Qui était Anacharsis Cloots ?

La Révolution de 1789 et la fin du XVIIIème siècle ont été un laboratoire de l’activisme et de l’ingérence d’étrangers sur le destin de la France. Parmi les figures de cet activisme et précurseurs théoriciens de cette obsession occidentale, maçonnique, du grand mélange universel, il est intéressant de découvrir brièvement le nommé Anacharsis Cloots, auteur d’ouvrages aux titres éloquents, notamment Écrits Révolutionnaires (1790-1794), L’Orateur du genre humain (1791), Bases constitutionnelles de la république du genre humain (1793), Appel au genre humain (1793)…

Ressortissant allemand, baron, partisan de la Révolution française, image parlante de l’utopie portée par la République et basée sur une métaphysique héritière du Talmud et de la Kabbale, bagage idéologique à l’évidence éminemment français*, voici ce qu’il écrit dans son livre La République Universelle, ou Adresse aux Tyrannicides paru en 1795 : « La France n’ayant plus ni provinces, ni généralités, ni seigneuries, ni vassaux, ni bourgeois, ni paysans, ni villes, ni villages ; la France nivelée en paisibles communes est devenue une cité paternelle. La cité de Philadelphie dont l’enceinte embrassera nécessairement tout l’univers, toute la famille anthropique. L’unité nationale et souveraine sera exprimée par un seul mot : Philadelphie. Toutes les villes et les cours disparaîtront à l’aspect imposant et consolant de Philadelphie. L’Europe, et l’Afrique, et l’Asie, et l’Amérique se donneront la main dans la cité vaste et heureuse de Philadelphie. »

Il est aisé de comprendre que la cité de Philadelphie, pour les non hellénistes la cité de l’Amour fraternel, n’est qu’une formule ésotérique pour dire aujourd’hui gouvernance mondiale.

On le sait, Cloots ne sera pas le seul étranger à la France se mêlant d’en modifier la nature et l’identité. On notera au passage cette propension particulière à agir ainsi, chez ce courant militant révolutionnaire messianique qui fera de même ailleurs, notamment dans la Russie de Nicolas II, et qui amène à tout esprit normalement constitué ces réflexions indignées et légitimement empreintes de colère, « mais de quel droit, à quel titre peuvent-ils oser se mêler des affaires d’autrui ». Une ingérence obscure, à l’œuvre en réalité depuis le XIIIè siècle*, et désormais médiatiquement érigée en « droit » depuis un certain Bernard Kouchner.

*Avec le Sabbatéisme, le Frankisme, voir nos deux autres articles, Jacob Frank et ses disciples, et Le Projet politico-religieux du creuset juif et la mystique de la laïcité, répertoriés eux aussi dans la thématique Mondialisme, Cosmopolitisme.