Libération culturelle

Depuis que Charles de Gaulle, qui manifestement n’avait pas lu Gramsci, et devant probablement considérer que seules la diplomatie et l’économie étaient des sujets « sérieux », dignes d’intérêts, a commis la terrible erreur de déclarer sous forme de boutade « Donnons la culture à la gauche, ça les occupera ! », il y a un complot de la gauche contre la droite dans le milieu culturel. Le mot « complot » en défrise quelques-uns ? Alors disons une conspiration, c’est-à-dire une organisation méthodique, concertée et automatisée des forces de gauche, une pratique réflexe pour entraver considérablement la carrière ou les perspectives d’évolution d’un individu si celui-ci n’est pas de gauche.

Ce qui ne doit certes pas nous encourager à abandonner, mais au contraire à redoubler d’efforts, ce que nous tentons tous de faire en effet en sachant que nous n’avons aucune chance d’être intégré aux circuits de diffusion traditionnels de la culture et qu’en plus nous avons une épée de Damoclès au-dessus de la tête, capable à tout moment de nous tomber dessus si le Système juge que nous positionnons un projet culturel « trop à droite » (pendant que la gauche peut tranquillement faire subventionner ses projets, même les plus à gauche).

Une chose cependant est vraie : s’il y a de plus en plus d’initiatives et d’organisation à droite pour les projets culturels, il n’y a pas forcément toujours beaucoup de répondant chez le public. Le « public de droite », tellement habitué à voir la gauche régner de façon monopolistique en la matière, est relativement amorphe et zombifié, et c’est surtout cela qu’il faut réussir à changer ; il faut réussir à motiver ce public, à lui donner envie de s’édifier, de se construire une architecture intellectuelle et culturelle solide, au lieu de croire qu’il suffit d’écrire « Macron démission » sur les réseaux sociaux pour déranger le Système.