« Tout commence en 2008. Jacques Attali remet à Nicolas Sarkozy un rapport sur la « libération de la croissance ». Un texte technocratique, saturé de jargon économique, qui rêve d’un pays géré comme une entreprise. Parmi les rédacteurs : un jeune énarque, Emmanuel Macron. Sous Hollande, ce même Macron devient le relais discret de cette vision. Ministre de l’Économie, il recycle les formules du rapport Attali : flexibilité, innovation, “modernisation”. Toujours le même ton, prétendument neutre, au-dessus du politique. En 2017, il transforme ce discours en esthétique de campagne : ni droite ni gauche, mais la réforme permanente. Sourire contrôlé, langage managérial, promesse d’efficacité. Derrière le vernis, le même fond. Le macronisme n’a pas succédé au sarkozysme : il en est le prolongement. »
— Pierre Sautarel


