Au pays des citoyens-enfants

L’ADEME, Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, est l’un de ces 1153 « organismes publics nationaux », ces usines à gaz créées en France pour engloutir annuellement 155 milliards de nos impôts en s’occupant à peigner la girafe comme dit l’expression qualifiant l’inutile.

Ces derniers mois, l’ADEME s’est fait une spécialité de nous servir des banalités, des évidences connues et pratiquées de toute éternité par simple empirisme, durant les jours de canicule « buvez si vous avez chaud », etc. et tout dernièrement « fermez vos volets et vos rideaux pour conserver la chaleur ». C’est elle toujours qui donnait il y a peu des recommandations sur la fréquence de lavage de nos caleçons et de nos blue-jeans. À quel moment cette idée est devenue imaginable dans nos sociétés !?! C’est extrêmement révélateur.

Derrière cette attitude, il y a cette idée d’un gouvernement, d’une autorité qui se permet aujourd’hui de multiplier la codification du quotidien dans tous les domaines qui relèvent du sens commun, de l’ordinaire des jours, des conseils de « grand-mère », avec une technostructure administrative qui est responsable, au nom de la sacro-sainte « transition énergétique » imposée aux Français par la folie macroniste, de la supervision intégrale du quotidien. 

À travers cela il y a deux choses. Premièrement l’infantilisation permanente. Deuxièmement quelque chose d’autoritaire, dès lors que l’on prescrit un comportement, inévitablement la prochaine étape c’est le contrôle, la surveillance du comportement recommandé. 

Elle se disait défavorable à la climatisation en été. Va-t-elle en venir à se dire défavorable au chauffage en hiver ? Elle exprime cet idéal de « sobriété » qui s’est emparé des dingos de la bourgeoisie écolo du régime, qui est dans les faits une forme de puritanisme nouveau, un idéal de décroissance dans lequel la destination du sans-dents ne doit plus être la prospérité, c’est la frugalité du chasseur-cueilleur Bushman du désert du Kalahari. La caste, elle, continuera de rouler carrosse et ira toujours manger au Fouquet’s. Dans le film La Chair et Le Sang de Paul Verhoeven avec Rutger Hauer, le Condottiere italien assiégeant une ville arrête par ces mots son fils idéaliste enflammé qui souhaite se joindre à l’assaut mené par les mercenaires, « La guerre c’est pour les sots ». On est dans le même registre. C’est un conditionnement à une société de contrôle et de la pénurie généralisée.

Ce qui se joue à travers cela c’est une existence pilotée, une codification intégrale de l’existence, au nom de prescription prétendument morales, qui sera ensuite confiée au Grand Surveillant du quotidien de la prochaine « police Verte ».