Décerveler les Français

Qu’est-ce qu’une cervelle ? A quoi sert un cerveau ? La question est intéressante parce qu’il semblerait que nos contemporains aient majoritairement perdu jusqu’au sens du mot. Le cerveau est l’organe de l’intelligence, du discernement, de la mémoire, de l’initiative, de la responsabilité. Il permet de formuler des projets, de prendre les décisions nécessaires à la réalisation de ces projets. Le cerveau est un « muscle » qui, si on ne le fait pas travailler, devient spongiforme. Or, que constate-t-on depuis plusieurs années ? Que chacune de ces fonctions du cerveau est attaquée très directement, soit par la machinerie mondialiste, soit par la machinerie européiste, soit par les forces d’occupation, soit par la police de la pensée, tout cela ne constituant qu’une seule et unique armée ennemie. Leur idée est de renouveler ce qui a été réalisé il y a deux siècles avec la décapitation de la France. En 1793, on a décapité la France, et l’on s’aperçoit cependant que deux cents ans après, malgré cette ablation, il y a encore dans ce pays des gens qui gardent un cerveau. Il faut donc mettre un terme à ce scandale. Comment s’y prend-t-on pour décerveler les Français ? L’opération passe par cinq méthodes.

La première méthode utilisée est celle de l’inintelligibilité : on rend les choses inintelligibles pour que l’intelligence ne puisse pas s’y appliquer, visant dès l’abord à nous décourager. A nous faire admettre qu’il faudrait voter sans savoir, sans comprendre. Parce que l’essentiel est la soumission de notre intelligence à la grande machine technocratique à laquelle les gens ont délégué le soin de penser.

Le deuxième axe de l’offensive contre l’intelligence vise à la destruction du discernement, menée par l’obligation dans laquelle les gens sont placés de passer sans cesse d’un sujet à l’autre dans la présentation minutée de l’information et des médias. Le rythme donné dans la présentation médiatique fait que des réalités parfois extraordinairement complexes sont traitées en quelques mots simples, de sorte que les gens aient l’opinion tronquée que l’on souhaite leur imposer afin qu’ils aient un avis sur tout sans avoir le temps de rien approfondir. Cette absence de développement, que Roland Cayrol (directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques et ancien patron de l’Institut de sondages CSA) évoque dans son ouvrage Médias et Démocratie, la dérive, est parfaitement observable lors de la présentation des guerres menées par le « camp du Bien » mondialiste (Yougoslavie, Irak, Syrie, Ukraine…) mais on la trouve au quotidien appliquée à tous les sujets fondamentaux.

La troisième cible de la campagne de décervelage des esprits, c’est la mémoire. On abîme la mémoire, on la détruit par la fabrication d’un faux passé imposé par le politiquement correct, par les médias, par la télévision, à jet continu et d’une façon répétitive. C’est visible à travers par exemple tout le processus de repentance dans lequel les gens sont englués, cette volonté à tout prix de relire le passé national ou le passé européen sous l’angle de la criminalisation de tout, au prix d’anachronismes, le tout aidé par les lois contemporaines dites de « mémoire », totalement décalées avec l’esprit des siècles passés. Les grandes commémorations organisées, telles le cinquième centenaire de la découverte du Nouveau Monde ou le bicentenaire de la Révolution française, alors qu’elles pourraient être l’occasion d’un approfondissement de l’Histoire, ne sont en réalité qu’une occasion de l’instrumentalisation de l’Histoire pour les combats du temps présent. Il s’agit de mobilisations médiatiques au cours desquelles les gouvernants et les idéologues à la manœuvre cherchent à y plaquer les débats contemporains pour relire l’Histoire selon leurs vues orientées et faussées. Nous sommes dans une espèce d’instrumentalisation au carré où dans tout épisode de l’Histoire, il faut trouver la préfiguration de l’horreur absolue que sera la Deuxième Guerre mondiale (comme à la fin de la Reconquista l’expulsion des Juifs d’Espagne en une préfiguration de la Shoah). Tout cela pour nous contraindre aujourd’hui à adopter les comportements politiques qui sont ceux aboutissant au mondialisme, à l’internationalisme, au métissage. Et celui qui ose refuser l’un des articles de ce credo, est immédiatement assimilé à la « barbarie nazie ». On fait vivre les Français sous la massification de la pensée, qui consiste à vouloir que tout le monde parle de la même chose en même temps. Mais il leur faut aller au-delà, il faut que non seulement l’on parle de la même chose, mais aussi pour que l’on en parle de la même façon, au besoin sous la menace de la loi, comme avec la loi Gayssot. Toute l’imposture de cette société est là, qui n’a que liberté et pluralisme à la bouche mais qui au fond est extraordinairement totalitaire dans son fonctionnement puisqu’elle est fondée sur l’apologie d’une pensée unique qui se caractérise par le mépris du réel, l’allergie au débat, et le réflexe d’excommunication de tout « déviant ». Pensée unique à travers laquelle politiques, fonctionnaires et médias ont divorcé de la réalité, suivis par les grands patrons, les journalistes et les artistes qui ont succombé à l’attraction grégaire de la pensée dominante. Peu importe de se tromper, si c’est en troupeau. Penser faux ensemble assure l’impunité. Et en deçà de ces catégories socio-professionnelles, pour les lâches et les esprits faibles, suivre le mouvement général comme des zombis c’est confortable, rassurant, et préférable à la sortie du panurgisme.

Quatrième cible : la destruction de l’esprit d’initiative. Elle se fait très facilement par la massification des événements(autrement dit par une mécanique de fêtes collectives d’ampleur imposées à date fixe, institutionnalisées). A une époque, quand on faisait la fête, c’était d’abord pour son anniversaire, son mariage, ou par simple plaisir de se retrouver entre proches… Aujourd’hui, ce n’est plus cela la fête, c’est autre chose, c’est le fête de la Musique, la fête du Livre, la fête de l’Europe, la fête du Football, quand ce n’est pas purement et simplement annulé par « crainte de débordements » tant le nombre de fouteurs de merde est devenu important et incontrôlable. Autrefois on faisait la fête à la maison avec douze invités, dans les grandes circonstances. Maintenant, à moins d’un million, vous êtes vraiment considéré comme un ringard. La fête, c’est un million de personnes sur les Champs-Élysées ou sous la Tour Eiffel pour entendre Maître Gims. Aujourd’hui, le 14 juillet, c’est la fête de la République. Dans toute la France, des millions de gens font la fête de la République. Mais dans n’importe quel village de France, si vous dites : « je voudrais faire la fête et inviter quelques amis musiciens pour faire un peu de musique », on vous répondra :

  • Monsieur, nous sommes le 15 septembre, la fête de la Musique c’est le 21 juin.
  • Oui mais je voudrais en faire le 15 septembre.
  • Comment ??? Mais vous êtes lepéniste, Monsieur !

Quand le 21 juin, des relations vous disent :

  • Que fais-tu aujourd’hui ?

Si vous répondez : « Je m’enferme à la maison, je mets des couvertures sur les portes et les fenêtres, j’enfouis ma tête sous un oreiller et je ne sors plus », ils vous regardent et vous disent :

  • Vraiment ? Mais le 21 juin c’est la fête de la Musique !
  • C’est justement pour ça que je ne sors pas.
  • Alors tu n’aimes pas la musique !…

C’est LE jour où il faut faire de la musique.

Cinquième cible : la destruction de la responsabilité. Elle marche d’abord par la délégation anonyme (c’est-à-dire en organisant l’impossibilité d’établir les responsabilités et de demander des comptes à ceux qui agissent au-dessus de nous. Ainsi du cadre supranational des institutions européennes dont la composition, le fonctionnement, et les prérogatives restent nébuleux pour l’homme de la rue). La plupart des gens ne savent pas qui sont les députés européens français, tout simplement parce qu’il n’y a pas de député européen français (en tant que siégeant dans un groupe représentant la France).Il y a des députés européens élus par la France qui figurent dans des groupes qui sont transnationaux. Donc vous ne savez plus qui vous représente, qui prend les décisions. Vous ne savez pas à qui vous adresser, et quand une erreur est commise, vous ne savez pas qui est le coupable. Vous ne voyez qu’Ursula von der Leyen cracher ses inepties et ses impositions à nos pays. Cette déresponsabilisation se nourrit aussi de l’assistanat. Quand vous voulez faire quelque chose, on vous répond : « Non, l’Etat l’a déjà fait. Ne faites rien. On va le faire à votre place ». C’est l’assistanat pour tout.

Déresponsabilisation et assistanat combinés l’un à l’autre, les gens se retrouvent avec une espèce de direction hors d’atteinte dont ils attendent tout, et le sentiment qu’il faut finalement s’en remettre à cette espèce de classe dirigeante anonyme. Le système parvient à leur faire penser que puisque la réalité est trop complexe et inintelligible, puisque l’on n’a plus le temps de se consacrer à l’étude des questions fondamentales parce qu’on « zappe » de l’une à l’autre, puisqu’il faut avoir honte du passé national, puisque l’on n’a plus aucune initiative, eh bien il faut s’en remettre à cette classe dirigeante qui se dit plus compétente que nous et qui va gérer les choses au mieux. C’est là en définitive le ressort du processus de l’union européenne et du processus de mondialisation auquel nous assistons.