Jacob Frank est une figure du XVIIIe siècle inconnue de la quasi totalité des Français, et dont l’action aura des conséquences importantes sur le destin de la France et de divers pays européens.
Venant d’une famille influencée par Sabbataï Tsevi* et la Kabbale, Jacob Frank* dans ses moments de transe prétend être le messie avec la volonté de casser le judaïsme talmudique. A l’origine, sa doctrine est héritée du rabbin Issac Louria* (1534-1572), kabbaliste de renom, prônant le concept lourd de conséquences selon lequel la rédemption passe préalablement par le chaos et par le péché. C’est le principe du « Tikkun » littéralement « réparation » du monde (voir notre article Les lendemains qui chantent, et La pensée juive veut « réparer le monde », répertoriés dans la thématique Mondialisme, Cosmopolitisme). Mais le sabbatéisme et le frankisme innovent.
En effet, il s’agit pour l’homme d’aggraver et de précipiter le chaos afin d’inciter le Messie à revenir plus rapidement. Cela signifie qu’il faut tout faire afin de sublimer au maximum la dépravation et la perversion de telle manière que plus le Mal est développé, plus le « Bien » sera accordé en retour. C’est le principe de l’inversion, concernant tous les domaines, dans lequel baignent la France et les pays Occidentaux. De telles pensées, ne pouvant germer que dans des esprits manifestement dérangés, inaugurent inévitablement l’élaboration d’actes les plus subtilement tordus afin de satisfaire l’idéal de leurs promoteurs. La qualité et le degré du Mal élaborés doivent correspondre en retour à un « Bien » proportionnellement calibrés.
Le rejet du Talmud poussa Jacob Frank et ses disciples à se convertir au catholicisme plus dans l’idée de transgresser l’interdit que par conviction sincère. Cette fausse conversion qui permettait de conserver des caractéristiques religieuses et psychologiques propres au judaïsme (ces convertis souhaitaient, au début, porter leurs vêtements traditionnels, ne pas manger de viande de porc, se marier entre eux…) fit qu’environ entre 10 000 et 20 000 frankistes se firent baptiser. Dans le cas de Jacob Frank, ce fut le roi de Pologne Auguste III, qui fut son parrain. Nous sommes au XVIIIe siècle et l’esprit des Lumières a obscurci les intelligences. Les conséquences de ces conversions furent importantes car ces faux convertis furent pour certains anoblis et participèrent – pour ceux qui restèrent fidèles aux préceptes du fondateur – aux structures politico-économiques de leurs pays du fait de leur ascension sociale, sans oublier les conséquences morales. L’insertion de ces personnes dans les plus hautes strates de la société et sectes de l’État profond a pu influencer l’avenir des peuples régentés par de telles mentalités. En effet, si nous conservons les concepts de Jacob Frank, de ses disciples et de ses descendants, nous pouvons émettre l’hypothèse que certaines déviances que nous subissons peuvent trouver leur origine dans le frankisme.
En raison des bouleversements créés par les conversions frankistes, Charles Novak (auteur d’un passionnante étude sur Jacob Frank) présente de nombreux noms de convertis (polonais, allemands, autrichiens…). Nous ne pouvons pas tous les nommer d’autant que les générations suivantes ont varié dans leurs convictions. Cependant, certains noms sont dignes d’intérêt car ils rejoignent les travaux de Carroll Quigley pour son livre Histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine. En effet, de nombreux descendants frankistes ont émigré aux États-Unis ou en Angleterre et ont occupé des postes clés. Ils ont diffusé un tour d’esprit conforme à la doxa mondialiste. Ainsi, nous pouvons citer la famille Brandeis émigrée aux États-Unis et dont un descendant était juge à la Cour suprême : Louis Brandeis. Ce dernier a travaillé en liaison étroite avec le président Wilson et la franc-maçonnerie juive (B’nai B’rith : « les fils de l’Alliance ») afin de promouvoir la protection des minorités, en particulier juives, dans le traité de Versailles en liaison avec le « groupe Milner » (évoquée dans une longue présentation sur les Pères du mondialisme) bien présent lors de ces accords. Ces travaux ont été dirigés par un groupe de travail sous la direction de Léo Motzkin (cité par Nathan Feinberg dans sa thèse en 1929) qui a persévéré dans la protection des minorités sous l’égide de la « Société des Nations » (SDN, future ONU). A sa mort en 1933, il fut remplacé par Nahum Goldmann qui a joué un rôle majeur dans la création du Congrès juif mondial en 1936. Cependant, le nom le plus intéressant de cette liste et qui concerne intimement les travaux de Carrol Quigley est celui des Battenberg. A l’origine, Julie Hauke (1825-1895) dame d’honneur au service de la tsarine Marie Alexandrovna (1824-1880) était la fille du comte frankiste Hans Moritz Hauke (1775-1830). Elle épousa Alexandre de Hesse (1823-1888) et ce fut le frère aîné du prince qui leur assura, en 1851, le nom de « Battenberg ». Les descendants de cette famille se marièrent avec des noms illustres comme la duchesse Anne du Montenegro. Un fils épousa Victoria de Hesse, petite-fille de la reine Victoria tandis qu’un autre fils épousa la fille de cette reine, Béatrice de Grande-Bretagne. Les Battenberg descendants de juifs frankistes et, si l’on s’en tient aux travaux d’Arthur Koestler, des Khazars, ont ainsi intégré la famille royale britannique, les Saxe-Cobourg. En 1914, ces derniers préfèrent effacer leur nom trop germanique en « Windsor ». Les Battenberg firent de même en anglicisant leur nom en… « Mountbatten ». Un de ces descendants fut le dernier vice-roi des Indes, Louis Mountbatten (1900-1979) marié à la petite-fille du richissime banquier juif anglais, sir Ernest Cassel, fils d’émigré ashkénaze allemand. C’est ce même banquier qui travaillait en liaison avec le « groupe de Milner » au sein de la City. Pour clore cette liste de noms dans le cas anglais, Alice de Battenberg (1885-1969) épousa, en 1903, le prince André de Grèce. De cette union naquit le duc d’Edimbourg, époux de la reine d’Angleterre Elisabeth II. Enfin, signalons que la petite-fille de Julie Hauke, Victoria Eugénie de Battenberg (1887-1969) épousa le roi d’Espagne Alphonse XIII (1886-1941). Tous les descendants Bourbons espagnols jusqu’au roi Philippe VI d’Espagne (né en 1968) sont issus d’une branche frankiste sans oublier le duc d’Anjou (né en 1974), héritier pour certains du trône de France. Le rabbin Menasseh ben Israël (à son sujet nous renvoyons à notre article Une alliance dont nous souffrons toujours, répertorié dans la thématique Mondialisme, Cosmopolitisme) aurait été sûrement satisfait de voir cette évolution.
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*Pour rappel à propos de Jacob Frank, Sabbataï Tsevi, Isaac Louria et Junius Frey, nous renvoyons également à notre article Le projet politico-religieux du creuset juif et la mystique de la laïcité, classé dans la thématique Mondialisme Cosmopolitisme.
