
Empêtré à dix-sept mois de sa fin théorique de mandat par sa récente initiative soviétoïde de contrôle de l’information et de l’expression afin de décréter ce qui est la vérité et ce qui ne l’est pas, l’occupant de l’Élysée a tenté de « rectifier » le tir en précisant pour rassurer les nigauds que :
« Ce n’est pas l’État qui doit vérifier. Si c’est l’État qui doit vérifier là ça devient une dictature. Mais il faut que les journalistes garantissent à leurs lecteurs que, eux, ont vérifié avec une déontologie dont ils sont les garants entre eux. Je pense que c’est important qu’il y ait une labellisation faite par des professionnels qui puissent dire « Ça ce sont des gens qui sont sérieux, et ça ce ne sont pas des gens qui informent ».
Non, ce ne sera pas l’État, ce sera seulement aux organes journalistiques désignés par le pouvoir pour le faire parce qu’ils sont alignés sur ce dernier. Le niveau de foutage de gueule est colossal. Évidemment que l’État se dédouanera en disant que cette « labellisation » sera faite par des organismes qui, on le sait, seront tout sauf « indépendants ». Comme si engager un tueur à gages pour faire le sale boulot à la place du commanditaire rendait ce dernier innocent du crime ! C’est un classique du pouvoir totalitaire que de s’abriter pour agir derrière des associations prétendument issues de la société civile et des autorités morales faussement neutres et indépendantes pour exercer leur contrôle sur la société. Ainsi, en URSS, formellement, ce n’était pas le Président, le Politburo ou le Parti qui décidaient directement quel livre pouvait ou non être publié ni quel journal pouvait ou non être édité. Ce sale boulot de censure et de répression des « fausses informations anti-soviétiques » (comme on appelait alors les « fake news »…) était dévolu à des associations professionnelles bidons garantes de la doxa : l’Union des écrivains soviétiques et l’Union des journalistes d’URSS. On comprend donc très bien que Macron & co souhaite confier l’élaboration d’un tel système à Reporters Sans Frontières. Cette association fondée par une tripotée d’anciens trotskistes et militants de la Ligue communiste révolutionnaire est en effet tout à fait qualifiée pour cette tâche.
La déclaration de l’occupant de l’Élysée citée en introduction ne résout rien et ne fait que confirmer ce que tout le monde a compris de cette idée de « labellisation ». Et comme si cela ne suffisait pas, voilà la communication gouvernementale qui vient préciser que Macron n’a « jamais » évoqué de « label d’État » ni de « ministère de la Vérité ». Évidemment, et c’est autant malhonnête que facile d’user de cet propos. Ce sont les opposants à cette « labellisation » qui, ayant parfaitement compris à qui elle correspondait, l’ont traduite par ces formules orwelliennes. L’une des règles d’or de l’activité politique, c’est de ne plus bouger quand on a les pieds dans la merde. Lui et ses conseillers communicants l’ignorent manifestement. Ou bien il aime patauger.
