Que signifie être un révolutionnaire ?

Il ne suffit pas de s’opposer au présent. Il ne suffit pas de se plaindre, de conserver, de préserver les restes d’un ordre mourant. Ce qui est nécessaire aujourd’hui, ce n’est pas la modération, ni le compromis, mais une révolution.

Être révolutionnaire, c’est ne pas réformer mais transformer. Un révolutionnaire ne plaide pas pour la reconnaissance de la vérité dans un système corrompu. Il cherche à renverser complètement ce système. Il n’est pas fidèle aux institutions qui l’ont trahi, et il ne défend pas les traditions qui se sont déjà rendues. Sa loyauté va à un ordre supérieur, qui existe au-delà des décombres du monde moderne.

Nous devons faire une distinction claire et finale : le conservateur souhaite ralentir le déclin. Le révolutionnaire a l’intention de l’inverser. Les conservateurs s’accrochent aux décombres, en confondant leur préservation avec la victoire. Le révolutionnaire voit ce qui doit être démoli et ce qui doit être construit à sa place. Il ne craint pas le conflit, car il sait que la lutte est la condition préalable de la renaissance.

Le conservateur plaide dans les termes fixés par ses ennemis. Le révolutionnaire rejette entièrement ces termes. Il ne demande pas si sa vision est acceptable pour le monde. Il demande si elle est vraie, si elle est digne. Il n’ajuste pas ses valeurs pour correspondre au temps. Il ajuste les temps pour qu’ils correspondent à ses valeurs.

Un conservateur peut encore croire en un peu de bien, mais il n’a pas la volonté de se battre pour cela. Un révolutionnaire est possédé par cette volonté. Il agit, il construit, il ose. Son regard est fixé à l’horizon que le lâche ne peut pas voir.

Nous ne sommes pas là pour sauver le cloaque actuel. Nous sommes ici pour forger l’avenir. Ne pas négocier avec le déclin, mais le vaincre.