Compte tenu du différentiel des coûts de production entre d’une part la France et ses charges sociales délirantes imposées aux employeurs, modèle dont les gouvernants refusent l’abandon, et d’autre part les zones de la planète où ces coûts sont dérisoires, ce qui rend les agriculteurs français non concurrentiels dans un marché ouvert, livrer la France au marché mondial c’était à terme l’offrir en sacrifice, l’envoyer à la mort. Trop chers, les produits français ne se vendent pas dans les pays à bas coût de production, pas plus qu’il ne se vendent en France face à des produits importés beaucoup moins chers. Et le consommateur, à qui l’État laisse si peu de moyens de subsistance est obligé de préférer les prix bas. Dans ce contexte, l’agriculture française n’était pas à armes égales, tel un boxeur combattant avec une main attachée dans le dos, un cheval devant trainer deux enclumes dans une course. Tout le monde a pu observer au fil des décennies les difficultés désespérées des agriculteurs français dans ce combat déloyal.
Inutile pour le comprendre de sortir dans la botte à l’ENA ou à Polytechnique, d’avoir fait Hautes études de commerce. C’était une évidence dès le départ. Et pourtant ils l’ont fait ! Ils ont ouvert la France à la concurrence généralisée du marché mondial parce que quel que soit le domaine, quel que soit le sujet, ce sont des crétins et des félons permanents. C’est une forfaiture d’une dimension inimaginable.
La France était autosuffisante, amenant sur les tables de très bons produits qui ont fondé une gastronomie exceptionnelle, elle aurait pu vivre heureuse en autarcie, sans nécessité d’importer des tomates espagnoles, du raisin italien ou l’on ne sait quoi d’autre. Seuls les aliments que la France ne produit pas auraient dû faire l’objet d’importations. Mais il a fallu que des idéologues tarés adeptes de la « mondialisation heureuse » et des théories du « doux commerce » sans limites, persuadés d’être des petits génies, viennent déstabiliser cette France idéale. Le mouvement n’a jamais cessé depuis, jusqu’à ce Mercosur dont la signature se profile dans quelques jours.
C’était évident, et pourtant ils l’ont fait. Avec pour conséquence que sur la seule période de la présidence Macron, 40 000 fermes ont disparu, et 1 700 agriculteurs désespérés par cette situation et par le harcèlement de la réglementation, se sont suicidé, soit 1 tous les 2 jours.
