La « déradicalisation » par rapport à l’islamisme fonctionne-t-elle ou n’est-elle qu’une utopie de plus dans les cervelles des hurluberlus qui influencent le comportement de la France ? Un jihadiste peut-il rentrer dans le « droit chemin de la normalité républicaine » ? Le « déradicalisé », face aux diafoirus des « sciences sociales » qui se sont convaincus que la déradicalisation fonctionne, fait-il semblant, n’est-il pas au fond de lui-même en train de pratiquer une taqiya ?
Outre le fait que la déradicalisation est une illusion – quelqu’un d’aussi convaincu par une cause que peut l’être celui qui passe à l’action armée, ne l’abandonne jamais en réalité – ces questions nous mènent sur une fausse piste. Pourquoi ?
Parce que cela laisse croire que ceux qui s’en prennent à nous aujourd’hui, ceux qui ont choisi de se faire nos ennemis, qui veulent nous abattre, ne savent pas ce qu’ils font, qu’ils sont en quelque sorte envoûtés, pris d’un mauvais sort et qu’il suffirait de les « désenvoûter » », qu’il suffirait de les délivrer de ce « mauvais sort » pour que, reprenant leurs esprits, ils se disent soudainement « Mais pourquoi ai-je voulu tuer tant de Français ce soir. Si j’avais compris, je ne serais pas dans cet état d’esprit aujourd’hui. » Comme s’ils n’étaient pas capables d’adhérer de façon tout à fait consciente et volontaire à une cause politique !
Et comment se présente la « déradicalisation » dans la cervelle perturbée de nos élites ? Il y a presque une forme d’hypothèse étrange : Les islamistes nous détestent, ils nous font la guerre parce qu’ils ne nous comprennent pas. Ils nous haïssent, ils veulent en finir avec nous parce qu’il y a un désaccord de compréhension entre eux et nous. Et si jamais on peut dissoudre cette incompréhension mutuelle les causes du conflit tomberont, et dès lors c’en sera terminé.
La pensée farfelue qui pilote cette initiative refuse de traiter l’ennemi sous le signe politique, elle le fait à travers des catégories psychologisantes. Nos brillants penseurs se disent que devant l’ennemi il ne faut pas d’abord un soldat, un policier, ou quelqu’un qui contredise son discours idéologique, non, ce qu’il faut c’est un soignant. Et si on prenait les islamistes un par un se disent nos beaux rêveurs, on serait capables de les transformer en « gens comme nous ». Punît-on un typhoïdique ? On le soigne.
C’est la grilla d’analyse de nos élites, déjà appliquée au délinquant de droit commun : le terroriste est d’abord une victime de la société. Cette grille de lecture psychologisante qui croit en l’amour universel imagine que l’on pourrait un jour vraiment s’aimer sur Terre. Il leur serait utile de lire Oswald Spengler (voir notre article Le pacifisme est une condition terminale, répertorié dans la thématique Guerre, Pacifisme). Cette hypothèse a une fonction : ne pas prendre au sérieux le choc des civilisations, ne pas prendre au sérieux ce que les islamistes n’ont jamais caché, disent de nous et veulent pour nous, c’est-à-dire notre mort ou notre conversion dans le Dar al-islam. Nos gouvernants se disent qu’il suffirait de dépolitiser le tout, de traiter le tout sur le mode thérapeutique. Et cette fausse piste les conduit à ne pas comprendre la guerre qui nous est menée.
Alors si l’on ne peut croire aux possibilités de la « déradicalisation », comment devons-nous percevoir nos ennemis ? Le premier souci des normies et des égarés dans ces croyances fantaisistes devrait être de savoir ce que veut dire mener la guerre véritablement à l’islamisme. Ce qui implique de se délivrer de l’utopie de la justice dite « restaurative », perversion qui est un délire de plus de la psychanalyse (faire dialoguer la victime et son bourreau). Ce n’est pas le rôle de l’État de pardonner. Il faut traiter les ennemis pour ce qu’il sont, c’est-à-dire des ennemis irréductibles. Il faut se délivrer de l’idée que l’on est simplement devant des égarés.
On rappellera que les cinglés qui nous dirigent avaient été capables de faire visiter les islamistes en prison par des binômes de déradicalisation venant avec un hamster que les détenus étaient invités à caresser pour y déposer, symboliquement, leur colère (Assemblée nationale, archives, XVIe législature, séance du 22 mars 2023, compte-rendu de commission d’enquête n° 24 sous la présidence de Jean-Félix Acquaviva, page 4). On croit à tort que la France est dirigée par des gens sérieux La vérité est surréaliste, effrayante, et consternante au dernier degré. Aucun esprit normalement constitué ne peut imaginer que l’on puisse songer à mettre en œuvre de pareils délires.
L’ennemi de son côté, et bien évidemment, demeure dans une conception claire de l’affrontement et se moque éperdument de ces fadaises, de ce sida mental occidental. Il ne les redoute pas, elles sont utiles à la poursuite de son action.
