searles, L’effort pour rendre l’autre fou (consacré en l’occurrence aux schizophrènes). On nous a fait et on continue de nous faire régulièrement ce qu’il faut pour essayer de rendre la population folle plus ou moins gravement, c’est-à-dire perdue, déprimée, ou découragée. Et la première chose qu’il va falloir faire, c’est ne pas devenir fous. Et c’est déjà héroïque. Ça parait très banal, mais c’est extrêmement important.
— Marion Saint-Michel, psychologue clinicienne
Notre commentaire : On aimerait croire qu’alertés par la façon dont les autorités ont agi, les Français ne se laisseraient pas prendre si on leur sert une nouvelle opération de ce genre. Hélas rien n’est moins sûr, tant ils ont montré depuis cinquante ans avoir une mémoire de poisson rouge quant au bilan de tous ceux qui les ont gouvernés.
