Origines, doctrine et conséquences de la dette française

La France a été plongée dans un endettement surréaliste au fil des décennies par cette si compétente caste politique installée, persuadée de détenir le savoir, de faire des choix de raison, qui ne saurait être défaillante, et qui regarde avec mépris quiconque ose porter une parole contre son action. Et ce sont ces éminences infaillibles qui ont en cinquante ans amené le pays à un endettement de 3 300 milliards d’euros, dont 1 000 milliards de la responsabilité de l’actuel occupant de l’Élysée. Mais d’où vient la dette française ?

Son histoire est un phénomène politique. Son point de départ se situe en 1973 avec l’interdiction adoptée sous Pompidou d’emprunter sans intérêts à la Banque de France, forçant le pays à le faire sur le marché international du crédit à intérêt. Pourquoi fonctionner sans frais quand on peut engraisser des prêteurs ? Cet acte a constitué la première forfaiture en la matière. L’année suivante, 1974, est celle du dernier budget en équilibre de la France. À partir de là, chaque année il y aura déficit croissant, jusqu’à aujourd’hui. 

Lorsqu’ils ont fait initialement usage de la dette, ce fut avec l’idée que c’était un emprunt circonstanciel, que l’on rembourserait par la suite. Le vrai tournant idéologique, sur la philosophie de la dette, s’est situé en 1981 avec l’arrivée des socialistes au pouvoir. À partir de cette année s’installe l’idée que le modèle social français ne se financera plus en fonction de la richesse produite dans la société et des ressources disponibles, il se financera par la dette, nos diafoirus de la finance décrètent que certains programmes, certaines dépenses sociales sont nécessaires en soi, et ne pas avoir les moyens de les réaliser n’a plus aucune d’importance, c’en est fini de la gestion raisonnée et honnête de bon père de famille qui ne dépense pas deux euros s’il n’en a qu’un, ils miseront sur la dette pour financer ces dépenses.

Très rapidement, le rapport à la dette change : la dette devient structurelle, ce n’est plus une dette circonstancielle momentanée, conjoncturelle, elle devient une « norme » de fonctionnement. Et s’installe à partir des années 1990 une autre idée dans le débat public, idée qui passe dans la tête des gouvernants comme étant de « bon sens » une dizaine d’années plus tard : cette dette, la France ne pourra pas la rembourser, il faut renoncer à cette idée. Dès lors se pose un nouvel objectif, « maitriser » cette dette, c’est-à-dire essayer de faire en sorte que les intérêts de la dette ne deviennent pas à ce point considérables qu’ils écrasent les autres postes budgétaires de l’État.

Pendant ce temps, la dette croît massivement, et à partir des années 1990 on prend conscience qu’un facteur nouveau joue un rôle massif dans l’augmentation de la dette : c’est évidemment l’immigration massive. L’immigration est génératrice de « droits sociaux » sans fin, c’est la logique insane de cette gouvernance : quelqu’un arrive ici, le système lui a prévu des droits dont il bénéficie immédiatement, qui ne sont pas soumis à la délibération démocratique (le peuple n’est jamais consulté) mais sont uniquement des décisions arbitraires de l’oligarchie, dont l’ego aime se voir en vertueux bienfaiteur envers toute l’humanité sans distinction, des droits qui ne sont pas soumis à la capacité de payer, c’est « Nicolas » qui se trouve obligé de payer les droits sociaux de populations qui arrivent et qui n’ont pas contribué au fameux « modèle social ». Et « l’État providence » que financent les Français, ils en profitent de moins en moins. Mais ce facteur nouveau ne doit pas être mentionné selon l’oligarchie parce que critiquer cette immigration c’est raciste, xénophobe, on connaît la musique. Donc un des facteurs d’augmentation de la dette, qui en deviendra le facteur central, est interdit d’évocation. Dès lors, la gouvernance va chercher mille autres raisons pour expliquer la croissance de la dette.

Ajoutons d’autres éléments dans cette histoire politique de la dette, l’histoire des « associations », qui sont financées systématiquement pour demander de nouvelles dépenses sociales. L’État finance avec l’argent du contribuable des associations qui lui mettent une pression pour qu’il dépense toujours davantage. Et il y a les dizaines de milliards d’euros chaque année dépensés dans des postes dont la disparition nous ferait un bien fou, l’Otan, l’Union européenne, les « Agences gouvernementales » dont la plupart sont inutiles et qui engloutissent 80 milliards par an, l’arrosage délirant de l’aide au développement à l’étranger, les sommes folles versées par l’Élysée à McKinsey et autres « cabinets conseils, les 50 milliards que coûte en seuls frais d’investissement en infrastructures l’arrivée chaque année de 500 000 migrants surnuméraires, ces 1 000 euros de retraite mensuelle ASPA (Allocation de solidarité aux personnes âgées) versés à des étrangers qui n’ont jamais travaillé en France de leur vie (quel genre de salopards est capable d’instaurer ça !?! Sur Radio J, le nouveau grand maître du Grand Orient, principale loge maçonnique française, explique que le monde est une république universelle et que tous les migrants sont nos frères et qu’il est impératif de tous les accueillir), etc, etc, liste interminable d’entailles par lesquelles le corps de la France finit dans la ruine. Et la gouvernance ne veut pas rompre avec cet engrenage de fous.

Quand on voit cette logique s’installer, on comprend que la dette a complètement échappé à la gouvernance. La France a une originalité en Occident, c’est qu’elle a une classe politique issue essentiellement du monde de l’Administration d’État, c’est-à-dire des gens pour qui tout ce qui n’est pas touché par l’État est imparfait. Pour ces gens l’État doit s’occuper de toute dimension de l’existence. C’est une classe politique qui ne pense que par l’État, qui cherche toujours des solutions non seulement étatiques mais étatistes, ce qui fait qu’ils multiplient les programmes de dépense avec pour résultat des courses la crise d’aujourd’hui. Faire en sorte que les intérêts de la dette ne deviennent pas à ce point considérables qu’ils écrasent les autres postes budgétaires de l’État, nous avait-on dit. C’est pourtant la situation à laquelle la France est arrivée : pour la première fois, sur le budget 2026 le remboursement des intérêts de la dette sera le premier poste de dépense.

Les Français ont été drogués à la dépense publique de « l’État providence ». On dit qu’une religion est une secte qui a réussi. On peut dire de même que l’État est une mafia qui a réussi. Une mafia qui a réussi à exercer un monopole. Et une mafia fonctionne toujours sur un « racket de protection ». Cette logique fonctionne assez bien avec les fameux droits sociaux. Chaque fois qu’un droit social est créé, la machine crée la bureaucratie pour le faire fonctionner. Une bureaucratie nouvelle qui jamais ne se remettra en question. Car dès qu’une bureaucratie est créée, son objectif est de se maintenir, de croître, et de générer sans cesse de nouvelles raisons pour étendre sa gestion de la société. Le Système a donc créé au fil du temps une classe bureaucratique, de gestionnaires, de managers, le multi-étage, le millefeuille administratif français à tous les niveaux. Et cela constitue une authentique caste bureaucratique avec ses propres intérêts, qui coûte beaucoup d’argent au contribuable. C’est un appareil qui vampirise en quelque sorte la nation. Mais il y a un interdit, celui de remettre en question cette caste parce que c’est du « service public ».

L’excès d’État étouffe la France. En Union soviétique, au début des années 1920, il y a eu ce que l’on a appelé la NEP, la nouvelle politique économique. Après la révolution de 1917, le socialisme condamne la Russie à la faillite. Pour redonner un peu d’oxygène, les bolcheviques mettent en place une mini économie de marché qui devra soutenir le monopole étatique. À bien des égards, partout en Occident mais sans doute un peu plus en France hélas, il y a la logique de la NEP. On accepte l’idée qu’il y a un secteur privé qu’on peut pressuriser, fiscaliser, braquer, ponctionner sans cesse, pour alimenter la grosse machine, le mammouth, le vampire étatique, en desserrant de temps en temps le collier pour lui laisser une bouffée d’air parce que si on l’étouffe trop il n’y a plus de richesse à aller confisquer. C’est alors que la machine commence à lorgner sur l’épargne que les gens ont pu constituer. Arrive un moment où le commun des producteurs, le commun des travailleurs, se voit exagérément exploité. Le véritable visage de la lutte des classes aujourd’hui, c’est peut-être justement entre les travailleurs exploités et l’appareil bureaucratique créé par cette classe politique issue du monde de l’Administration d’État, qui en profite.