
Le discours du chef d’état-major des armées Fabien Mandon et le comportement de ceux qui, politiques, médias ou grandes gueules anonymes de réseaux sociaux, volent à son secours, agace parce qu’ils paraissent tous nous faire la leçon et même la morale à nous, gens du peuple, à nous les Français du quotidien.
Or s’il y a eu démobilisation des énergies en matière de défense nationale, si le sentiment patriotique a menacé de descendre aussi bas et si l’insouciance a pris tant de place chez nos contemporains, c’est précisément parce que les dirigeants politiques ont tout fait depuis plusieurs décennies pour qu’il en soit ainsi ! C’est sous leur gouvernance que l’on a vu dans les manifestations la police oser arracher le drapeau national des mains de manifestants et le jeter au sol, laissant sous-entendre que l’usage des trois couleurs ne devait être réservé qu’aux décors du régime, et symbole « d’extrémisme » s’il est porté par des opposants. Ce sont eux qui verbalisent les gens depuis vingt ans s’ils brandissent le drapeau français ailleurs que dans un stade de football. Et ils voudraient que l’on envoie nos enfants mourir pour leurs conneries en Ukraine ?
C’est la classe dirigeante qui nous promettait la paix universelle grâce à l’Union européenne et grâce à la fin du nationalisme accusé d’être responsable des deux derniers conflits mondiaux passés, et qui aujourd’hui prétend nous reprocher de ne pas la suivre dans sa subite volte-face belliqueuse et sa prétendue crainte d’une guerre imminente avec une grande puissance.
C’est la classe dirigeante, en l’occurrence le funeste Jacques Chirac, qui a supprimé le service militaire qui transmettait tout de même un sentiment patriotique et un intérêt pour la chose militaire.
C’est la classe dirigeante qui a, de son propre chef, avec la complicité des assemblées bouffonnes, abaissé budget après budget les moyens financiers de la défense nationale. Pas nous.
C’est Emmanuel Macron qui, alors candidat à la fonction suprême, proposait d’en finir avec la dissuasion nucléaire française, de son point de vue coûteuse et inutile. Pas nous.
C’est Emmanuel Macron qui a poussé le général Pierre de Villiers hors de ses fonctions précisément parce qu’il se plaignait des restrictions budgétaires voulues par Macron. Pas nous.
Le peuple n’est coupable de rien et c’est aujourd’hui lui qui est montré du doigt et accusé de ne rien comprendre aux enjeux.
Le peuple est endormi depuis des décennies par leurs discours anti-nationaux et par le pacifisme érigé en horizon indépassable, et sous prétexte qu’il montre aujourd’hui quelques réticences à se transformer subitement, du jour au lendemain, en peuple guerrier tueur de Russes, il est accusé de lâcheté, de faiblesse, de poutinisme et d’être un ramassis de gueux pétochards.
Si le général Mandon doit faire la leçon à quelqu’un, ce n’est certainement pas à nous, pas non plus aux maires qui sont impuissants en cette matière, mais à son employeur Macron qui est l’un des très grands et des très immédiatement responsables de la situation de faiblesse militaire et morale de notre pays.
Cette manie qu’ont désormais systématiquement les élites d’accuser le peuple de maux dont elles sont les premières responsables est insupportable.
